Tales of Eternia Remastered — Un message prometteur !

14 octobre 2026 Naturel 12 MIN
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Le verdict JRPGFR
7,3 Bon

Tales of Eternia Remastered — Un message prometteur !

Testé sur PlayStation 5

Je dirais que la sortie de Tales of Eternia Remastered arrive à un moment crucial de notre époque. Son discours nettoie les idées des guerres déclenchées par des êtres ignobles dont on ne veut jamais à la tête de grandes institutions. Les discours de Farah et Meredy valent le détour par leur simplicité et leur optimisme. Le sujet de la guerre imminente entre deux peuples qui ignorent tout l'un de l'autre n'a jamais été autant d'actualité. La culture enrichit. D'où qu'elle vienne. 

Outre ces messages actuels, Tales of Eternia est une joie à découvrir. La traduction française fait un travail incroyable dans la construction de sa narration. Il est clairement un jeu à posséder dans sa bibliothèque. Pour un jeu qui est « si ancien », il mérite une attention particulière. Les personnages sont exceptionnels. On s'attache vite à eux. Il existe bien des passages difficiles émotionnellement et, patatras, on s'y prend les pieds. 

Si vous avez loupé ce jeu dans les années 2000, vous avez l'occasion de découvrir une véritable pépite. Cependant, je pense que c'est un jeu qui aurait mérité un peu plus qu'une simple version remastérisée. Je me suis finalement bien accommodé à ce que je pensais être négatif. Sauf pour la précision demandée pour la résolution de certains puzzles. Allez, ça l'a fait !

Date de sortie
Éditeur
Bandai Namco
Développeur
TOSE

Points forts et points faibles

Points forts

  • Les invocations
  • Les saynètes exceptionnellement drôles
  • La traduction française d'une propreté étincelante
  • L'optimisme de Farah... enfin... Farah tout court

Points faibles

  • Inféria qui ne prépare pas assez à la difficulté du continent d'en haut
  • La précision, à la limite du pointilleux, pour réaliser certains puzzles
  • La difficulté générale trop vacillante
  • Les longueurs dans les donjons

Bienvenue dans la compréhension d'une licence

Pour commencer, Tales of Eternia Remastered se dessine comme un jeu dont j'ignore à peu près tout. Je mets donc mes mains sur un jeu inconnu, mais pas sur une licence inconnue. En effet, par le passé, je me suis accroché à Tales of Vesperia comme une moule à son rocher. En jouant à cette réédition, je comprends pourquoi et comment Vesperia est devenu ainsi. J'ai pourtant joué à Berseria, Zestiria ou encore Arise, mais sans me poser la question : comment les ont-ils construits ? 

Hé bien, grâce à cette version remastérisée, j'ai compris. J'ai saisi comment autant de titres ont pu modeler l'expérience que nous connaissons aujourd'hui. Comme quoi construire une licence c'est quelque chose. Lui donner des suites et l'entretenir sont des actes à comprendre. C'est ce qui m'a sauté aux yeux. Même si j'exprime de plus en plus de réticence à expérimenter les remaster, celui-là possède un charme authentique, lissé pour les besoins, autour d'une histoire non-renouvelée, mais à l'aura redoutable grâce à ses personnages admirables. 

Tales of Eternia nous revient en force avec toute la gratitude qu'on lui reconnaît. Une porte d'entrée pour ceux et celles, comme moi, qui seraient passés à travers en début de siècle. Avec une traduction française qui en fera rire plus d'un ! Ça va le faire !

Déjà vu, déjà vécu, que commence le passage en revue !

N'en déplaise à tous les sauveurs de monde dans les films et autres jeux vidéos, Tales of Eternia reproduit ce que Bandai Namco sait instaurer : la fin du monde ! Rien que ça. Comme d'habitude, le récit nous met aux commandes d'un chasseur — Reid — et d'une jeune femme — Farah — qui sont loin d'imaginer ce qui les attend. Plus tard s'ajouteront d'autres personnages, notamment Keele qui assurera la reconstitution d'un trio bien rigolo. 

C'est que nos deux protagonistes vont bien se faire surprendre par l'écrasement d'une chose venue du ciel. À bord du vaisseau, le rôle de l'irascible sale bête revient à Quickie, un écureuil (ou un lapin) bien étrange. À ses côtés, Meredy. C'est elle qui détiendra la réponse à de nombreuses questions. Dans un monde bien fait, ces personnages auraient pu facilement communiquer, mais ici, Tales of Eternia nous surprend à conserver l'authenticité d'êtres étrangers ne parlant pas le même langage. 

Une fois que la communication aura été établie entre eux, elle va nous apprendre, grâce au concours de Keele, que la barrière Orbus est en train de se rapprocher de leur monde : Inféria. Comprenons-nous bien, Tales of Eternia se distingue par son double monde. En bas, nous avons Infernia où vivent les humains et en haut, c'est le continent de Célestia où demeurent les Célestiens. Si cette barrière est compromise, les deux mondes pourraient alors se percuter et ainsi provoquer la fin de l'humanité.

N'écoutant que leur courage, et le tranchant de leurs armes, la petite troupe va alors se mettre en quête de collecter des invocations du nom de meta-elferias, dans chacun des deux mondes, pour éviter l'extinction. Ces créatures sont également en danger. Elles apporteront donc leur soutien à l'équipée, pour peu que vous ne finissiez pas en carpette. 

La narration est un archétype de ce que nous connaissons de la licence : des héros qui ne savent pas qu'ils en sont, un groupe soudé qui ne sait se parler qu'en se mettant des coups, le héros qui ne pense qu'avec son estomac, la jeune femme qui parle de son apparence... Bref, un joli cliché ! Que vous preniez l'historique des jeux dans un sens ou dans l'autre, c'est du déjà vu, du déjà fait. Si c'est lisible et visible, au moins, c'est risible ! Ça va le faire !

Des invocations, des quêtes, des titres, l'essence retrouvée d'un Tales of !

Qu'avons-nous fait pour mériter cela ? Voilà une phrase que dira plusieurs fois le cartésien Keele. Le monde voguant vers sa chute irrémédiable, Reid, Farah, Meredy et Keele vont se frayer un chemin vers le panthéon des héros. 

Comme d'habitude, le gameplay de Tales of Eternia reprend ce que nous aimons tant détester : les artes. Plus vous les utilisez, plus vous en obtiendrez de nouvelles. Ça tombe bien, car des combats, vous allez en avoir. Bien sûr, tout J-RPG qui se respecte vous fait gagner des niveaux par l'expérience de combat. Si on peut permuter le leader de combat en combat, seul Reid possède une certaine capacité à utiliser plusieurs armes pour leur côté tranchant et/ou l'estoc proposés. Ces caractéristiques augmenteront au fur et à mesure et débloqueront des artes. Il en va de même pour Farah qui mettra à contribution ses poings et ses pieds. Les autres membres, eux, seront des magiciens. 

La magie qui nous sauve souvent et qui détruit à peu près tout, c'est souvent elle qui décoche la victoire. Tales of Eternia propose quelque chose d'insoupçonné chez moi : les invocations. Oui, avant le passage aux jeux que nous connaissons depuis bientôt 20 ans, il y avait des invocations. Pour obtenir leur pouvoir, de véritables batailles se lanceront. Puisque les affinités élémentaires sont à l'ordre du jour, il en sera de même pour les ennemis lambdas. Une bonne « lunette » et hop, vous obtenez les renseignements pour vous en défaire. Jouera son rôle habituel : le bestiaire. De même que le compendium pour savoir ce que vous avez collecté dès lors. 

Les invocations sont effroyablement destructrices. Il y en a quelques-unes qui s'activeront lorsque le message "Vitalité Max" apparaîtra. Soit vous laissez le magicien l'activer de son propre chef, ou alors, vous prenez les commandes et vous lui demandez d'envoyer la puissance naturelle balayer le champ de bataille. Une véritable aubaine pour nos héros qui s'octroieront un pouvoir incommensurable dans les mains de Keele et Meredy. Leur utilité va pourtant bien plus loin grâce à la fusion. En effet, en acquérant une invocation, vous pourrez la fusionner avec une autre pour obtenir des artes de plus en plus destructrices. En tenant compte que certaines de ces créatures ne s'entendent pas... À vous de faire les bons placements dans leurs cages respectives. Vous serez surpris. Toutefois, avant d'en arriver là, les meta-elferias devront atteindre un certain niveau, par l'utilisation de leurs compétences ou par des objets.

Comme tout jeu de rôle, il y a des quêtes secondaires. Dans un Tales of, il y a également des quêtes de titres pour vos personnages. Le hic ici, c'est qu'il y a des icônes colorées pour vous aider. J'aurais apprécié que ça n'apparaisse pas ou alors de manière discrète afin que ça ne perturbe pas la visualisation en exploration. Les quêtes secondaires sont relativement simples et se cantonnent à de la lecture, alors que les titres se présentent sous forme de mini-jeux qui vous feront facilement perdre patience ! 

Des combats vieillots dressant le véritable niveau d'un héros !

Penchons-nous maintenant sur le combat en lui-même. Tales of Eternia s'impose dans un style en 2D qui est aujourd'hui assez délicat à appréhender. Les héros sont sur une ligne, les ennemis aussi, les deux groupes s'affrontent. Là où c'est retors, c'est que les monstres peuvent se situer devant vous, derrière, voire les deux. Pris en tenaille, c'est bien plus compliqué de s'en sortir. Heureusement, vous pouvez donner des ordres d'équipes dans le menu de combat, mais aussi assurer des positions stratégiques de vos personnages dans le menu général. Vous pouvez même peaufiner comment va attaquer untel ou untel, tout en utilisant un panel de possibilités surprenant pour l'époque. À la fin d'un affrontement victorieux, un moment de douceur réjouira les papilles grâce aux recettes glanées en trouvant çà et là le Chef Miracle. Seulement si vous possédez suffisamment d'ingrédients...

On se prend vite au gameplay proposé par Tales of Eternia. Même si parfois le héros court sans qu'on le lui demande. Les nombreux combats et la difficulté croissante mettront en valeur vos capacités stratégiques. La réflexion de positionner tel ou tel ou guerrier ici ou là jouera parfois en votre faveur. Il y a clairement un manque de cohérence dans la difficulté proposée sur Infernia puis sur l'autre continent. La découverte du début du jeu est excellente, même en difficile. Le passage à Célestia vous fait monter d'un niveau dans l'utilisation des artes, à quel moment attaquer, contre-attaquer, protéger. Tout ça prend du temps, et Celestia vous mettra à rude épreuve si vous ne vous y êtes pas préparés.

La difficulté des jeux « anciens » est passée à la trappe suite à l’avènement d'Internet. On ne cherche plus. Tales of Eternia fait partie de ce genre de jeux exigeant avec ses joueurs. Vous devrez fouiller, chercher, vous triturer l'esprit pour comprendre comment passer certains endroits, voire, faire et refaire certains combats. Allez, ça va le faire !

Pastel éternel, musiques historiques, voilà ce que Tales of Eternia remastered nous enseigna !

En avant vers la partie technique du jeu. Qu'il est difficile d'évaluer un jeu sorti il y a plus de 20 ans quand il ressort à une époque où l'évolution technologique est capable de produire des beautés graphiques incroyables. Les personnages sont reconnaissables, les décors sont reconnaissables, les monstres sont reconnaissables. Bref, ce côté-là est bien réalisé. Pour les besoins d'une version remastérisée, évidemment Tales of Eternia s'est prodigué une retouche graphique, un lissage. D'ailleurs, cette version vous propose la possibilité de rejouer le jeu dans son jus d'époque ou de le faire dans sa version remastered. À vous de choisir. Les deux sont très proches. J'ai même eu du mal à discerner. C'est dans les textes qu'on aperçoit les changements. 

Ce qui vient avec Tales of Eternia Remastered s'appelle la Fanfare. Ce DLC activable par le menu, très bien fait soit dit en passant, vous emmènera dans les autres épisodes de Tales of par ses musiques. Si vous pouvez les écouter via le menu, elles s’activeront automatiquement lors des combats. J'ai trouvé plaisant de retrouver la musique de Yuri et sa bande dans  une aventure menée par d'autres. La musique est une réussite par le biais de la Fanfare. On y entend toutes sortes de mélodies, qu'elles soient en 32 bits ou de qualité bien meilleure. Le changement est assuré à chaque nouveau combat et ça nous aide à en apprécier la multitude.

Il y a également les Qualities of Life que je n'ai jamais aimées. Oui, on peut accélérer les combats, gagner plus de galds, activer le mode sans combat ou encore augmenter la puissance de nos attaques. Ce ne sont ni des révolutions, ni des apports majeurs. Un jeu vient avec ce qu'il a à la base. Lui donner ces possibilités ravira les joueurs qui veulent faire de la production. Même en test, il m'est inadmissible de jouer avec de telles options. Elles sont donc restées désactivées le temps de ma partie. 

Comment ne pas évoquer les saynètes ? Elles ont été mon plaisir coupable. Directement accessibles par le menu, j'ai joué et rejoué certaines, tellement elles m'ont fait rire. Si les sujets sont souvent prédestinés, la traduction française prend alors un essor magnifiant l'épisode. De là, naîtront certaines quêtes secondaires ou resteront des légendes, à vous de jauger le temps que vous y mettrez. 

On aperçoit les changements d'armes sur les personnages en combat. Cela ne semble pas grand chose, mais ça fait toujours son petit effet. 

Tales of Eternia pose les limites d'un jeu réalisé il y a 26 ans. Tout n'est pas net, c'est pixelisé, les personnages féminins ont un nez particulièrement pointu quand elles sont de profil et ça ne m'enchante pas plus que ça. Pour moi, ça ne prend pas. Le titre de Bandai Namco et TOSE en impose sur d'autres plans. Tout le monde n'a pas les courbes de Judith. Par contre Farah a bien le tempérament de Rita !

Galerie

Temps de jeu et rejouabilité

Histoire principale
35 h

Naturel

Bonjour, Laurent dit "Naturel" ou encore "Renault". Créateur de jeux de mots et à l'humour douteux, mais toujours drôle ! J'aime faire des rapprochement entre jeux vidéos et société. Fan de la licence Final Fantasy par laquelle j'ai commencé à jouer aux RPG japonais, sans savoir que c'en étaient. Mes jeux préférés sont FFVIII et Tales of Vesperia, mais amateur de tous jeux vidéos, exceptées les simulations sportives.

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