One Piece: Grand Gourmet
Quand Bandai Namco m’a proposé de tester One Piece: Grand Gourmet, j’ai d’abord hésité. J’aime beaucoup l’univers de One Piece, mais l’idée d’un jeu de gestion de restaurant me laissait un peu perplexe. Puis je me suis rappelé que derrière ce projet se trouvait Kairosoft, un studio qui connaît particulièrement bien son sujet. Et après plusieurs heures passées à développer mon petit Baratie, je peux vous dire que j’ai bien fait d’accepter.
Je ne m’attendais pas à découvrir un jeu aussi généreux, avec autant de références au manga et un tel souci du détail. Les développeurs ont vraiment pris le temps de respecter l’univers d’Eiichiro Oda, jusque dans les petites interactions entre les personnages. Et pour quelqu’un qui apprécie One Piece depuis longtemps, c’est un vrai plaisir de retrouver tout ce petit monde autour d’une bonne assiette.
- Date de sortie
- Éditeur
- Bandai Namco
- Développeur
- Kairosoft
Points forts et points faibles
Points forts
- La générosité du titre
- La qualité du pixel art
- Le grand nombre de fonctionnalités
- La durée de vie (vous pouvez continuer quasiment indéfiniement après la fin du scénario)
- Le respect du matériel d'origine
Points faibles
- Certaines musique peuvent agacer au bout de plusieurs répéditions
- Une ergonomie des menus perfectible
Histoire – Un nouveau Baratie pour une drôle de clientèle
One Piece: Grand Gourmet nous propulse dans l'univers imaginé par Eiichiro Oda, mais pas pour taper la Marine. Développé par Kairosoft, le titre abandonne les bastons au profit d'une activité chère à Luffy et à son équipage : la nourriture. Cette fois, les Chapeaux de paille vont devoir gérer leur propre restaurant, avec tous les problèmes que cela implique.
L'histoire commence lorsqu'un établissement se faisant passer pour le célèbre Baratie apparaît sur les mers. Les responsables de cette imposture vendent des plats à des prix exorbitants et détériorent rapidement la réputation du restaurant original. Face à cette situation, Luffy, Sanji et vous décidez d'intervenir en ouvrant une seconde enseigne, baptisée Baratie 2. Vous rejoignez alors l'équipage en qualité de nouvelle recrue, avec pour mission de participer au développement de ce restaurant flottant.
Le point de départ possède quelque chose d'assez amusant pour les connaisseurs de One Piece. Le Baratie est un des lieux important dans les premiers arcs du manga, puisqu'il marque notamment la rencontre entre Luffy et Sanji. C'est également dans cet établissement que nous découvrons l'attachement du cuisinier à son métier et sa volonté de nourrir ceux qui ont faim. Retrouver ce restaurant plusieurs années après sa première apparition est incontestablement donc un joli clin d'œil aux origines du manga.
La présence de Sanji est donc tout à fait pertinente. Sa passion pour la cuisine est donc l'élément qui fera chavirer le gameplay — mais nous en parlerons plus tard. Luffy, de son côté, entretient un rapport à la nourriture qui a souvent donné lieu à des scènes comiques dans le manga. Cette association offre un cadre idéal pour retrouver tout l'humour de ces personnages.
Pour ce qui est de la générosité du jeu, il y aura de quoi faire. Plus de 400 personnages issus de la franchise sont présents, certains comme membres du personnel, d’autres comme clients. Et je peux vous dire une chose : ils sont tous fidèles à leur personnalité. Les frayeurs d’Usopp ou la cupidité de Nami se retrouvent aussi bien dans les dialogues que dans le gameplay. Cette dernière, par exemple, demande dès le début du jeu un salaire exorbitant pour accepter de travailler dans notre restaurant. Le restaurant devient ainsi un lieu où les personnages peuvent se croiser en dehors des circonstances qui les opposent habituellement. Chaque visiteur possède ses propres préférences culinaires et décoratives, et satisfaire ses demandes permet de développer sa fidélité.
Gameplay – La recette habituelle de Kairosoft à la sauce One Piece
Les habitués de Kairosoft devraient rapidement reconnaître les principes de One Piece: Grand Gourmet. Le studio japonais, connu pour ses nombreuses simulations de gestion, reprend ici une formule qu'il maîtrise depuis longtemps. Après Burger Bistro Story, The Ramen Sensei ou encore Doraemon Dorayaki Shop Story, c'est au tour de Luffy et son équipage de se retrouver derrière les fourneaux.
Le principe repose sur le développement progressif du Baratie 2. Nous commençons avec un établissement modeste, quelques équipements et une clientèle limitée. Il faut ensuite trouver de nouveaux ingrédients, améliorer les recettes, aménager les salles et accueillir davantage de visiteurs. Chaque activité contribue au développement du restaurant, avec l'objectif d'en faire une adresse incontournable sur les mers.
En compagnie de Sanji, nous pouvons combiner différents ingrédients pour découvrir de nouvelles recettes. Certains personnages possédant les pouvoirs d’un Fruit du Démon participent également à leur création, ce qui ouvre la voie à des préparations particulièrement originales — les sashimis de Zoro ont vraiment l’air délicieux ! Le jeu permet également d’assembler plusieurs préparations pour composer des menus complets, avec un plat principal, un accompagnement, un dessert et une boisson. Le dressage intervient ensuite pour personnaliser les assiettes et améliorer leur présentation. Vous aurez aussi la possibilité de participer à des mini-jeux, tels que des combats contre des vagues d’ennemis, des concours de cuisine ou encore des jeux d’adresse qui permettront de satisfaire votre soif de récompenses.
Et c'est évident quand on connait un peu les production de Kairosoft. L'intérêt vient principalement de l'accumulation de petites améliorations, qui permettent d'augmenter progressivement la popularité de l'établissement.
Mais vous ne passerez cependant pas toutes vos heures de jeu devant les fournaux ou en exploration. Plus de 200 meubles et éléments décoratifs sont disponibles, avec la possibilité de modifier l'organisation des salles. Les objets influencent l'ambiance du restaurant et peuvent attirer certains personnages. J'ai passé beaucoup de temps à analyser et observer chacun des objets et décorations pour identifier les préférences de visiteurs et les voir se transformer, peu à peu, en clients réguliers. D'autres clients peuvent ainsi devenir des fans de votre restaurant et en prioriser certaines tables, à vous de maintenir la qualité de vos plats pour en avoir le plus possible. À d’autres moments, les dialogues entre les personnages peuvent vous permettre de gagner des berrys ou des cœurs, les deux principales monnaies du jeu. Vous pourrez ensuite les utiliser pour acheter de nouvelles installations ou décorations.
Les personnages pourront également ouvrir leurs propres installations loufoques allant de la boutique de bijoux de Nami à la scène de spectable de Buggy. D’autres activités sont également proposées, comme la recherche d’ingrédients en mer, l’exploration pour rencontrer de nouveaux personnages et faire progresser les employés déjà présents, ainsi que l’entraînement de l’équipage pour améliorer la qualité du service. Le but du jeu, à terme, étant d'évincer le Faux Baratie et de reprendre le contrôle des mers, culinairement bien sûr !
Direction artistique – L'univers de One Piece revisité par Kairosoft
One Piece: Grand Gourmet est une véritable réussite visuelle. Kairosoft mise sur un pixel art particulièrement soigné, avec des personnages Chibi qui évoluent dans des environnements en vue isométrique. Le tout profite d'une palette de couleurs très vive, parfaitement adaptée à l'univers de One Piece.
La première réussite concerne justement l'adaptation des personnages. Malgré leur petite taille à l'écran, Luffy, Sanji, Nami ou encore Chopper sont immédiatement reconnaissables. Leurs coiffures, leurs vêtements et leurs accessoires ont été reproduits avec suffisamment de détails pour respecter leur apparence d'origine. Les expressions et les petites animations qui accompagnent leurs déplacements correspondent parfaitement à leur personnalité. Sur ce point, je n'ai absolument rien à reprocher au studio.
Et il faut dire que le travail de Kairosoft est colossal. Avec plus de 400 personnages, adapter une distribution aussi importante à son style graphique a certainement demandé énormément de temps. D'autant que chacun possède ses propres caractéristiques visuelles, ce qui rend le résultat encore plus impressionnant.
Les préparations culinaires bénéficient elles aussi d'illustrations détaillées. Les assiettes sont généreusement garnies et les ingrédients s'inspirent des créations parfois improbables du manga. Les menus présentent les plats à travers de grandes illustrations en pixel art, accompagnées de leurs caractéristiques. J'ai particulièrement apprécié le soin accordé aux recettes, qui donnent souvent envie de s'attarder sur leurs illustrations, même lorsque leur préparation se résume à quelques manipulations dans les menus.
En revanche, tout n'est pas aussi réussi du côté de l'interface. Les nombreuses fenêtres, les indicateurs et les informations liées à la gestion occupent une part importante de l'écran. Je me suis d'ailleurs surpris à chercher régulièrement certaines fonctionnalités en début de partie, tant les menus peuvent paraître encombrés. Il faut un certain temps pour comprendre leur organisation et naviguer plus naturellement entre les différentes activités.










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