Test d’Octopath Traveler Edition Switch 2 — Encore !

6 octobre 2026 Kuro 7 MIN
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Le verdict JRPGFR
8,7/10 Élite

Octopath Traveler

Testé sur Nintendo Switch 2

Rejouer à Octopath Traveler en 2026 oblige forcément à le regarder avec huit années de recul. Entre-temps, la HD-2D a énormément évolué, Square Enix a affiné sa formule et plusieurs jeux ont poussé beaucoup plus loin les décors, les éclairages ou la mise en scène. Le premier épisode paraît donc plus simple aujourd’hui, parfois même assez sage. Je trouve pourtant difficile de lui reprocher d’avoir vieilli sur des points qu’il a lui-même contribué à populariser.

Ce recul fait surtout ressortir ce qu’il réussit encore très bien. Son système de combat reste excellent, les classes secondaires donnent énormément de liberté et construire son équipe garde ce petit plaisir que beaucoup de JRPG perdent une fois leurs mécaniques comprises. Les huit histoires fonctionnent bien individuellement, même si leur manque de liens communs me dérange encore davantage aujourd’hui. On passe énormément de temps avec ces personnages sans vraiment sentir qu’ils forment un groupe, et c’est probablement le défaut qui me reste le plus en tête.

Malgré cela, j’ai pris énormément de plaisir à refaire Octopath Traveler. Sa musique n’a pratiquement rien perdu de sa force, sa direction artistique conserve un charme immédiat et la version Switch 2 lui apporte exactement le confort qu’il lui fallait pour revenir aujourd’hui. Il faut simplement accepter de le replacer dans son époque. En 2018, il ouvrait une voie. En 2026, on voit forcément tout ce que les jeux suivants ont amélioré derrière lui, mais ses bases restent suffisamment solides pour que le voyage mérite encore largement d’être fait — si vous ne l'avez jamais vécu au moins une fois !

Date de sortie
Éditeur
Square Enix
Développeur
Square Enix

Points forts

  • Son système de combat
  • La stratégie autour de la Faille et de l’Exaltation
  • Des quêtes secondaires intéressantes et scénarisées...
  • Sa direction artistique et sa bande-son
  • Ses personnages et leurs histoires individuelles
  • Primrose

Points faibles

  • Le manque d’interactions entre les huit héros
  • Une structure narrative assez répétitive
  • ... mais des rencontres aléatoires trop fréquentes qui rendent leurs exécutions pénibles.

Une histoire pour chacun et... c'est tout !

Octopath Traveler raconte huit histoires indépendantes, chacune découpée en quatre chapitres. Olberic cherche des réponses après la chute de son royaume, Primrose poursuit les responsables de la mort de son père, Tressa veut découvrir le monde, tandis qu’Alfyn parcourt les routes pour exercer son métier d’apothicaire. Chaque voyageur possède ainsi ses propres motivations, ses personnages secondaires et son ton. Certaines histoires fonctionnent mieux que d’autres, mais cette variété permet au jeu de passer d’un récit léger à des sujets beaucoup plus sombres.

Le principal problème vient du manque de cohésion entre ces huit aventures. Lorsqu’un personnage poursuit son histoire, ses compagnons disparaissent presque complètement de la mise en scène. Ils combattent avec lui et voyagent à ses côtés pendant l’exploration, mais n’interviennent pratiquement jamais dans les cinématiques ou les événements importants.

En réalité, on finit par suivre huit récits parallèles avec une équipe qui paraît parfois artificielle, alors que plusieurs situations auraient naturellement mérité une réaction ou l’intervention des autres membres du groupe. Je tiens tout de même à préciser qu’individuellement, les histoires sont prenantes et bien écrites. Dommage que les liens entre des personnages — qui passent autant de temps ensemble — ne soient pas plus développés.

Simple en surface, des dizaines de possibilités

Octopath Traveler propose un tour par tour simple à comprendre. Quatre voyageurs participent aux combats et l’ordre des actions reste visible à l’écran, ce qui permet d’anticiper les prochains tours. Le système repose surtout sur les faiblesses et la Faille. Chaque ennemi possède des vulnérabilités qu’il faut exploiter pour réduire ses points de protection. Une fois ce compteur à zéro, il devient beaucoup plus vulnérable pendant un court moment. Les attaques qui frappent plusieurs fois prennent alors tout leur intérêt pour casser rapidement sa garde.

Les Points d’Exaltation complètent cette mécanique. Ils permettent de renforcer une action ou de multiplier les coups d’une attaque physique. On peut les utiliser pour provoquer une Faille plus rapidement ou les conserver afin de frapper fort une fois l’ennemi exposé. Les boss demandent davantage d’attention, car certains changent leurs faiblesses ou préparent des attaques dangereuses. Il faut donc surveiller l’ordre des tours et choisir le bon moment pour passer à l’offensive.

De plus, chacun des héros recrutés possède une classe principale qui détermine son équipement et son rôle naturel pendant les combats. Certains personnages sont faits pour encaisser ou infliger de gros dégâts, alors que d’autres s’occupent davantage du soin et du soutien. Les combats rapportent des Points de Classe qui permettent d’apprendre de nouvelles compétences. Leur coût augmente progressivement, donc on commence assez vite à réfléchir à ce que l’on veut vraiment débloquer.

Les classes secondaires s’obtiennent en explorant le monde et permettent d’ajouter une seconde spécialisation à chaque personnage. Elles offrent beaucoup de liberté pour construire son équipe, d’autant que les compétences de soutien restent disponibles après un changement de classe. Plus tard, quatre classes divines viennent encore enrichir le système.

La gestion des huit héros demande toutefois un peu d’attention. Seuls quatre peuvent combattre en même temps et certains finissent donc par prendre du retard. Lorsqu’un chapitre impose un personnage peu utilisé, quelques combats supplémentaires peuvent être nécessaires pour le remettre à niveau.

L’exploration profite aussi des particularités des huit voyageurs. Chaque personnage possède une action spéciale pour interagir avec les habitants. Olberic peut provoquer des PNJ en duel, Thérion voler leurs objets et Tressa les acheter. D’autres obtiennent des informations ou peuvent convaincre quelqu’un de les accompagner. Ces capacités servent souvent dans les quêtes secondaires et donnent parfois une raison de revenir dans une ancienne ville. Certaines actions sont garanties, tandis que d’autres reposent sur un pourcentage de réussite. En cas d’échecs répétés, la réputation du groupe baisse et doit être restaurée contre de l’argent à la taverne du village.

Dans les faits, une sauvegarde permet facilement de contourner cette contrainte. Les quêtes secondaires utilisent souvent ces capacités, avec assez peu d’indications dans le journal. De mon côté, j’ai surtout avancé dans l’histoire avant de revenir plus tard, soluce en main, pour terminer un maximum de quêtes et me préparer aux combats les plus difficiles de la fin du jeu.

Technique / DA

Octopath Traveler conserve huit ans plus tard une direction artistique qui fonctionne toujours aussi bien. Le jeu fut l’un des premiers représentants de cette esthétique 2.5D — renommée HD-2D par Square Enix —, avec ses personnages en pixel art intégrés dans des décors en trois dimensions travaillés par les éclairages, les effets de profondeur et les particules.

Certaines zones paraissent aujourd’hui plus simples depuis que la formule a évolué, notamment avec le deuxième épisode, mais le premier conserve ce petit côté diorama qui lui va particulièrement bien.

La version Switch 2 lui offre surtout un confort supplémentaire — l’image gagne en netteté et le passage à 60 images par seconde rend les déplacements et les animations beaucoup plus agréables, aussi bien sur l’écran de la console que sur un téléviseur. La direction artistique profite forcément de cette meilleure lisibilité, particulièrement lorsque les combats commencent à multiplier les sorts et leurs effets lumineux.

La musique a encore moins vieilli. Yasunori Nishiki signe une bande originale remarquable, avec des thèmes propres aux voyageurs et des compositions qui accompagnent naturellement chaque étape de l'épopée. Les morceaux de combat savent monter en puissance sans devenir fatigants malgré le nombre important d’affrontements, tandis que certains thèmes de personnages restent immédiatement reconnaissables plusieurs heures après avoir reposé la console.

Pour un jeu qui s’appuie autant sur une esthétique rétro, Octopath Traveler avait déjà trouvé en 2018 une identité visuelle et sonore très personnelle. Cette édition Switch 2 lui donne simplement un écrin plus propre pour en profiter aujourd’hui.

Temps de jeu et rejouabilité

Histoire principale
80
Complétion
110

Kuro

À 40 ans, j’ai probablement passé plus de temps une manette en main que sur les bancs de l’école. Fondateur de ce média, je décortique la pop culture avec un attrait assumé pour les pixels d’autrefois.

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