Tales of Arise sur Nintendo Switch 2 — C’est pas si mal !
J’ai eu la possibilité de découvrir Tales of Arise sur Nintendo Switch 2, accompagné de son extension Beyond the Dawn. Une arrivée intéressante pour un épisode qui avait déjà marqué la série lors de sa sortie initiale, autant par sa direction artistique que par son système de combat plus nerveux. Cette version permet donc de retrouver l’aventure d’Alphen et Shionne, puis de prolonger leur histoire après les événements du jeu principal. L’occasion était idéale pour voir si Tales of Arise conserve encore sa force aujourd’hui en docké comme en portable.
Tales of Arise raconte d’abord la rencontre entre deux êtres que tout oppose. D’un côté, Alphen, un homme amnésique, incapable de ressentir la douleur, qui porte un masque et vit sur Dahna, une planète réduite en esclavage depuis trois siècles. De l’autre, Shionne, une Renienne en fuite, frappée par une malédiction qui blesse tous ceux qui tentent de la toucher. Ensemble, ils rejoignent la résistance dahnienne et partent affronter les seigneurs reniens qui exploitent les différentes régions de Dahna pour récolter l’énergie astrale de ses habitants. Le point de départ peut sembler classique, mais Tales of Arise évite assez vite le piège du récit shonen.

Cet opus montre un monde abîmé, traversé par la haine, la peur, les préjugés et les conséquences d’une domination trop longue. Beyond the Dawn, son extension, reprend ce contexte un an après la fin de l’aventure principale, alors que Dahna et Rena ne forment plus qu’une seule planète. Cette union physique ne règle pourtant rien dans les esprits. Les tensions restent fortes, et c’est là que Nazamil entre en scène. Fille d’un seigneur renien, à moitié dahnienne, rejetée par les uns comme par les autres, elle incarne assez directement ce nouveau monde incapable de s’accepter lui-même. Son rôle donne au DLC une vraie raison d’exister, même si le thème du rejet et de l’enfant née de deux peuples ennemis n’a rien de très neuf. Ce qui fonctionne, c’est surtout la manière dont le groupe l’accueille peu à peu, avec une bienveillance cohérente avec ce qu’ils ont vécu auparavant.

Sur le plan du jeu, Tales of Arise reste un action-RPG très direct, nerveux, construit autour de combats rapides où chaque personnage possède sa manière de jouer. Les attaques normales servent à lancer les enchaînements, les Arts permettent de construire des combos, les Attaques Bonus font intervenir les alliés selon les situations, et les Frappes Bonus concluent les affrontements avec une vraie énergie visuelle. Le système donne envie de changer de personnage et d’essayer d’autres rythmes.
Alphen n’est pas la seule porte d’entrée : on peut préférer la distance, la magie, le soutien ou une approche plus défensive. Cette variété reste l’une des grandes forces du jeu, d’autant que les arbres de compétences et les stratégies données aux compagnons permettent de modeler l’équipe selon ses habitudes. Beyond the Dawn ne bouleverse rien de tout cela. Le DLC reprend le système tel quel, sans ajout majeur, mais ce n’est pas forcément un problème tant la base reste solide. Les combats gardent leur punch, leur vitesse et leur côté spectaculaire.

En revanche, cette générosité visuelle a parfois un revers. Contre certains boss, l’écran devient chargé, les effets se superposent, et la lecture de l’action peut perdre en précision alors que l’esquive devient justement indispensable. À cela s’ajoute un bestiaire qui recycle trop souvent ses modèles, que ce soit dans l’aventure principale ou dans l’extension.
Beyond the Dawn compense en partie avec ses Mausolées, des donjons issus des restes de Rena, plutôt réussis visuellement, avec des trésors utiles et des boss capables d’offrir un vrai défi. Les quêtes annexes, elles, restent plus inégales. Elles accompagnent correctement le propos du DLC, mais beaucoup se limitent à rendre service aux habitants sans développer grand-chose. Les quêtes EX autour d’Alphen et Shionne sont plus intéressantes, notamment grâce au journal de Shionne, mais elles ne changent pas profondément le ressenti que j’avais sur les quête annexe de la première partie.
La direction artistique reste l’un des grands arguments de Tales of Arise. Le jeu a marqué la série par son cel-shading détaillé, ses couleurs franches, ses panoramas lumineux et cette manière de donner aux environnements une vraie ampleur sans renier l’identité anime de la licence.
Les régions de Dahna possèdent chacune leur ambiance, et les personnages profitent d’un design solide, expressif, bien animé dans les cinématiques importantes comme dans les combats. Les Frappes Bonus donnent encore aujourd’hui une belle impression de spectacle, avec des poses, des effets et des transitions qui participent beaucoup à la fluidité des combats.
Beyond the Dawn prolonge cette qualité visuelle en montrant un monde transformé par la fusion de Dahna et Rena. Les paysages gardent ce sentiment de grandeur, parfois même renforcé par l’idée d’un monde nouveau qui peine encore à se stabiliser. La musique de Motoi Sakuraba accompagne bien cette continuité.

On sent cependant que Tales of Arise veut parfois trop expliquer ce qu’il raconte. Les saynètes, marque de fabrique de la série peuvent parfois aussi alourdir le rythme. Le jeu parle beaucoup, répète parfois ce que le joueur a déjà compris, et certaines séquences auraient gagné à faire davantage confiance à l’écriture visuelle ou aux silences. Cela n’enlève pas la force du groupe, ni l’attachement qui se crée au fil de l’aventure, mais il faut accepter cette tendance à verbaliser les enjeux, surtout quand l’histoire aborde ses thèmes les plus sensibles.
Sur Switch 2, Tales of Arise et Beyond the Dawn restent respectables. Le jeu conserve son identité, son rythme général, son système de combat et cette direction artistique qui fait encore son effet, même sur une machine moins confortable que les autres supports actuels. Pour autant, cette version ne bénéficie pas de la fluidité des plateformes plus puissantes. Elle se montre jouable, oui, mais elle laisse apparaître trop de concessions pour passer totalement inaperçue.

D’abord, le popping est nombreux, avec des éléments du décor et des PNJ qui s’affichent tardivement, parfois trop près du joueur. Cette apparition brutale casse régulièrement la sensation de traverser un monde vivant, surtout dans les zones ouvertes où l’on court beaucoup. Les combats, eux aussi, souffrent par moments de micro-freezes qui gênent la lecture de l’action, en particulier dans un système où l’esquive, le placement et le rythme des enchaînements participe au plaisir de l’affrontement. Ce n’est pas une version catastrophique, loin de là, mais ce n’est pas non plus la meilleure manière de découvrir Tales of Arise si l’on cherche l’expérience la plus fluide et la plus propre possible. Elle a le mérite d’exister, de rendre le jeu accessible dans un format plus souple, mais elle demande d’accepter des limites visibles.
Au fond, Tales of Arise reste un très bon action-RPG, généreux, spectaculaire, porté par un groupe attachant et une histoire plus nuancée qu’elle n’en a l’air. Beyond the Dawn prolonge correctement cette aventure, surtout pour ceux qui ont aimé les personnages et veulent voir ce que devient ce monde après sa réunification. Mais sur Switch 2, il faut garder en tête que le plaisir est là, tandis que le confort technique, lui, reste clairement en retrait même si nous avons déjà vu bien pire sur la console de Nintendo.
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Tales of Arise
- Date de sortie (Japon) : 22/05/2026
- Date de sortie (Europe) : 22/05/2026
- Développeur : Bandai Namco
- Éditeur : Bandai Namco
- Genres : Action
- Consoles : Switch
- Scénario 70%
- Technique 60%
- Gameplay 80%
- Plaisir 80%
- Histoire solide et bien prolongée
- Combats nerveux et spectaculaires
- Direction artistique toujours réussie
- Contenu complet et généreux
- Fluidité inférieure aux autres versions
- Popping trop souvent visible
- Micro-freezes gênants en combat

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