Starbites – La tête dans les étoiles, les pieds dans le sable sur Switch

17 mai 2026 Sadness 8 MIN
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Starbites, le RPG du studio coréen IKINAGAMES, attendu pour le 21 mai 2026, affiche une ambition claire : renouer avec une certaine idée du RPG classique sans céder à la tendance du HD-2D. Un pari audacieux qui avait immédiatement retenu mon attention. Entre son univers teinté de post-apocalyptique, ses robots personnalisables et son esthétique rappelant parfois Sakura Taisen ou le regretté Rogue Galaxy, le titre semblait vouloir raviver une sensibilité devenue rare dans le paysage actuel du JRPG trop porté sur le côté fantasy. Mais une fois la manette en main, qu’en est-il réellement ? Starbites est-il ce petit bijou que les amateurs du genre espéraient secrètement ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Test réalisé sur Switch

Une histoire plaisante

Côté scénario, Starbites nous entraîne sur Bitter, une planète désertique autrefois prospère, aujourd’hui ravagée par les séquelles d’une guerre spatiale. On y suit Lukida, une jeune ferrailleuse qui tente tant bien que mal de survivre dans la ville délabrée de Delight. Lassée de voir son travail exploité par Fennec, le superviseur local qui entretient volontairement une dette impossible à rembourser afin de garder son emprise sur elle, la jeune femme n’a désormais plus qu’un objectif : quitter définitivement cette planète moribonde.

Le récit débute précisément lorsque Lukida parvient enfin à mettre la main sur un billet lui permettant de fuir Bitter. Après avoir partagé la nouvelle avec ses compagnons Gwendoll et Badger, les événements prennent rapidement une tournure inattendue lorsqu’un mystérieux mécha l’attaque brutalement. Battue au combat, Lukida se réveille quelque temps plus tard à Delight… pour découvrir que son précieux ticket a disparu.

Starbites

Si cette quête semblait, dans un premier temps, annoncer une aventure relativement classique autour d’une simple chasse au billet perdu, Starbites prend finalement une direction bien plus ambitieuse. Sans trop en dévoiler, le scénario élargit progressivement ses enjeux et réserve quelques surprises bienvenues au fil de l’aventure.

Au-delà de son intrigue principale, le titre peut également compter sur une galerie de personnages attachants, chacun disposant de son propre tempérament et de son histoire personnelle. Les liens qui se tissent progressivement entre les membres du groupe apportent une vraie chaleur à l’ensemble et donnent envie d’en apprendre davantage sur eux. Certes, Starbites n’a sans doute pas l’ambition ni l’envergure d’un mastodonte du genre, mais il s’impose sans difficulté comme une aventure sincère et agréable, idéale entre deux grands RPG, portée par un univers singulier et des personnages hauts en couleur.

Starbites, c’est moche sur Switch !

Parlons maintenant du principal point faible de cette version Switch, et sans doute de l’élément qui risque de refroidir plus d’un joueur avant même d’investir une vingtaine d’heures dans l’aventure. Bien entendu, Starbites n’a jamais eu la prétention d’être une production AAA, mais on pouvait malgré tout espérer une réalisation suffisamment soignée pour porter efficacement son univers rétro-futuriste. Malheureusement, sur la console de Nintendo, le résultat est loin des attentes.

Après le report de la version Switch 2 par NIS America, j’ai malgré tout souhaité découvrir le jeu sur la Switch première du nom. Et honnêtement, je ne m’attendais pas à une telle différence avec ce que les bandes-annonces laissaient entrevoir. Car si le character design demeure particulièrement réussi et que certaines ambiances désertiques possèdent un vrai charme artistique, l’ensemble souffre techniquement de très nombreuses limitations.

Le rendu général apparaît souvent flou, les textures manquent de finesse et plusieurs environnements donnent l’impression d’avoir subi un sérieux déclassement graphique pour tourner sur la machine. À cela s’ajoutent divers bugs et problèmes techniques parfois suffisamment gênants pour obliger à redémarrer complètement le jeu afin de poursuivre sa partie. Une situation frustrante qui nuit clairement à l’immersion.

Starbites

Le contraste semble d’autant plus marqué lorsqu’on compare cette version Switch aux images aperçues sur PS5 ou dans les différentes présentations du titre. On a réellement le sentiment de se retrouver face à une version fortement amputée sur le plan visuel, comme si ce portage avait été réalisé dans l’urgence afin de rendre le jeu accessible au plus grand nombre. Et malheureusement, cet aspect technique a régulièrement entaché mon expérience au fil des sessions.

Tout n’est cependant pas à jeter. Si les musiques peinent à véritablement marquer les esprits, elles accompagnent correctement l’aventure, tandis que le doublage japonais se montre globalement convaincant. Pris indépendamment du volet technique de cette version Switch, Starbites conserve ainsi une certaine personnalité visuelle et sonore qui parvient malgré tout à rendre l’aventure attachante par moments.

Un gameplay classique mais qui fonctionne

Manette en main, Starbites reste finalement assez classique dans son approche du gameplay, tout en intégrant suffisamment de mécaniques bien pensées pour maintenir l’intérêt tout au long de l’aventure. Les amateurs de RPG y retrouveront d’ailleurs plusieurs systèmes familiers, habilement adaptés à l’univers du jeu. L’exploration alterne ainsi entre phases à pied dans les différentes zones de Bitter et déplacements à bord des Motorbots, des méchas qui occupent une place centrale dans l’expérience et participent pleinement à l’identité du titre.

Le système de combat au tour par tour se montre accessible, tout en demandant un minimum de réflexion. Chaque personnage dispose de compétences spécifiques, tandis que les Motorbots peuvent être personnalisés à l’aide de différentes armes, pièces et améliorations afin d’adapter leur style de combat à votre manière de jouer. Sans atteindre la richesse stratégique des plus grandes références du genre, l’ensemble fonctionne néanmoins très bien et offre plusieurs affrontements particulièrement plaisants, notamment lors des combats de boss, surtout dans les difficultés les plus élevées.

On sent également qu’IKINAGAMES s’est inspiré de certaines mécaniques popularisées par Octopath Traveler, notamment dans la gestion des faiblesses ennemies. Lorsqu’un adversaire est rencontré pour la première fois, ses vulnérabilités restent inconnues et apparaissent sous forme d’emplacements vides sous sa barre de vie. Chaque attaque possède ainsi un attribut particulier — thermique, plasma, tranchant ou encore électrique — et il faudra expérimenter différentes compétences afin de découvrir les points faibles adverses.

Une fois une faiblesse exploitée, une jauge de protection diminue progressivement jusqu’à plonger l’ennemi dans un état de Break. Celui-ci voit alors son tour repoussé dans la timeline et devient plus vulnérable aux dégâts. Certaines compétences frappent plusieurs fois afin d’accélérer cette mécanique, tandis que d’autres peuvent être améliorées pour cumuler plusieurs attributs et ainsi briser plus efficacement les défenses adverses. Un système simple à prendre en main, mais suffisamment efficace pour dynamiser les affrontements.

À cela s’ajoute la mécanique du Driver’s High, qui apporte davantage de nervosité aux combats. La jauge se remplit progressivement en infligeant ou en subissant des dégâts. Une fois pleine, le personnage concerné peut activer cet état à n’importe quel moment, même durant le tour d’un allié ou d’un ennemi, afin d’agir immédiatement. Ce mode améliore également les dégâts infligés ainsi que certaines propriétés de compétences, avec des bonus évoluant selon les améliorations débloquées dans l’arbre de talents du personnage.

Le positionnement des ennemis apporte également une dimension tactique appréciable. Les adversaires ne sont pas systématiquement alignés de manière classique et certaines formations obligent à réfléchir davantage à l’utilisation des attaques de zone. Un détail qui évite aux combats de devenir trop automatiques, même face aux ennemis les plus faibles.

Starbites

Tout n’est cependant pas irréprochable. Certaines mécaniques finissent par devenir répétitives sur la durée et les déplacements dans les vastes étendues désertiques de Bitter peuvent parfois manquer de rythme. L’un des principaux regrets concerne également les nombreux allers-retours imposés par certaines quêtes, d’autant que les points de téléportation restent limités aux différentes villes du jeu. Un choix qui alourdit inutilement la progression et accentue parfois la sensation de redondance lors de l’exploration.

Heureusement, Starbites évite l’écueil du RPG interminable. Avec une durée de vie avoisinant la vingtaine d’heures pour l’aventure principale, le titre sait rester relativement concis. Un format finalement assez appréciable qui permet de limiter la lassitude liée à la répétitivité de certaines missions, des environnements ou encore des affrontements. Le jeu préfère ainsi proposer une expérience plus compacte et maîtrisée plutôt que d’étirer artificiellement son contenu.

Starbites, une aventure au goût d’inachevé

On entend souvent dire que les graphismes et la réalisation technique ne suffisent pas à définir la qualité d’un jeu vidéo. Et c’est vrai. Pourtant, en 2026, il reste difficile d’ignorer un écart technique aussi important entre deux versions d’un même titre. C’est probablement ce qui rend ma déception autour de Starbites encore plus marquée. Car derrière cette version Switch clairement en retrait se cache pourtant un RPG sincère, porté par une véritable passion pour les grandes aventures japonaises d’autrefois.

J’attendais énormément le titre d’IKINAGAMES, notamment pour son mélange de space opera, de méchas personnalisables et d’ambiance rétro. Et malgré ses défauts techniques parfois difficilement pardonnables, je ne peux pas dire que le voyage m’ait laissé indifférent. Durant cette vingtaine d’heures, j’ai pris plaisir à découvrir l’univers de Bitter, à suivre les péripéties de Lukida et de son groupe, mais aussi à apprendre à connaître des personnages comme Gwendoll, dont la personnalité déjantée et le tempérament bien trempé apportent une vraie énergie à l’aventure.

Au final, Starbites est sans doute le genre de jeu qui divisera. Derrière son portage Switch décevant se cache pourtant une aventure attachante, parfois maladroite, mais animée d’un vrai charme rétro que les amateurs de RPG mécaniques et de méchas pourraient apprécier. Reste maintenant à voir si une éventuelle mise à jour dédiée à la Switch 2 permettra au titre de révéler enfin tout son potentiel et de redorer le blason de cette aventure qui méritait clairement mieux sur le plan technique.

6.25 Starbites

  • Date de sortie (Japon) : 21/05/2026
  • Date de sortie (Europe) : 21/05/2026
  • Développeur : IKINAGAMES
  • Éditeur : NIS
  • Genres : Tour par tour
  • Consoles : PS5, Switch, PC, Series
  • Scénario 65%
  • Technique 60%
  • Gameplay 60%
  • Plaisir 60%
  • Des robots !
  • Un gameplay classique mais efficace
  • Des personnages hauts en couleur
  • Techniquement horrible sur Switch
  • Des musiques passables
  • Beaucoup d'allers-retours

Sadness

Fan d'Animation japonaise depuis le Club Dorothée et grand amoureux de JRPG (Shadow Hearts / Lost Odyssey / Les Kiseki)

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