De nombreuses personnes sont familières avec la série des Xeno depuis Xenoblade, qui a éveillé un amour inconditionnel chez de nombreux joueurs à l'égard du studio Monolith Soft. Toutefois, avant l'avènement de Xenoblade, Xenogears, créé par Squaresoft, était déjà présent, bien que ses espoirs de succès n'aient malheureusement pas aboutis. C'est grâce à une nouvelle équipe de développement et, plus particulièrement Tetsuya Takahashi, que Xenosaga a vu le jour. Ce n'est qu'après avoir achevé le DLC Un Avenir Retrouvé de Xenoblade 3, et notamment pour ses scènes finales, que j'ai décidé de me replonger dans les origines de cette série qui continue de résonner dans le cœur des joueurs. Ainsi, nous allons, à présent, nous pencher sur le premier épisode d'une saga déjà épique.
Avant d'entrer au cœur du sujet, nous souhaitons exprimer notre gratitude envers Noug, qui a accompli un travail colossal sur la série. Ainsi, il nous propose une traduction française soignée pour une série qui peut sembler parfois ardue à saisir dans la langue de Shakespeare, étant donné la complexité des thèmes abordés.
La découverte du Zohar
Il est essentiel de noter que Xenosaga est une série qui prend son temps, s'étendant sur trois opus. Par conséquent, il est primordial de comprendre que ce premier épisode pose les bases et ne peut en aucun cas se suffire à lui-même. L'histoire débute avec la découverte du Zohar, un artefact datant des débuts de l'univers, par une expédition archéologique au Kenya. Par la suite, nous sommes transportés 4000 ans plus tard, à une époque où l'humanité a quitté la Terre. Toutefois, les hommes partirent coloniser la galaxie à la recherche de leur planète originelle, aujourd'hui surnommée la "Jérusalem Perdue". De mystérieux ennemis, les Gnosis, commencent à attaquer les humains. Ces créatures sont apparues suite aux travaux d'un scientifique de renom, Joachim Mizrahi.

Vous incarnez Shion Uzuki, une scientifique appartenant à la compagnie Vector. Sa mission consiste à créer un robot surpuissant capable de faire face à la menace des Gnosis : KOS-MOS. Alors que notre jeune héroïne effectue des phases de test à bord d'un vaisseau, celui-ci est attaqué par les Gnosis, attirés par une seule chose : le Zohar. L'histoire de Xenosaga I peut sembler assez cryptique, car elle est riche en informations. Il est nécessaire d'investir du temps et de la patience, car le jeu présente de nombreuses scènes cinématiques, mais pleine de sens. Vous aurez ainsi l'opportunité d'approfondir vos connaissances sur les Realians (humains synthétiques), les U.R.T.V (enfants créés comme armes biologiques organiques), le passé de la création de KOS-MOS, ainsi que les événements survenus à Miltia (où les Gnosis ont fait leur première apparition) et bien d'autres aspects. Chaque information est habilement délivrée, formant un tout cohérent qui stimule le désir d'avancer dans le scénario.
Il est également important de noter que la série Xenosaga met en scène six personnages principaux captivants, chacun avec sa propre histoire minutieusement élaborée. Pour les connaisseurs de la série, Tetsuya Takahashi a toujours veillé à créer des personnages intrigants, suscitant une réflexion approfondie sur la nature humaine. Parmi eux, Albedo se distingue, en tant qu'antagoniste majeur, animé par une soif de pouvoir et de connaissance, le plaçant, à mes yeux, parmi les méchants les plus sociopathes de l'histoire du jeu vidéo.

Comme l'indique son titre assez philosophique "Der Wille zur Macht", Xenosaga interroge et est profondément imprégné de symboles. À un certain moment du jeu, vous découvrirez que les treize Zohar portent les noms des apôtres, parmi lesquels figure celui associé à "l'enfant de Marie". Chaque concept élaboré par le studio Monolith Soft mérite d'être exploré et compris, car tous possèdent une signification. En effet, Xenosaga Episode I ne sert juste que d'introduction à cette remarquable trilogie, et pourtant son récit nous transporte, malgré la relative brièveté du temps réellement passé en jeu.
Une réalisation entre chaud et froid
Techniquement, le jeu n'est pas le plus impressionnant de notre chère petite PlayStation 2. Il demeure en deçà de ce que nous avions pu observer avec Final Fantasy X, mais comme on le dit souvent, les graphismes ne sont pas l'unique critère. De prime abord, le jeu présente une atmosphère plutôt austère, avec des couleurs assez fades dans chaque environnement que vous découvrirez progressivement au cours de votre aventure. Cependant, selon moi, cet aspect ne constitue pas un défaut majeur, car l'histoire de Xenosaga n'est pas destinée à être essentiellement comique.
Personnellement, j'ai trouvé chaque personnage visuellement plaisant. Shion et KOS-MOS sont mes préférées pour leur conception esthétique et leur complexité psychologique. Les séquences cinématiques, quant à elles, sont impressionnantes pour l'époque. Les A.G.W.S, vos robots, sont, par contre, de moins bonnes réussites.

Cependant, on peut percevoir une discordance entre les séquences animées et les phases d'exploration. En effet, une certaine raideur se manifeste lorsque le personnage se déplace. Néanmoins, durant les affrontements, les animations se révèlent être plutôt bien exécutées, certaines étant enrichies de cinématiques.
Lorsque nous abordons la réalisation, il ne faut pas négliger la musique, et à ce niveau, le travail accompli par Yasunori Mitsuda est exemplaire. Les thèmes qui accompagnent chaque moment du jeu sont judicieusement choisis, et l'on se surprend à réécouter certains morceaux simplement pour le plaisir d'entendre l'orchestre philharmonique de Londres, avec lequel Mitsuda a eu l'occasion de collaborer.

En somme, même si ce Xenosaga ne se démarque pas par sa splendeur, je n'ai ressenti aucune ombre au tableau, excepté peut-être pour le manque d'éclat du monde qui nous accueille. Cependant, cela confère au jeu une certaine mélancolie qui, à mon sens, enrichit l'expérience globale.
Un Gameplay simple, mais efficace
Le gameplay du jeu est plutôt classique dans l'ensemble. Il ne faut pas s'attendre à une expérience extrêmement complexe en termes de tour par tour. Pour ceux qui ont joué à Xenogears, vous avez la possibilité d'attaquer avec trois touches : carré, triangle et rond. Au début d'un combat, votre jauge d'action vous offre la possibilité d'effectuer deux attaques consécutives, par exemple : carré, triangle. Votre personnage a la possibilité d'effectuer jusqu'à trois attaques en se défendant ou en attaquant une seule fois, ce qui augmente sa jauge d'action et permet d'effectuer des attaques beaucoup plus puissantes comme l'attaque "Angel Wings" avec chaos. Outre ce point, il est important de surveiller votre jauge de bonus qui augmente au fur et à mesure de vos actions. Dès qu'elle atteint le niveau un, vous pouvez prendre un tour d'avance en consommant votre point. Ainsi, vous bénéficierez de certains avantages tels qu'un bonus en critique ou en éther.
Il est également essentiel de comprendre que chaque type d'attaque a un effet différent sur l'ennemi. Par exemple, les attaques basées sur l'éther de Shion (triangle) infligeront beaucoup plus de dégâts aux Gnosis qu'une attaque au pied (carré). Vous avez également la possibilité de lancer des sorts et d'utiliser des objets, comme dans tout bon jeu de rôle qui se respecte. L'utilisation des A.G.W.S est plutôt anecdotique. Les combats se déroulent toujours au tour par tour, à la différence, que l'on peut n'effectuer qu'une attaque par tour; et certains personnages, tels que KOS-MOS, n'ont pas accès à ces robots géants.

À la fin de chaque combat, vous gagnerez de l'expérience, des points de compétence (Tech Points), des points d'éthers (Ether Points) et des points de compétences spéciales (Skill Points). Tous ces points gagnés vous permettent d’acquérir de nouvelles capacités. De plus, à chaque nouvelle magie acquise, vous avez la possibilité de l'apprendre à un autre personnage de votre équipe. En ce qui concerne les Tech Points, ils vous permettent d'augmenter la puissance de vos attaques ainsi que certaines de vos caractéristiques. Les Skill Points, quant à eux, servent principalement à extraire des caractéristiques spécifiques des objets, comme une réduction des dégâts causés par le poison.
En résumé, bien que le jeu reste relativement classique, toutes les mécaniques fonctionnent très bien. Une fois que vous investissez du temps pour faire évoluer vos personnages et comprendre le système de combat dans son ensemble, vous serez totalement absorbé par le jeu ! En ce qui concerne les éléments annexes, comme tout bon RPG des années 2000, il vous faudra chercher. Certaines quêtes sont cachées, comme des boss secrets assez retors. L'une des quêtes annexes les plus simples est celle des fragments. Ceux-ci qui vous permettront d'ouvrir des portes donnant accès à des objets liés à d'autres quêtes, ainsi que de meilleurs équipements.

En somme, Xenosaga propose un gameplay plutôt simple, mais efficace. En ce qui concerne la difficulté, il est tout de même nécessaire de bien se préparer, car certains combats sont assez ardus.
Plus qu'une découverte, une introduction magistrale
Tout test a une conclusion, et à mes yeux, Xenosaga est un incontournable à expérimenter. Surtout, en plus de d'être une introduction à la Saga, sa profondeur, nous donne envie d'en explorer sa suite. L'univers est complexe, riche et soulève de nombreuses questions. Pour ceux qui n'ont découvert le travail de Tetsuya Takahashi que par le biais de Xenoblade, il est indiscutablement recommandé de tenter l'aventure, même si celle-ci peut parfois sembler ardue pour la nouvelle génération.
À la fin de mon périple au sein de ce premier épisode, je n'ai éprouvé qu'un seul désir : découvrir la qualité de sa suite. Soyons francs, nous sommes conscients que le deuxième épisode n'est pas le meilleur, mais ne serait-ce que pour l'intrigue, le jeu en vaut la peine. Que vous soyez amateurs de space opera ou de J-RPG denses et profonds ou de personnages charismatiques, cette série est faite pour vous.
Je conclus en exprimant une fois de plus ma sincère gratitude envers la personne ayant assuré la traduction française de cette œuvre magistrale. Nous nous retrouverons prochainement pour mon avis sur Xenosaga II : Also Sprach Zarathustra.
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Xenosaga Episode I: Der Wille zur Macht
- Date de sortie (Japon) : 28/02/2002
- Date de sortie (Europe) : 25/02/2003
- Développeur : Monoith Soft
- Éditeur : Bandai Namco
- Genres : Tour par tour
- L'histoire
- Son Gameplay simple, mais efficace
- Sa bande-son
- Albedo !
- Les A.G.W.S peu utiles
- Un peu trop dirigiste




