Monochrome Mobius: Rights and Wrongs Forgotten, un JRPG développé par Aquaplus, arrive sur consoles sous peu. La version PC, déjà disponible depuis l’année dernière, a bénéficié de pas mal d’améliorations. Même si le soft n’est pas exempt de défauts, un charme surprenant colore cette dernière production du studio, papa d’Utawarerumono. Qu’en ai-je pensé, derrière ses accablants soucis de finitions, je vous en laisse lire mes impressions.
Une quête fraternelle vers un monde interdit
Monochrome Mobius : Rights and Wrongs Forgotten prend place avant les événements d’Utawarerumono : Mask of Deception. Dans la province d’Ennakamuy, qui borde l’Empire de Yamato, l’histoire suit Oshtor, qui réside avec sa mère et sa jeune sœur. Lors d’une enquête confiée par son seigneur, Oshtor fait la rencontre d’une mystérieuse jeune fille répondant au nom de Shunya, laquelle lui révèle que son père, présumé décédé, est en réalité toujours en vie. Sous le choc de cette révélation, mais percevant en Shunya une trace de son père ainsi que sa détermination à découvrir la vérité, Oshtor décide de partir avec elle. Tous deux se lancent dans un périple vers un pays qui n’apparaît sur aucune carte, le royaume interdit, Arva Shulan. C’est ainsi que débute leur quête.

Monochrome Mobius nous conte cette incroyable relation fraternelle qui se construit à travers l’inconnu et la résilience. Toutes sortes d’émotions sont abordées dans le récit. La peur d’être faible, l’amour naissant entre un frère et une sœur qui ne se connaissent pas, le sentiment de vengeance, la camaraderie et le questionnement sur le sens du monde dans lequel on vit… Toutes ces caractéristiques se lient à travers une épopée médiévale fantastique accompagnée de science-fiction. Ce même monde dont certains détiennent des vérités, mais omettent ces informations dans le but de protéger la population. Entre mystères et fantasmagories, le rythme ne s’essouffle jamais, nous laissant apprécier ce genre de récit dont Aquaplus a le secret.

Il est rare de voir une telle qualité d’écriture dans les JRPG actuels. Monochrome Mobius parvient habilement à nous faire ressentir de belles émotions. Que ce soit à travers la découverte progressive de secrets ou dans l’écriture de ses personnages, il n’y a pas une seconde durant laquelle vous vous questionnerez sur le non-sens d’une réaction ou d’un dénouement. Les dialogues sonnent justes et les personnages proposent une palette d’émotions palpables à travers leurs animations. La seule ombre à déplorer réside dans la synchronisation labiale qui manque cruellement de finition. Je tiens tout de même à souligner le fait qu’une bonne maîtrise de l’anglais est requise pour la compréhension des tenants et aboutissants du scénario. Quoi qu’il en soit, si Monochrome Mobius devait avoir une qualité prédominante, elle résiderait dans sa capacité à nous conter sa formidable aventure.
Une expérience JRPG rappelant les bases du genre
En avant pour l’exploration de Yamato
Monochrome Mobius présente des environnements dotés d’une configuration distincte. À la manière des JRPG de l’ère PS3, les variations de terrain en termes de hauteur ne sont pas franchissables. Le saut est rarement utile. Pour faciliter l’exploration, une carte sera disponible, couvrant uniquement les zones explorées. Aucune carte du monde n’est proposée, à l’exception de celle de la représentation sommaire du continent utilisée pour les déplacements rapides. En explorant les zones, vous découvrirez des coffres et des objets dispersés ici et là. Soyez attentifs, car repérer ces éléments peut s’avérer particulièrement difficile. Dans l’ensemble, l’exploration des zones suit un schéma très traditionnel.

La carte se révèle progressivement à mesure que vous avancez. Des points de repos sous forme de feux de camp sont présents, ainsi que des sanctuaires qui offrent des options de déplacement rapide ou de sauvegarde (bien que la sauvegarde soit possible n’importe où). Il peut parfois être difficile de trouver son chemin en raison de la configuration sinueuse du terrain. Ce détail plaira aux fans des donjons de Tales of Zestiria (ou peut-être pas). Plus tard dans le jeu, vous débloquerez une monture terrestre. Si celle-ci permet de vous déplacer plus rapidement, il vous sera impossible de sauter, ainsi qu’un autre défaut que nous aborderons plus tard dans ce test.

Une progression assez classique
La progression s’effectue à travers la montée de niveau. Les compétences sont automatiquement acquises aux paliers prédéfinis par le jeu. De plus, à chaque fois que vous atteignez un niveau supérieur, un certain nombre de Points Bonus vous est octroyé. Ces points peuvent être investis dans les statistiques de vos personnages. Cependant, il existe des objets plutôt rares qui permettent d’augmenter votre total de Points Bonus. Dans certaines situations, de nouvelles compétences seront introduites par le scénario et seront acquises par certains de vos personnages.

L’ensemble du processus de progression nécessitera que vous repreniez des combats. Le jeu n’est pas excessivement difficile, mais négliger les ennemis vous conduira à l’échec. Pour atténuer la répétition inhérente aux combats réitérés, il sera possible de terrasser facilement des ennemis en ayant un certain écart de niveaux avec eux, et ce, directement sur le terrain. Cela vous permettra de gagner de l’expérience, des objets et de l’argent tout en éliminant l’aspect redondant. À l’instar des Dragon Quest originaux, votre équipement sera de plus en plus efficace grâce aux différents achats que vous ferez en visitant de nouvelles villes.
Tour par tour dynamique et mécaniques intéressantes
Le système de combat de Monochrome Mobius est vraiment intéressant. Bien qu’il soit au tour par tour, il introduit une mécanique unique. Une jauge appelée Overkill se remplit lorsque vous attaquez ou êtes attaqués. Quand elle est pleine, vous pouvez utiliser une action spéciale appelée Ascend pour déplacer un ennemi sur les cercles de tours affichés en haut à gauche de l’écran. Être près du centre des cercles accélère vos actions, tandis que l’éloignement les ralentit. Cela ajoute une stratégie supplémentaire aux combats, en vous incitant à utiliser Ascend judicieusement et à positionner vos personnages de manière optimale sur les cercles pour agir plus rapidement.

Les approches de combat des personnages varient d’un individu à l’autre. Alors qu’Oshtor suit une méthode très classique avec des attaques normales et la sélection de compétences, Shunya peut sacrifier un tour pour recharger son cristal et utiliser des compétences plus puissantes. Au fur et à mesure de la progression dans le jeu, d’autres éléments de gameplay spécifiques sont introduits, comme l’utilisation du personnage Halu. Celui-ci répond également à l’accumulation d’une jauge pour prendre l’initiative et se retrouver seul face aux ennemis. Dans l’ensemble, je suis très satisfait du gameplay en combat en raison de la diversité des mécaniques propres à chaque personnage.

Les affinités élémentaires sont présentes, même si elles ne sont pas clairement indiquées. Vous devez surveiller attentivement vos ennemis et essayer de repérer leurs faiblesses en tâtonnant ou en observant leur apparence. Ce que j’apprécie le plus dans mon expérience en combat, c’est l’équilibre offert par le jeu. La faune semble authentique, non pas seulement visuellement, mais aussi dans sa gamme de puissance. Rien ne vous renseigne sur les caractéristiques d’un ennemi lors de la première rencontre. Après un combat, un résumé est ajouté à votre bestiaire, vous indiquant son niveau et ses particularités. Découvrir les monstres est donc essentiel si vous voulez éviter de vous retrouver trop souvent en difficulté.
Venons-en aux choses qui fâchent
Bien que le gameplay soit de qualité et que l’histoire soit tout aussi solide, voire davantage, je dois avouer que la réalisation graphique du jeu est ma plus grande source de déception. Si certaines textures sont remarquables, d’autres en revanche demeurent assez moyennes. Par exemple, les PNJ des villes arborent une modélisation des plus décevantes, créant ainsi un contraste que je qualifierais de catastrophique. Heureusement, les décors sont de qualité sans être excessivement extravagants et le bestiaire m’a globalement convaincu. Néanmoins, la végétation est de loin ce qu’il y a de plus réussi. Aucun problème d’aliasing, de ralentissements ou de popping intempestif à signaler, même si certains éléments éloignés clignotent de temps à autre. Je vous rassure, même si le soft pêche visuellement, rien ne vient réellement entacher l’expérience, mais ces soucis méritent, tout de même, d’être abordés.

Une douce mélodie ? Pas toujours…
En règle générale, les mélodies et la musique produites pour Monochrome Mobius restent très agréables. Elles parviennent à faire surgir des émotions et des sentiments lors des scènes dramatiques. Cependant, leur qualité semble moindre lors des combats. Ces dernières sont plutôt quelconques. Les chants sont extrêmement beaux et nous transportent des centaines d’années en arrière dans un Japon médiéval des plus sophistiqués.
Une grande aventure visuellement dépassée
En guise de conclusion, je n’ai pas peur d’affirmer qu’Aquaplus m’a surpris par ce revirement de genre. Nous les connaissons pour leurs romans visuels de grande qualité, accompagnés d’un système de combat tactique sur cases tout aussi remarquable. Ce pari de la société à l’origine de la licence Utawarerumono me semble en partie réussi. Bien sûr, il y a des éléments décevants, comme la modélisation des personnages qui manque de finesse ou l’aspect quelque peu dépassé de l’exploration, mais l’émotion est présente. L’histoire, les personnages, les péripéties et le message que le jeu tente de nous transmettre sont emplis de bonnes intentions et écrits d’une main de maître. Si je devais vous donner un conseil avant de vous lancer dans cette aventure, c’est d’y aller tout simplement, car rares sont les JRPG d’aujourd’hui à proposer une narration d’une telle qualité.
Monochrome Mobius: Rights and Wrongs Forgotten sortira sur PS4 et PS5 le 8 septembre 2023. La version PC est déjà disponible sur Steam.
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Monochrome Mobius: Rights and Wrongs Forgotten
- Date de sortie (Europe) : 08/09/2023
- Développeur : Aquaplus
- Éditeur : Nis America
- Genres : Tour par tour
- Consoles : Ps4, Ps5, PC
- Le scénario
- L'écriture des personnages
- Le système de combat
- L'appel à l'ingéniosité du joueur
- La durée de vie (50h+)
- La technique
- L’archaïsme de l'exploration

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