Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains – Êtes-vous prêts à affronter Satan ?
Ce mois-ci, nous avons eu l’immense honneur de mettre nos mains sur Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains. Jeu développé par Softsar et DOMO Production et édité par Eastasiasoft et Gamera Games, nous allons voir ici comment cette aventure philosophique et religieuse va nous emmener aux quatre coins du monde. La fraternité rencontre l’Histoire et la culture sera toujours plus conquérante qu’une simple épée.
Avant-propos par Naturel, joueur et rédacteur du test
Avant de plonger dans l’immensité de cette histoire qu’est Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains, je tiens à préciser certains faits. Ce titre aborde une thématique importante : la religion et les guerres qu’elles conduisirent dans l’Histoire. À travers mes mots, je ne prends parti d’aucune religion, je ne suis pas le porte-parole de l’une d’entre elles. Ce jeu relate l’Histoire, d’une manière assez réaliste et j’utiliserai des mots tels qu’ils sont utilisés, sans ambages. Mon avis est basé sur mon expérience vidéoludique et rien d’autre. Au même titre que la sexualité ou la politique, la religion demeure un trait personnel qui appartient à chacun d’entre nous.
Des histoires dans l’Histoire ! La religion a du bon, mais Satan est prégnant !
Depuis les confins de l’Histoire de l’Homme, l’être humain a toujours voulu croire en quelque chose. Bon ou mauvais, chaque croyance possède ces deux côtés précisément. Ici, nous partons dans ce que nous appellerons une chasse aux sorcières. À travers la carte du monde, en partant de Venise, vous jouerez le rôle de Septem. C’est un guerrier athée en quête de culture, à la recherche d’un artefact censé amener la paix. De Venise à Chang’an, vous visiterez les plus grandes villes historiques de l’époque.
Chaque grande ville est sous le joug d’une guerre religieuse et Septem sera amené à y conduire la paix. C’est pour cela qu’il part à la recherche des « Invicible Arts of War« , ce recueil qui prône la paix en éliminant quiconque veut du mal à autrui. Tour à tour, vous visiterez les cultures à travers une plongée religieuse, philosophique et culturelle. Pavé de références tout du long, vous rencontrerez de nombreux personnages, créatures, Dieux qui vous aideront à comprendre qui Septem est réellement.

Entre comparses amoureuses et ennemis roublards, Septem trouvera-t-il sa propre voie ? Que ce soit Dieu, Allah ou Bouddha, ces dieux seront tous représentés et chaque civilisation de l’époque mènera sa guerre contre les hérétiques. Derrière ces batailles organisées, une machination machiavélique se met en place doucement sous les traits d’un Satan manipulateur. Qui est qui ? Vous le découvrirez dans cette histoire.
« Cette aventure est rondement menée et je dois avouer que tenir une telle histoire en ces temps pourrait être mal perçu. Les développeurs et éditeurs sont culottés de nous porter une telle narration et de tels propos dans ce monde actuel. Cela remet toujours en lumière que la culture, qu’elle quelle soit, doit être préservée à tout prix. L’histoire de Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains tient en haleine jusqu’au dernier boss, même si cela est prévisible. La réalité des faits, les patriotes, les montées extrémistes, les corps jonchant les sols, l’Histoire se renouvelle et se comprend un peu mieux grâce à ce jeu. Entre folklore et croyance, il y a un infime espace dans lequel s’engouffrent les scénaristes de ce titre. »
Septem ! N’entends-tu pas la technique t’appeler au secours ?
La narration et le gameplay tiennent la dragée haute à une technique en deçà de ce que peuvent réaliser les studios Softstar. En effet, malheureusement, ce sera le point le plus négatif de ce test de Xuan-Yuan Sword: Mists Beyons the Mountains. La technique de cette édition Switch est particulièrement aux abois. Les illustrations sont belles, même si elles sont datées. Les décors, les villes, les personnages, tout est bien représenté et reconnaissable. Aucun progrès n’a été réalisé sur les cinématiques. Vous aurez besoin des lunettes de Scott Summers pour vous protéger tant ça pique les yeux.
Malheureusement, le jeu a planté très fréquemment, en moyenne cinq fois par heure sur Nintendo Switch. J’ai supprimé tous les logiciels de la console pensant que ça pouvait venir de là. Le jeu s’est fermé pendant le combat final, puis pendant le générique, m’obligeant ainsi à reprendre des lignes de dialogues (qu’on ne peut pas passer) et ce très souvent ! Trop souvent.
J’ai beaucoup apprécié les illustrations du bestiaire et de l’inventaire en général, mais encore plus les différentes émotions dessinées dans les bulles de discussion. Ascenseur émotionnel, l’Histoire est pavée de morts et ici, ce sera pareil. Cependant, les développeurs ont cru bon d’utiliser une couleur de police pour les mots importants. Les mots en rouge sur fond rouge sont illisibles, les mots en gris sur les décors, itou. Le rendu est correct, mais trop de phrases passent à l’as, et donc à l’incompréhension. Pour couronner le tout, certaines boites de dialogues possèdent des espaces en trop entre les mots et certains mots sont mal orthographiés. L’histoire est donc parfois délicate à lire, mais heureusement Septem et ses amis nous feront passer de bons moments.
Le point le plus intéressant dans la direction artistique est la musique. De Venise aux Enfers, chaque donjon, chaque combat de boss, chaque ville possède sa propre boucle musicale. Sans pour autant fredonner, la musique se renouvelle sans cesse au milieu de tout ce bouillon de culture. C’est très plaisant pour les oreilles tant qu’on oublie les bruitages un peu kitsch. Les déplacements de Septem rappellent une dactylo tapant frénétiquement à la machine à écrire, alors que l’utilisation d’un arc fait plus penser à un fouet… Un peu de renouveau eût été bien à ce niveau là.

En somme, pour un jeu datant de 1999, une mise à jour des cinématiques et des bruitages eurent été de bon aloi. Graphiquement, nous sommes assez proches du pixel-art, mais j’ai bien senti que le jeu était daté.
Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains sauvé par Septem, mais aussi par son gameplay !
Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains se veut très complet. Septem possède le curieux pouvoir de capturer ses ennemis. Dans des combats au tour par tour, vous affronterez des ennemis bestiaux, humains, mais aussi des entités folkloriques. Le dernier représentant étant Satan en personne. Avec son « Fusion Pot« , la capture de vos ennemis vous permettra plusieurs possibilités. Les monstres capturés pourront être équipés dans votre inventaire, invoqués en combat ou même fusionnés !
Votre héros, rejoint par trois autres personnages au cours de votre périple, s’équipera de 11 pièces d’équipement, dont deux monstres capturés. Certaines captures faisant même partie de quêtes secondaires. Le bestiaire est varié et des affinités élémentaires sont au rendez-vous, de manière implicite. Vous comprendrez alors qu’un ennemi aquatique sera sensible à la foudre et que vous devrez directement faire appel à une certaine logique. Il est important de noter qu’aucun didacticiel n’apparaît dans le jeu, rendant la prise en main assez délicate. Notamment pour la fusion.

La fusion parlons-en justement. Celle-ci est intéressante et vous autorise à mixer deux objets ensemble, rien de plus, rien de moins. Que ce soient les créatures capturées, une herbe curative et encore un équipement, tout se mixe pour obtenir un autre objet plus ou moins rare. Cependant, la limite s’atteint quand vous vous rendez compte que cela n’a pas d’impact sur vos équipements. En effet, une épée fusionnée avec un objet donnant une altération d’état NE DONNERA PAS une épée infligeant un statut négatif. Surtout que certains objets seront inaccessibles tant qu’ils n’auront pas été découverts dans le jeu.
Votre groupe se compose, à la fin du jeu, de quatre combattants. Chaque personnage évolue au gré des points d’expérience obtenus dans vos victoires. Le leveling est là aussi très classique avec un plafond limité au niveau 60, et des augmentations statistiques à chaque niveau gagné. Vos guerriers possèdent une jauge de vie, de magie, de vitalité et ultime. Si les deux premières parlent pour elles, la jauge de vitalité vous permet d’utiliser des compétences liées à des équipements. La jauge ultime se remplit à chaque coup porté et reçu et, une fois pleine, vous avez accès à une liste de capacités ultimes inhérentes au personnage. Celles-ci se gagnent avec la croissance ou en accomplissant certaines quêtes secondaires.
En revenant un peu sur les équipements, il y a des accessoires (deux à équiper) vous octroyant des compétences. Il y en a quelques-uns et chacun représente une compétence en combat (voler, combo, et d’autres) et possède une croissance (growth en anglais). Quand elle est complétée, on ne sait pas ce qu’il se passe. Cela manque clairement d’explications, car si vous retirez cet accessoire, vous n’avez plus accès à cette compétence. Vous devez donc vous en équiper et les garder pour utiliser certaines aptitudes. Le combo est sans conteste le plus intéressant, vous autorisant à taper deux fois l’ennemi.

Les armes sont également pourvues d’une capacité de maîtrise. Une fois arrivée à 100%, ladite arme tapera donc plus fort selon un pourcentage défini.
Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Moutains possède donc un gameplay complet, avec de belles possibilités. La fusion aurait pu être actualisée avec des caractéristiques utilisées de nos jours. Le bestiaire est parfait et cohérent avec les pays visités. Des singes et des lions en Afrique, quand vous rencontrerez des tigres en Indonésie, et au milieu de cela des créatures folkloriques et magiques qui dépeignent la culture asiatique. De nombreux équipements à posséder, parfois uniques, la capture, les quêtes secondaires font de ce jeu, une belle porte vers le remaster.
L’Enfer est pavé de bonnes intentions
Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Moutains est un excellent jeu. Sa narration est poétique, son portage actuel sur la console de Nintendo est bien pensé, mais avec le sujet abordé, il peut être détonnant actuellement. De plus, faire un portage et faire connaitre un jeu 24 ans après sa sortie, c’est un beau pari, mais s’il y a des gommes au bout des crayons, c’est pour effacer les erreurs. Ici, rien ne semble avoir été amélioré. Les cinématiques sont vraiment affreuses, revenant vraiment à une période qui fait mal aux yeux. C’est dommage, un portage pour un simple portage, le titre mériterait une véritable actualisation tant son potentiel est immense.

Toutefois et pour finir, sachez que Septem, à travers vos actions, est porteur d‘un message de paix. Provenant du Royaume des Francs et avec les études des diverses cultures rencontrées, il sera à lui seul le liant entre des continents guerroyant. Un vrai message d’amour entre les peuples est porté par ce titre, et il serait temps d’envisager le meilleur pour les temps à venir. Une invitation à la découverte de l’Histoire, à travers ses guerres religieuses et pendant ces actes de barbarie, il n’y a que des perdants. La vie et la culture sont les vraies gagnantes.
Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains sortira le 8 décembre 2023 sur Nintendo Switch. Le jeu est disponible sur PC via Steam.
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Xuan-Yuan Sword: Mists Beyond the Mountains
- Date de sortie (Japon) : 25/07/2023
- Date de sortie (Europe) : 08/12/2023
- Développeur : Sofstar
- Éditeur : Gamera Games, East AsiaSoft
- Genres : Tour par tour
- Consoles : Switch, PC
- Scénario 95%
- Technique 72%
- Gameplay 67%
- Plaisir 53%
- Une histoire réaliste
- Le sujet abordé
- Les combats
- La fusion et la capture
- Les musiques
- Les plantages rébarbatifs et intempestifs
- La linéarité des donjons
- La facilité
- Les cinématiques

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