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Test de Trails in The Sky 1st Chapter — Un JRPG très correct !

On y est enfin. Vingt ans après sa sortie originale, Trails in the Sky First Chapter revient en 2025 dans un remake qui n’a rien d’anodin. Pour beaucoup, c’est la porte d’entrée vers l’univers tentaculaire de la saga Kiseki, mais aussi une histoire à part entière qui a marqué toute une génération de joueurs. Voir Estelle et Joshua reprendre vie avec de nouveaux visuels, un doublage complet et, surtout, une localisation française attendue depuis des années, ça donne presque l’impression de redécouvrir un vieux souvenir qu’on croyait oublié — en tout cas pas pour les fans. En réalité, c’est une occasion de retomber dans un monde riche et verbeux, où intrigue politique danse avec le passage à l'âge adulte. Et franchement, ça fait quelque chose de retrouver Liberl dans ces conditions.

Un grand merci à Gungho pour nous avoir fourni le code du jeu. Nous l'avons testé sur Asus Rog Ally en portable et sur TV.

Bienvenue dans Trails in the Sky 1st Chapter

Estelle Bright grandit dans le royaume paisible de Liberl, aux côtés de Joshua, son frère d’adoption, sous l’œil attentif de leur père Cassius. Elle rêve de marcher sur ses traces et de devenir Égide, protectrice de ceux qui n’ont pas la force de se défendre. Mais tout bascule lorsque Cassius part en mission… et que l’aéronef Linde, censé le ramener, disparaît sans laisser de trace.

Refusant de rester dans l’attente, Estelle et Joshua s’élancent sur les routes avec Scherazard, leur mentor. De Rolent jusqu’à Bose, ils s’enfoncent dans une enquête où les réponses semblent étouffées par les autorités, plus soucieuses de leur réputation que du sort des disparus. Derrière l’accident se dessine une affaire bien plus grave, faite de mensonges et de rivalités au sein de l’armée royale.

Trails in the Sky 1st Chapter

Au fil de leurs rencontres – chercheurs, journalistes, membres de la Guilde des Égides – Estelle comprend que devenir Égide ne se résume pas à manier une arme ou à se battre avec courage. C’est aussi porter la vérité, assumer le poids des choix et accepter les sacrifices qu’ils entraînent. Sa recherche de Cassius devient peu à peu une quête plus intime : savoir qui elle veut être, ce qu’elle est prête à défendre et jusqu’où elle ira quand la vérité viendra tout bouleverser.

Joshua et son harmonica, vous entendez la musique ?

Ce qui frappe dans Trails in the Sky First Chapter, c’est la manière dont l’histoire prend son temps pour installer ses personnages. On n’est pas propulsé dans une grande guerre ou une apocalypse, mais dans le quotidien d’Estelle et Joshua, deux jeunes qui découvrent ce que signifie devenir Égide. Le ton oscille entre la légèreté des débuts, avec leurs petites chamailleries et leur complicité maladroite, et la gravité qui s’installe peu à peu avec la disparition du Linde. On sent déjà le contraste entre Estelle, solaire, impulsive, qui agit avant de réfléchir, et Joshua, plus réservé, presque trop réfléchi, comme s’il portait un secret en permanence. Cette dynamique donne un rythme particulier : on s’attache aux personnages non pas parce qu’ils sont « héroïques », mais parce qu’ils sonnent justes, humains, avec leurs doutes et leurs élans sincères. L’histoire, elle, avance doucement mais sûrement, et ce choix narratif donne au ton une authenticité qui fait la force du jeu.

« Falcom, dès les débuts de la série Trails, a misé très fortement sur le scénario, les personnages et le lore, ce qui suggère que, face à des limites techniques ou budgétaires, l’histoire est devenue leur force. »

Il faut reconnaître que Trails in the Sky peut fatiguer par son côté verbeux. Les dialogues s’étirent, les descriptions abondent, et certains joueurs risquent de décrocher avant que l’action prenne vraiment. Pourtant, cette lenteur permet de croiser régulièrement de nouveaux personnages au fil des chapitres. Certains ne font que passer, d’autres deviennent des alliés précieux qui rejoignent le groupe et participent aux combats. On a alors le sentiment que l’univers s’élargit progressivement, en même temps que les relations se tissent autour d’Estelle et Joshua. Au final, cette limitation budgétaire de l’époque, face à des productions techniquement plus abouties, a donné à Trails in the Sky 1st Chapter le cachet qu’il a aujourd’hui.

Un système de combat complet, un sensation manette en main grisante !

La progression reste assez simple dans son principe : on avance sur la carte du royaume au fil de la quête principale, tout en croisant des missions secondaires confiées par la Guilde des Égides. Certaines peuvent être bouclées à votre rythme, d’autres disparaissent si vous tardez trop, ce qui pousse à rester attentif à l’agenda. L’intérêt de ces requêtes est double : elles enrichissent la découverte du monde et elles permettent de faire grimper votre rang d’Égide, avec à la clé des récompenses toujours utiles. Le remake ajoute d’ailleurs un système d’objectifs en toile de fond — éliminer un certain nombre de monstres, réaliser des actions précises — qui offre des bonus supplémentaires.

Trails in the Sky 1st Chapter

Les affrontements, quant à eux, se séparent en deux groupes. La partie action donne l’impression d’avoir retiré la poussière d’un vieux mécanisme pour le rendre plus dynamique. Attaquer un ennemi sur la map avec une attaque bien placée permet de commencer le combat avec l’initiative, ce qui change tout dans un système où l’ordre des tours est si important. Réussir une esquive parfaite ou un coup chargé peut aussi étourdir l’adversaire, lui coller un malus, ou remplir des jauges qui serviront ensuite pour déclencher des techniques plus puissantes une fois en mode tactique.

Une fois dans ce dernier, l’ordre des actions est affiché clairement sur le côté de l’écran. Ceux qui ont une meilleure vitesse agissent plus souvent, et ça oblige à réfléchir à chaque décision : est-ce que je lance une attaque simple, un art puissant qui demande un temps d’activation, ou est-ce que je préfère garder ma position et encaisser pour jouer sur le rythme du tour suivant ? Tout est pensé pour que la moindre action ait une conséquence, même se défendre raccourcit le délai et peut retourner la situation.

Les Techs, qui consomment des PT et misent sur la puissance brute ou la position (attaquer de côté ou de dos peut faire la différence), et les Arts, qui exploitent les faiblesses élémentaires pour infliger de gros dégâts ou soutenir l’équipe. Ajoutez à ça la possibilité de se déplacer librement dans un cercle de combat, d’utiliser des objets avec des délais réduits, ou encore de voler les bonus placés sur la timeline, et on comprend vite que les batailles peuvent être extrêmement stratégiques. C’est un mélange de placement, de gestion des délais et d’anticipation, qui pousse à s’impliquer dans chaque affrontement, même contre un simple monstre de bas niveau.

Trails in the Sky 1st Chapter

Là où le système gagne encore en profondeur, c’est dans la quantité d’informations qu’il met à disposition. On peut consulter en plein combat toutes les stats de ses personnages, avec leurs forces, leurs faiblesses et même le temps exact de récupération après chaque action. Pareil pour les ennemis : analyser leurs détails révèle leur niveau, leur résistance élémentaire et leurs vulnérabilités aux altérations d’état.

Trails in the Sky 1st Chapter

À côté de ça, le jeu intègre des mécaniques plus spécifiques qui ajoutent du relief. Les compétences de soutien, par exemple, se déclenchent automatiquement sous certaines conditions et évoluent au fil des combats ou même lorsque vous cuisinez des plats. On retrouve aussi la possibilité de gérer des coups critiques qui garantissent un assaut spécial, ou encore de devoir protéger un allié fragile lors de combats d’escorte.

Le système de combat multiplie aussi les mécaniques avancées qui viennent rythmer les affrontements et les rendre moins prévisibles. Les boss, par exemple, peuvent entrer dans un état de gain de rage qui booste leurs stats et réduit drastiquement leurs délais d’action. Dans ces moments-là, il faut redoubler de prudence, sous peine de se faire balayer. À l’inverse, les joueurs disposent d’outils pour reprendre l’avantage : la jauge d’étourdissement permet de briser temporairement la garde d’un ennemi.

On retrouve aussi les fameuses Tech-S et leurs percées, sortes de coups spéciaux déclenchés en sacrifiant tous ses points de technique. Ces attaques peuvent renverser un combat, puisqu’elles ignorent l’ordre des tours et frappent immédiatement. Plus tard, le système s’étoffe encore avec le surrégime, qui confère immunités et bonus temporaires, ainsi qu’avec les assaillants intrépides, enchaînements qui se déclenchent quand on profite d’un ennemi étourdi. Ces assauts peuvent ensuite mener à des attaques en chaîne, voire à des unions combinant plusieurs personnages pour des frappes spectaculaires. Le remake pousse même l’idée jusqu’à l’union absolue, une version ultime qui met en avant la synergie entre Estelle et Joshua.

Les orbements et le système de quartz restent le cœur de la personnalisation dans Trails in the Sky 1st Chapter. Ces appareils, sortes de montres mécaniques alimentées par le septium, servent à canaliser l’énergie orbal pour lancer des arts, renforcer les stats ou débloquer des aptitudes uniques. Concrètement, on récupère des séphithes en battant des monstres, qu’on peut ensuite utiliser pour synthétiser des quartz. Chaque quartz correspond à un cristal élémentaire (feu, eau, air, temps, cosmos, illusion…) et détermine les arts disponibles ainsi que les bonus passifs du personnage qui l’équipe.

Trails in the Sky 1st Chapter

Ce qui rend le système intéressant, c’est la structure propre à chaque orbe : chaque ligne d’emplacements peut accueillir différents quartz, mais les valeurs élémentaires s’additionnent et débloquent des sorts spécifiques une fois certains seuils atteints. Le placement n’est donc pas anodin : un quartz bien positionné peut changer complètement la palette d’arts d’un personnage. Et pour aller plus loin, il faut investir des séphithes afin de débloquer de nouveaux emplacements, ce qui permet de multiplier les combinaisons. En plus des quartz que vous pouvez rendre plus performants, les armes et armures sont elles aussi améliorables moyennant matériaux et monnaie du jeu.

Le remake rend aussi la gestion plus confortable, avec des options d’équipement automatique et une interface qui détaille clairement les gains. Mais la richesse du système reste intacte : on jongle en permanence entre le choix d’améliorer ses orbements, la tentation de vendre ses séphithes pour gagner des miras, et le besoin de garder assez de ressources pour fabriquer les quartz indispensables. C’est cette logique d’arbitrage qui donne au système toute sa profondeur et qui pousse à expérimenter, chapitre après chapitre.

Le remake prend soin de remettre en avant un système de combat qui garde toute sa richesse, mais avec des explications beaucoup plus claires que dans le jeu original. Entre les attaques spéciales, les Tech-S qui consomment vos points de manière spectaculaire, le surrégime qui permet de renverser une situation tendue, ou encore les enchaînements comme l’Union et l’Union absolue, on sent que Falcom a voulu rendre chaque affrontement vivant. Ça peut paraître un peu dense au départ, surtout avec tous les menus qui détaillent les mécaniques, mais une fois en main ça devient vite naturel et même grisant de jouer avec les timings et les synergies. Surtout que les fonctionnalités se débloque au fur et à mesure, vous avez donc tout le loisir et le temps de les apprendre.

On ne peut que saluer la refonte !

Le remake de Trails in the Sky First Chapter donne vraiment l’impression de plonger dans un anime interactif. Les personnages bougent avec naturel, leurs visages expriment clairement leurs émotions et ça rend les dialogues beaucoup plus vivants qu’autrefois. On ne se contente plus de lire du texte : on a presque l’impression de suivre un épisode animé où l’on garde la manette en main.

Les décors, eux, ont gagné en profondeur et en fluidité, avec des routes, des villages et des intérieurs qui s’enchaînent presque sans aucune transition, comme si le monde de Liberl respirait en continu. Les couleurs sont éclatantes, les effets de lumière donnent une vraie chaleur aux scènes, et la mise en scène tire parti de ces améliorations pour renforcer l'impression d'être dans un monde totalement vivant. Résultat, on se sent embarqué dans une aventure qui a le charme d’une série animée mais la liberté d’un RPG, un mélange qui marche à merveille. Mention spéciale pour le bestiaire et pour le personnage de Shérazard qui sont de toute beauté.

Les musiques du remake font tout de suite leur effet. On retrouve les thèmes connus mais réarrangés, avec des sons plus clairs et des instruments qui donnent plus de relief, sans perdre le charme d’origine. Le jeu propose même plusieurs versions, ce qui permet de choisir entre l’OST classique et les nouvelles compositions selon l’envie du moment. Et puis il y a ces thèmes d’ambiance, dans les villages ou sur les routes, qui rendent le monde de Liberl encore plus chaleureux. On se surprend souvent à s’arrêter juste pour profiter de la musique. Et ça, c'est déjà pas mal.

Alors, on replonge dans les origines de Trails ?

Au final, ce remake de Trails in the Sky First Chapter réussit ce qu’on attendait sans trop oser l’espérer : redonner vie à une aventure culte sans trahir son identité. On retrouve la chaleur des personnages, l’écriture généreuse et un système de jeu toujours aussi solide, mais porté par des ajouts modernes qui rendent l’expérience beaucoup plus accessible. C’est à la fois un retour aux sources pour les fans et une vraie porte d’entrée pour ceux qui découvrent Liberl pour la première fois. On sent que Falcom a misé sur la sincérité plutôt que sur le tape-à-l’œil, et c’est peut-être ça qui fait le plus de bien. En quittant l’écran, on a surtout l’impression d’avoir partagé un moment avec Estelle, Joshua et les autres, comme si ce monde avait toujours attendu qu’on y revienne. Même si l’aventure reste plaisante et solide, je dois avouer qu’elle ne m’a pas paru aussi mémorable que ce que les fans assidus laissaient entendre dans leurs retours. C'est un excellent JRPG, oui, est-ce qu'il me restera en mémoire durant des années, il faudra sans doute que je fasse la trilogie au complet pour m'en assurer.

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9 Trails in The Sky 1st Chapter

  • Date de sortie (Japon) : 18/09/2025
  • Date de sortie (Europe) : 18/09/2025
  • Développeur : Nihon Falcom
  • Éditeur : Gungho Interactive
  • Genres : Tour par tour, Action
  • Consoles : PS5, Switch, PC
  • Scénario 85%
  • Technique 90%
  • Gameplay 100%
  • Plaisir 85%
  • Histoire riche et cohérente
  • Personnages attachants et humains
  • Système de combat profond
  • Direction artistique au poil
  • Musiques réarrangées réussies
  • Shérazard ❤️
  • Dialogues parfois trop longs
  • Progression assez linéaire, vieillissante
Kuro
Kuro

✅ Créateur du média

✅ Amateur de culture pop, JRPG et retrogaming

✅ À l'âge de 38 ans, mon JRPG préféré demeure Chrono Trigger !

💔 RIP Akira Toriyama, tu resteras à jamais dans nos coeurs...

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