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Test d'Octopath Traveler 0 — D'une obscène générosité

J’ai entamé Octopath Traveler 0 avec une curiosité teintée d’appréhension. Les premiers instants m’ont transporté dans le petit village paisible de Wishvale, au cœur d’une clairière, où mon héros sans nom vivait des jours heureux. Le jeu arbore d’emblée ce charme rétro du style HD-2D cher à la série : des décors en pixel art somptueusement éclairés, comme un diorama vivant, qui m’ont fait l’effet d’un retour à la maison. Pendant quelques minutes, j’ai simplement arpenté les ruelles pavées, émerveillé par le jeu d’ombres et de lumières sur les toits de chaume et la douceur du thème musical qui accompagnait les salutations des villageois. Pas de doute, l’atmosphère enchanteresse d’Octopath est toujours bien présente. Très vite pourtant, cette sérénité a volé rapidement en éclats. Square Enix, DokiDoki Groove Works et les artistes de la Team Asano ne nous ménagent pas : une tragédie survient dès le prologue, venant allumer l’étincelle d’une toute nouvelle quête...

Orsterra, bien plus riche qu'Octopath Traveler premier du nom

En l’espace d’une scène, Wishvale s’embrase sous mes yeux, attaqué sans pitié par des mercenaires en armure rouge sang. J’ai ressenti un choc sincère en voyant les flammes danser sur les sprites délicats, consumant l’auberge où mon personnage avait ses habitudes, réduisant en cendres les souvenirs fraîchement bâtis. Cette introduction, aussi brutale qu’efficace, m’a immédiatement investi d’une mission personnelle : reconstruire ce foyer perdu et venger les êtres chers tombés ce jour-là. En posant la manette à la fin du premier chapitre, le cœur serré et les poings crispés, j’étais déjà incarné dans mon rôle de voyageur en quête de justice. Octopath Traveler 0 venait de me happer, et j’étais prêt à parcourir Orsterra de long en large pour accomplir mon destin.

Octopath Traveler 0 est une odyssée de reconstruction et de rétribution. On y suit un protagoniste que l’on crée de toutes pièces — homme ou femme, apparence, voix, jusqu’à son plat favori – dont la vie bascule lorsque Wishvale, son village natal, est rasé par une attaque surprise. Aux commandes de ce héros muet dont on façonne l’identité, j’ai ressenti une implication particulière : c’était mon avatar, mon histoire. La tragédie fondatrice est orchestrée par trois individus corrompus et puissants, chacun guidé par une ambition sombre. Le jeu esquisse habilement ces antagonistes principaux : un seigneur de guerre brutal avide de puissance, une riche dignitaire manipulatrice prêt à tout pour la fortune, et un mystérieux artiste dévoyé en quête de gloire malsaine.

Octopath Traveler 0

Ces trois tyrans, aux personnalités aussi contrastées que leurs motivations, convoitent chacun l’un des anneaux divins disséminés à travers le monde. Ces artefacts légendaires, aux pouvoirs encore flous, attisent les convoitises et provoquent le chaos sur leur passage — Wishvale en a été la première victime innocente.

La trame prend rapidement des allures de quête de vengeance personnelle doublée d’une mission plus large de salut : j’ai juré de traquer ces trois figures du mal, de leur arracher les anneaux qu’ils détiennent et de mettre un terme à leurs exactions. Le récit s’organise ainsi autour de plusieurs arcs, chacun consacré à la confrontation avec l’un de ces antagonistes et à la libération d’une région d’Orsterra de son influence néfaste.

Malgré la gravité du propos, le jeu sait parsemer son scénario de moments de répit et d’humanité, notamment grâce aux nombreux compagnons qui rejoignent notre héros. Car si Octopath Traveler 0 ne propose qu’un seul fil narratif principal, il n’est pas pour autant avare en personnages. Bien au contraire, c’est une véritable chorale de voyageurs que l’on va croiser et recruter : plus de trente personnages peuvent intégrer l’équipe ou s’installer à Wishvale.

Parmi eux, certains sont directement impliqués dans l’intrigue — par exemple Stia, l’amie d’enfance du héros, rescapée elle aussi du massacre de Wishvale, dont la détermination farouche à protéger ce qui reste de leur foyer m’a autant touché que le mutisme stoïque de mon protagoniste.

D’autres compagnons se joignent en cours de route parce que nos objectifs s’alignent un temps, ou simplement par loyauté naissante. Chacun arrive avec son petit bout d’histoire, ses blessures et ses espoirs. Ces touches de récit additionnel donnent de la chair à ce vaste univers. On sent d’ailleurs que l’écriture a bénéficié d’un soin particulier, sans doute hérité du jeu mobile d’origine dont est tiré Octopath 0 : le passé de plusieurs personnages est exploré via des quêtes secondaires dédiées, et certaines relations entre compagnons se développent au fil de dialogues optionnels lors des haltes au campement ou à l’auberge. J’ai pris plaisir à découvrir ces échanges intimistes, souvent plein d’humour ou d’émotion, qui offrent un contrepoint chaleureux à la quête principale plus dramatique.

Le fait d’incarner un héros silencieux aurait pu rendre la narration froide, mais le jeu contourne intelligemment cet écueil. Votre avatar reste muet, certes, toutefois les réactions et paroles de vos alliés expriment ce que lui-même ne peut formuler. Ainsi, lorsque la colère ou le doute étreignent notre personnage, c’est Stia qui va lui rappeler sa promesse et raviver sa flamme, ou tel autre compagnon espiègle qui détendra l’atmosphère d’un trait d’esprit.

On se sent entouré d’amis qui portent avec nous le poids du passé. On avance, ensemble, pour rebâtir un foyer. L’objectif de reconstruction de Wishvale, présent en toile de fond tout du long, donne une saveur particulière à l’histoire. Chaque victoire contre un tyran n’est pas qu’un exploit héroïque de plus, c’est une pierre apportée à l’édifice de notre village renaissant, un pas vers des lendemains meilleurs pour nos survivants.

En termes de mise en scène, Octopath Traveler 0 mêle la sobriété des dialogues écrits et la grandiloquence de scènes plus théatrales que cinématographique ; cause à une direction artistique qui ne permet pas l'audace de cinématiques impressionnantes. Les révélations sur la nature des anneaux divins, sur les liens entre les tyrans, ou sur l’identité du mystérieux érudit qui nous aide, arrivent à point nommé pour relancer l’intrigue quand il faut. Quelques baisses de régime se font sentir vers le milieu de l’épopée, inévitables dans un récit aussi long (comptez près d’une centaine d’heures pour voir le bout de l’histoire principale).

Il m’est arrivé de trouver un chapitre un peu traînard, avec peut-être un donjon de trop avant d’atteindre le boss, ou un rebondissement un brin téléphoné. Mais dans l’ensemble, la qualité d’écriture m’a agréablement surpris, notamment pour un titre dérivé d’un jeu mobile — un format qu’on associe souvent à des scénarios plus légers ou décousus.

Ici, tout s’imbrique avec cohérence, et surtout avec un ton sincère qui m’a rappelé les JRPG de mon adolescence. On y parle de deuil et d’espoir, de responsabilité et de sacrifice, sans cynisme et surtout sans censure. Et lorsque vient l’heure du dénouement, après bien des combats, je me suis retrouvé, manette en main, à sourire doucement en contemplant ce que j’avais accompli pour Wishvale ou à pleurer sur le sort d'un antagoniste. L’histoire d’Octopath Traveler 0, sans révolutionner la fantasy, parvient à être touchante ; et l'écriture des chapitres n'en est pas pour rien non plus.

Des choses à faire, du contenu à revendre

Si le scénario m’a tenu en haleine tout du long, c’est bien par son gameplay riche et parfaitement huilé qu’Octopath Traveler 0 m’a arroché des dizaines d’heures durant. Le jeu réussit un équilibre audacieux en combinant l’exploration et les combats classiques d’un JRPG traditionnel avec une toute nouvelle composante de gestion et de construction de ville. Sur le papier, ce mélange peut surprendre, mais manette en main, l’alchimie opère.

Le jeu est découpé en chapitres. Contrairement aux deux premiers opus, les segments d’histoire ne sont plus centrés sur les héros, mais sur les antagonistes. Et c’est sans doute ce qui rend cet épisode aussi prenant. Chaque personnage se retrouve ainsi investi de la même mission que la protagoniste. C’était l’un des reproches que j’adressais aux précédents épisodes : ce manque de cohésion entre les héros. Ce nouvel opus corrige ce défaut avec brio.

La structure reste similaire : on découvre une ville, on en apprend davantage sur l’antagoniste, son histoire se construit au fil des révélations et, finalement, on l’affronte. Ce qui sauve cet enchaînement d’activités répétitives, c’est le passé et le présent de ces monstres qui se cachent derrière des figures d’autorité.

En ville, les interactions avec les PNJ s’appuient sur le retour des Path Actions. Toutefois, leur fonctionnement diffère légèrement de celui des deux premières entrées de la série. On en dénombre désormais cinq, chacune reposant sur l’une des trois valeurs clefs : la richesse, la puissance ou la renommée. Ces actions permettent d’interagir avec les habitants de multiples façons : négocier, enquêter, s'imposer, recruter ou inviter.

Interroger un citoyen révèle des informations sur son histoire ou sur le monde. La voie de la richesse permet d’acheter directement des resources. Celle de la puissance vous pousse à relever des défis ou affronter certains PNJ pour obtenir des biens ou de les recruter pour le combat avec un nombre limité d'utilisation. Quant à la renommée, elle repose sur la persuasion et vous offre une chance d’obtenir ou plusieurs objets grâce à votre influence. Attention toutefois : chaque tentative repose sur un pourcentage de réussite, et l’échec fera chuter votre réputation en ville. Enfin, l’accès à ces actions dépend des statistiques citée plus haut. Plus ses valeurs dans ces trois caractéristiques progressent — au fil de l’histoire ou des quêtes secondaires — plus vous débloquerez d’options d’interaction. Enfin, la particularité de cet opus est d'inviter des PNJ au sein de Wishvale.

En plus des quêtes principales, vous aurez également toute une série de quêtes secondaires réparties en trois catégories. D’une part, les quêtes classiques, similaires à ce que l’on rencontre habituellement dans un JRPG. Ensuite, les quêtes de village, qui vous permettront d’améliorer Wishvale. Enfin, les quêtes de personnage, grâce auxquelles vous pourrez recruter de nouveaux alliés de manière définitive. À ce sujet, vous croiserez aussi des héros du premier Octopath Traveler, comme Primrose ou H’aanit.

Là où Octopath Traveler 0 se différencie vraiment des deux premiers opus, c’est avec son système de construction de ville. Après la destruction de Wishvale, le village n’est plus qu’un champ de ruines, et le jeu nous confie la mission de tout reconstruire. Très vite, Wishvale devient un hub évolutif, que l’on développe bâtiment après bâtiment. Chaque construction demande des ressources glanées lors de nos explorations. Voir le village reprendre vie, poser soi-même les bâtiments, choisir leur emplacement et façonner un lieu qui nous ressemble est l’une des mécaniques que j’ai le plus appréciées.

Atteindre certains paliers en exécutant des requêtes de village débloque de nouveaux bâtiments ou des services supplémentaires. Tout est pensé pour créer un cercle vertueux : plus Wishvale prospère, plus vos aventures deviennent confortables, que ce soit grâce à des fonctionnalités comme les déplacements rapides en dehors des villes, la préparation de plats offrant des bonus ou même l’affichage du nombre de coffres restants dans une zone. À noter que certaines fonctionnalités intéressantes, comme l’entraînement des personnages en réserve et l’accès aux Attaques Ultimes, arrivent tard dans l’aventure, après la seconde moitié du scénario. Ce n’est pas dramatique, mais j’aurais apprécié y avoir accès plus tôt.

Toute la vie de Wishvale est rythmée par le nombre de combats. Plus vous affrontez d’ennemis, plus rapidement les habitants vous offriront des objets, les champs se rempliront de ressources et des objets rares apparaîtront en magasin… De plus, les habitants possèdent des rôles qui permettent une gestion plus efficace de la ville : agriculteurs, bergers, marchands… autant de métiers qu’il faudra répartir intelligemment entre vos installations. Certains personnages peuvent également augmenter l’expérience gagnée en combat ou même l’argent récolté. Wishvale sera votre centre d’opérations : à vous de construire et de gérer votre ville pour la rendre la plus généreuse possible.

Vers la fin du jeu (ce n’est pas un spoil, Square Enix l’a déjà montré), vous pourrez construire un musée où écouter toutes les musiques récupérées aux quatre coins d’Orsterra. Vous aurez aussi accès à une Arène de monstres, qui propose une liste de créatures à retrouver et à affronter, souvent dans une version bien plus coriace. En prenant le temps d’étudier leurs infos, vous pourrez les dénicher, les vaincre, puis les capturer pour récupérer quelques récompenses bien utiles.

À l'attaque

Les combats d’Octopath Traveler 0 s’inscrivent dans la continuité de la série, tout en apportant quelques changements. On retrouve le système au tour par tour stratégique basé sur l’exploitation des faiblesses ennemies et la gestion des Boost Points (BP). En clair, chaque monstre ou boss a des failles (une vulnérabilité à un type d’arme ou de magie) qu’il faut découvrir puis exploiter : frapper un ennemi avec l’une de ses faiblesses brise petit à petit sa garde, jusqu’à provoquer un Break qui le stun et le rend beaucoup plus vulnérable aux dégâts. Parallèlement, chaque personnage de l’équipe gagne des BP à chaque tour, qu’il peut accumuler puis dépenser en une fois pour booster ses attaques ou compétences et les rendre nettement plus puissantes.

La grande nouveauté de cet épisode, c’est qu’on ne se bat plus avec une équipe de quatre héros, mais bien huit personnages à la fois. Le système de deux lignes de combat s’inspire directement de celui de Champions of the Continent, et je dois dire qu’il m'a totalement ravi.

Concrètement, on aligne jusqu’à huit combattants simultanément, répartis en première ligne de quatre actifs et seconde ligne de quatre en soutien. Seuls ceux en première ligne agissent effectivement durant le tour — attaquer, lancer un sort, utiliser un objet, etc. —, mais les alliés en arrière-plan ne chôment pas pour autant : ils récupèrent automatiquement un peu de santé et de magie à chaque tour, accumulent eux aussi des BP, et peuvent même déclencher certains effets passifs s’ils en ont appris.

À tout moment durant un combat, il est possible de basculer un personnage de l’arrière vers l’avant en une simple pression de touche, le remplaçant instantanément avec son homologue de front. Ce changement à la volée ne consomme même pas de tour ni de point de boost : c’est une action libre et fluide, qui permet de trouver plus rapidement les faiblesses ennemies.

Bien sûr, qui dit plus de personnages actifs dit aussi ennemis plus robustes pour compenser. Les développeurs ont équilibré les choses en augmentant le nombre de boucliers que possèdent les adversaires. J’ai affronté des monstres dotés de 10, 15, parfois 30 points de garde à briser avant de pouvoir les étourdir. Sur le principe, c’est excellent, car on exploite pleinement l’étendue de notre équipe. Toutefois, j’ai constaté que les combats aléatoires standards deviennent assez faciles. Avec huit héros disponibles, couvrir toutes les faiblesses possibles est un jeu d’enfant : on a toujours quelqu’un dans l’équipe possédant l’élément ou l’arme efficace, et si ce n’est pas le cas, il suffit souvent de switcher avec un personnage en réserve.

Résultat : la plupart des rencontres mineures se règlent en un tour ou deux en exploitant méthodiquement les failles ennemies, sans réelle stratégie. Sur la longueur, ces combats expéditifs et peu dangereux deviennent routiniers.

Les boss relèvent heureusement le niveau en opposant une meilleure résistance et en infligeant de sérieux dégâts. Certains m’ont même obligé à planifier précisément mes breaks et à surveiller attentivement l’état du groupe, surtout lorsqu’ils lançaient des attaques ultimes capables de mettre K.O. une ligne entière en un instant. Mais en dehors de ces affrontements, j’aurais apprécié un peu plus de piquant dans les combats courants. Cela dit, le grind s’en trouve largement accéléré, ce qui, au final, fait pencher la balance du bon côté — surtout pour atteindre les derniers niveaux.

Gérer jusqu’à trente compagnons pourrait sembler ingérable, mais Octopath Traveler 0 propose des outils solides pour organiser et faire progresser votre petite armée. En cours d’aventure, on débloque l’accès à un bâtiment d’entraînement et à des tables d’évolution pour les personnages. Chaque héros recruté possède une classe prédéfinie (guerrier, marchand, chasseur, clerc, voleur, danseur, apothicaire, etc.), déterminant ses aptitudes de base et son équipement.

Une différence notable avec les précédents opus, c’est que les compagnons ne peuvent pas tous changer de métier librement : vos 30 alliés gardent leur rôle attitré. Le seul personnage capable de changer de job à volonté, c’est votre protagoniste principal, celui que vous avez créé. Au début, on vous laisse choisir une orientation parmi huit. Mais par la suite, j’ai pu acquérir d’autres jobs et les équiper à mon héros. Quand l’équipe manquait d’un soigneur, je le passais en Clerc ; quand il me fallait davantage de puissance magique, je le transformais en Mage.

Cette flexibilité fait du personnage central un véritable couteau suisse, compensant le fait que les autres compagnons soient figés dans leur spécialité. La progression reste classique : en gagnant des combats, chacun accumule de l’expérience pour monter de niveau et améliorer ses statistiques, ainsi que des Job Points (JP) pour débloquer de nouvelles compétences.

En plus de cela, les JP peuvent être utilisés pour ouvrir de nouveaux emplacements de compétences actives et passives. Ces emplacements servent à équiper des capacités obtenues dans des coffres, offertes par des PNJ ou gagnées en récompense de quête. Comme pour l’équipement, c’est le rôle du personnage qui détermine quelles compétences il peut ou non recevoir. Les JP permettent aussi de renforcer les compétences déjà apprises et, plus tard, de débloquer les Attaques Ultimes de vos unités.

Quelle aventure ! J’ai vraiment adoré les deux premiers opus, mais cet épisode a corrigé tellement de lourdeurs du passé que, pour moi, c’est clairement le meilleur en termes de mécaniques et de générosité.

HD-2D, quand tu nous tiens

Si Octopath Traveler 0 brille par son récit et son gameplay, il ne déçoit pas non plus sur la forme. Techniquement comme artistiquement, le jeu est superbe… même s’il faut admettre qu’il est un tout petit cran en dessous d’Octopath Traveler 2 en termes de finesse et de micro-détails. Rien de grave, loin de là : c’est surtout que le deuxième opus avait poussé l’HD-2D dans ses retranchements. Ici, c’est un peu moins fin dans certains décors ou certains éclairages, mais l’ensemble reste largement au-dessus de la plupart des productions du genre, et dans l’action on ne voit presque pas la différence.

La direction artistique, elle, est toujours aussi magique : jeux de lumière somptueux, profondeur de champ bien utilisée, ambiance plus sombre et réaliste… ça fonctionne immédiatement. Chaque région a sa propre identité visuelle et l’évolution de Wishvale au fil de la reconstruction est un vrai plaisir à regarder. Je me suis souvent arrêté juste pour profiter du panorama.

Côté performances, le jeu tourne très bien sur PS5… même si j’ai quand même relevé quelques petits accrocs. Rien de dramatique, mais à Wishvale en particulier, j’ai eu droit à de légers freeze d’une fraction de seconde, comme si le moteur chargeait quelque chose en arrière-plan. Ce n’est jamais arrivé en combat ou dans les scènes importantes, uniquement en arpentant le village lorsqu’il devenait bien rempli. Ce n’est pas gênant, mais je préfère le signaler pour être honnête.

Pour la bande-son, on retrouve Yasunori Nishiki à la composition, déjà responsable des musiques des deux premiers opus, et son travail reste solide. Les thèmes de combat sont efficaces, bien rythmés et accompagnent très bien l’action sans jamais prendre le dessus. Les morceaux plus calmes, eux, soutiennent l’ambiance des différentes régions sans chercher à trop en faire. L’OST intègre aussi quelques pistes du premier opus, ce qui n’est pas pour me déplaire tant elles restent, elles aussi, d’une grande qualité.

Dommages pour les francophones...

Au terme  d’une centaine d’heures bien remplies, je referme Octopath Traveler 0 avec le sentiment d’avoir vécu un voyage inoubliable. Ce qui débutait dans les larmes et les cendres de Wishvale s’est achevé sur une note d’espoir. Le joueur en moi, pose la plume un instant pour savourer cette réussite : Octopath Traveler 0 a relevé haut la main le défi de proposer quelque chose de neuf.

On pourrait craindre qu’en s’écartant de la formule originale — un seul scénario au lieu de huit, un mode city-builder, un casting pléthorique — le jeu perde son identité. Il n’en est rien. Octopath Traveler 0 trouve la sienne : celle d’un JRPG à la fois traditionnel dans son cœur et innovant dans ses à-côtés.

Cette dualité fonctionne à merveille, créant un rythme tantôt effréné, tantôt contemplatif, qui m’a tenu en haleine du début à la fin sans jamais me lasser. Il corrige, selon moi, les problèmes de rythme des deux premiers opus en proposant une progression maîtrisée et en parsemant l’aventure de contenu intermédiaire qui atténue largement la sensation de grind.

En tant que critique, je me dois de signaler l’absence de traduction française comme un gros point noir pour le public francophone — hélas, beaucoup passeront à côté ou devront redoubler d’efforts linguistiques pour en profiter. Mais si la langue de Shakespeare ne vous rebute pas, et si l’idée de vous plonger dans un JRPG généreux vous tente, alors je ne peux que vous conseiller chaudement de tenter l’aventure.

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Octopath Traveler 0

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9.2 Octopath Traveler 0

  • Date de sortie (Japon) : 04/12/2025
  • Date de sortie (Europe) : 04/12/2025
  • Développeur : Dokidoki Groove Works
  • Éditeur : Square Enix
  • Genres : Tour par tour
  • Consoles : PS5, Switch, PC, Series
  • Scénario 90%
  • Technique 80%
  • Gameplay 100%
  • Plaisir 100%
  • HD-2D toujours superbe
  • Antagonistes bien développés
  • Ville à reconstruire
  • Gameplay riche et fluide
  • Huit combattants simultanés
  • OST solide de Nishiki
  • Contenu très généreux
  • Progression mieux rythmée que dans les précédents opus
  • Personnages nombreux et touchants
  • Pas de français
  • Quelques freezes à Wishvale
  • Détails en dessous d’OT2
  • Combats classiques trop faciles
  • Fonctions importantes trop tard
Kuro
Kuro

✅ Créateur du média

✅ Amateur de culture pop, JRPG et retrogaming

✅ À l'âge de 38 ans, mon JRPG préféré demeure Chrono Trigger !

💔 RIP Akira Toriyama, tu resteras à jamais dans nos coeurs...

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