Ys II Ancient Ys Vanished The Final Chapter a 38 ans

22 avril 2026 Kuro 5 MIN
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D’abord sorti le 22 avril 1988 sur PC-88, Ys II Ancient Ys Vanished The Final Chapter a ensuite été porté sur PC-98, MSX2, Sharp X1, FM-7 et Famicom. Le jeu a aussi connu d’autres versions sur PC Engine CD / TurboGrafx-CD, PlayStation 2, PSP, Nintendo DS, Windows, puis plus tard sur mobiles et Nintendo Switch. On sent bien, à travers tous ces retours, que Falcom n’a jamais traité cet épisode comme une vieille suite rangée au placard.

Ys II est une vrai suite. En effet, le jeu reprend juste après la chute de Dark Fact, avec Adol toujours chargé des six livres d’Ys, et l’envoie presque aussitôt dans les cieux. Là, il échoue sur l’île flottante d’Ys. Ensuite, il croise Lilia, une jeune fille aux grands yeux bleus. Elle le conduit jusqu’à Lance Village, le point de départ de cette nouvelle étape. À partir de là, le cadre est posé, Adol doit comprendre ce qui se passe sur Ys, remonter jusqu’à Darm et couper court au mal qui menace encore Ys et Esteria. L’histoire reste simple, oui, mais elle tient mieux debout que celle du premier épisode et nous allons voir pourquoi.

Ys II conserve la base du premier jeu. On retrouve un action-RPG vu du dessus, très proche dans sa structure, avec exploration, donjons, objets à récupérer, passages à ouvrir… Sauf qu’ici, tout s’enchaîne de manière plus naturelle. On passe moins son temps à tourner en rond. Quand il faut rapporter un objet à un PNJ ou utiliser une relique pour débloquer la suite, cela paraît mieux amené. De plus, le jeu ouvre un peu plus ses espaces, varie davantage ses environnements et rend l’aventure moins confuse que dans Ys I. On visite enfin ces terres d’Ys que le titre promettait déjà, et ça change beaucoup de choses. Le voyage gagne en cohérence même si l’aventure reste assez courte.

Le cœur du jeu repose toujours sur le bump system. Adol n’a pas de bouton d’attaque ; il doit percuter les ennemis pour leur infliger des dégâts. Dit comme ça, ça peut sembler vieillot. En pratique, ça demande un vrai sens du placement. Frapper de face expose immédiatement, alors qu’arriver de côté ou par l’arrière fonctionne bien mieux. Ensuite, la trajectoire exacte compte, l’angle d’impact aussi, et certains ennemis encaissent tout sans broncher si le niveau d’Adol est trop bas. Du coup, le jeu pousse régulièrement à faire ce que tout vieux RPG demande un jour ou l’autre : combattre, gagner de l’expérience, encaisser quelques coups, revenir mieux équipé…

Les statistiques classiques sont là, avec les HP, l’attaque et la défense, et elles montent à mesure que l’on accumule de l’expérience. Les monstres lâchent aussi de l’argent, ce qui permet d’acheter armes, armures, boucliers et divers objets en boutique. D’ailleurs, les points de vie se régénèrent automatiquement quand on reste immobile, sauf dans certaines zones. La prise en main reste immédiate, mais le système garde aussi son revers : à force, il peut devenir répétitif et parfois même un peu fatigant.

La grande nouveauté, c’est la magie. Adol récupère plusieurs sorts sous la forme de bâtons à équiper dans l’inventaire, et chacun apporte un usage précis. Certains servent à attaquer à distance, d’autres à se téléporter ou d’autres encore à bloquer temporairement les ennemis. Cela élargit un peu le champ d’action, surtout dans un jeu qui repose autant sur le contact direct. De plus, la magie utilise des MP qui montent eux aussi avec les niveaux, ce qui l’intègre assez naturellement à la progression générale.

Cela dit, il ne faut pas en attendre une révolution. Les sorts offensifs infligent des dégâts limités et ne remplacent jamais vraiment le corps-à-corps. Ils donnent de l’air, ils ajoutent quelques possibilités, ils rendent certaines situations moins ingrates, mais ils ne changent pas la nature du jeu.

Ys II reste un titre où il faut observer, tester, mémoriser, revenir mieux préparé, et surtout accepter que certains affrontements se jouent à très peu de choses. Les boss, d’ailleurs, rappellent vite cette réalité : ils bombardent souvent l’écran de projectiles, la barre de vie descend vite, l’inventaire reste inaccessible pendant leurs combats et le joueur ne peut porter qu’un seul objet de soin à la fois. Autant dire qu’il vaut mieux sauvegarder souvent.

Si vous êtes tenté.e.s de le faire, je ne vous conseille pas la version mobile si vous n’avez pas de manette. Les contrôles tactiles sont corrects, mais ils ne permettent pas de profiter pleinement du jeu… surtout contre les boss.

Ce qui fait la force de Ys II, au fond, c’est sa série d’ajustements. Les ennemis sont un peu moins oppressants, les embuscades moins nombreuses, Adol se déplace un peu plus vite, et le jeu indique plus clairement quand il faut aller gagner quelques niveaux ou revoir son équipement avant d’insister. En revanche, il ne devient pas facile pour autant. Il reste difficile, et demande encore une bonne part d’autonomie, avec peu d’indices. Graphiquement, l’écart avec le premier épisode n’est pas énorme, mais les décors gagnent en variété, les couleurs sont mieux choisies. Quoi qu’il en soit, Ys II s’en sort mieux que son aîné. Il est beaucoup plus lisible ; c’est justement pour ça qu’il fonctionne mieux.

Kuro

À 40 ans, j’ai probablement passé plus de temps une manette en main que sur les bancs de l’école. Fondateur de ce média, je décortique la pop culture avec un attrait assumé pour les pixels d’autrefois.

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