Tales Of Arise, dix-septième chapitre d’une saga qui dure depuis plus de vingt-cinq ans, est un jeu vidéo animé d’un remarquable désir de se renouveler. Car les combats en temps réel, c’est bien, mais c’était sans doute un peu moche de revenir toujours au jeu avec une variation plus ou moins technique du système de combat à mouvement linéaire mis en place par Phantasia sur Super Nintendo.

Depuis la première démo rendue jouable au public, heureusement, tout était clair : techniquement par rapport aux anciens chapitres, nous sommes sur différents niveaux de qualité et, ludiquement parlant, Tales Of Arise est une excellente production, capable de rivaliser avec des titres comme Final Fantasy VII Remake (voire le dépasser).

Le gameplay au combat, le point fort de Tales of Arise !

D’un point de vue gameplay, Tales Of Arise est une merveille. Le système de combat mis au point par Bandai Namco pour l’occasion est peut-être l’un des meilleurs hybrides action-RPG du marché, grâce à un grand nombre de mécanismes qui se chevauchent, un plafond de compétences plutôt élevé et un grand degré de personnalisation (même si pour avoir accès à tous les artés cachés, vous devez passer par la boutique du jeu …).

Les combats se déroulent dans des arènes toujours planes et sans verticalité où le joueur se retrouve à contrôler l’un des six membres du groupe. Chaque personnage a son propre style de jeu, sa propre mécanique exclusive, sa propre utilité dans les batailles.

Il y a des personnages qui attaquent principalement à distance et ont d’excellentes compétences de zone contre des adversaires volants ou agressifs, des personnages qui sont capables d’absorber des attaques magiques et de les utiliser, ensuite, contre leurs adversaires.

Le protagoniste dispose d’un énorme ensemble de techniques pour attaquer ses adversaires, ce qui donne un dynamisme remarquable aux combats. Entre les attaques paralysantes, les attaques de volée, les attaques aériennes, les combos automatiques, le slash horizontal, il devient vraiment difficile de se plaindre de la variété de la proposition offensive.

Tales of Arise

L’utilisation de toutes ces techniques est réglementée par une ressource appelée JA. Cette ressource est automatiquement rechargée pendant les batailles, notamment lors de la défense ou des pauses. Ce choix exige du joueur qu’il apprenne à maîtriser les mécanismes défensifs, notamment la parade, la contre-attaque, l’esquive, etc.

Du point de vue offensif, en revanche, la variété est encore plus grande car en plus de son propre ensemble de techniques, le joueur aura la possibilité d’être aidé par ses compagnons avec des attaques et des techniques ciblées, parfois même liées à la pression d’une des touches directionnelles du pad. Chaque technique est utile à un moment précis du combat, donnant à l’ensemble un souffle presque tactique très intéressant à des niveaux de difficulté élevés.

Toutes ces qualités sont également équilibrées en termes de difficulté et donnent le meilleur d’elles-mêmes dans les combats contre les boss, des combats qui peuvent durer plusieurs minutes et qui sont empreints d’un dynamisme rare pour la série elle-même.

Les boss sont beaucoup plus coriaces, comportent plusieurs phases avec des attaques exclusives, et demandent au joueur d’exploiter leurs faiblesses. Cette dernière caractéristique, en particulier, affine encore la proposition de jeu en demandant au joueur d’abandonner le matraquage des boutons pour laisser place à des actions beaucoup plus étudiées.

La présence des points de guérison, une ressource qui limite le nombre de compétences curatives pouvant être utilisées au cours des combats, augmente encore le sentiment de tension, rendant les combats vraiment très intéressants. (Il était temps !)

Maintenant, prenez tout ce que nous avons dit et ajoutez le fait que le personnage contrôlable par le joueur est interchangeable à tout moment. Le résultat final est un système de combat qui devient parfois un peu confus, mais qui ne cesse jamais d’être amusant, un élément d’une importance fondamentale pour un jeu vidéo.

La progression des personnages, finement améliorée !

La gestion de la progression des personnages est plutôt minimaliste. En effectuant certaines actions un nombre donné de fois ou en continuant dans l’histoire, chaque personnage débloque un nouveau titre. Chacun d’eux apporte avec lui des bonus passifs, des compétences à apprendre et des avantages après l’achèvement du titre.

Le système d’équipement, un peu comme le système de progression, reste sur des rives simples offrant trois emplacements par personnage. Les armes et les accessoires peuvent être fabriqués avec des matériaux obtenus en explorant le monde du jeu, tandis que les armures doivent être achetées auprès de marchands.

Nœuds d’arbre de compétences déblocables en achetant les tenues sur la boutique …

Alors que l’artisanat des armes est extrêmement simple, l’artisanat des accessoires a un plus grand degré de profondeur en raison de la possibilité d’améliorer les objets déjà créés en distillant les matériaux possédés. Cela vous permet d’ajouter des capacités et des caractéristiques supplémentaires à ce que vous avez créé dans le passé.

Il est clair que l’on est à des années lumières du système d’artisanat de Xenoblade Chronicles, mais nous pensons que cette simplicité permet au joueur de continuer à se concentrer sur le combat.

Et en dehors des combats ?

Le titre de Bandai Namco pimente ses combats avec une structure de jeu de rôle japonais, permettant au joueur d’explorer de grandes cartes détaillées sans avoir recours aux classiques du monde ouvert. Durant vos pérégrinations, vous trouverez aussi des donjons à explorer, avec quelques énigmes pour varier la formule sans bouleverser l’équilibre du jeu.

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La conception des donjons et des cartes est proportionnelle au thème du voyage suggéré par la narration, mais n’est pas aussi amusante qu’elle pourrait l’être. Par exemple, l’ajout du saut a, à mon sens, aucune utilité. Intéressante est l’idée des développeurs de bloquer certaines portions de la carte ou des coffres que le joueur peut débloquer grâce à des PS (points de soin), l’obligeant à choisir s’il doit se risquer à continuer son exploration ou à rebrousser chemin. Cela ne suffit pas à faire disparaître ce sentiment de manque de mystères. Mais aussi, les quêtes annexes très génériques, n’aident pas à approfondir le lore du jeu.

La chasse aux oiseaux !

Dans presque toutes les cartes, vous pouvez trouver une chouette mignonne cachée dans les endroits les plus improbables. Pour chaque hibou trouvé, le joueur peut mettre la main sur un skin, afin de personnaliser l’apparence des personnages. Rien de fou, mais c’est assez drôle !

Une histoire assez atypique pour un JRPG !

Un jour, le royaume de Dahna tombe dans les griffes de Rena, entamant une domination sanglante. Les habitants de Dahna sont réduits en esclavage depuis plus de trois cents ans. Aujourd’hui, l’histoire se déroule à Orbus Calaglia, l’ancien royaume flamboyant de l’empire dahnien désormais contrôlé par Balseph, la bête sauvage auto-proclamée seigneur des lieux.

L’évasion d’une habitante de Rena appelée Shionne renverse la situation, donnant à notre protagoniste, le Masque de Fer, la force nécessaire pour se battre.

Tales of Arise

Shionne est un personnage décemment écrit, encore trop puérile calquant certains stéréotypes japonais. Mais elle est, incontestablement, réussie, grâce aussi au design agréable du personnage.
Le protagoniste, malgré son potentiel de héros japonais surpuissant, est bien plus mature qu’il n’y parait sans pour autant être d’une grande qualité en terme d’écriture.

Artistiquement, l’Unreal Engine 4 fait le taff  et les musiques chatouillent l’oreille interne !

Tales Of Arise, fort de la volonté de renouveau manifestée par Bandai Namco avec Berseria, est le premier chapitre de la saga réalisé avec un moteur graphique non propriétaire.

Pour l’occasion, Bandai Namco utilise le désormais solide Unreal Engine 4, en utilisant la technique du cel-shading pour créer une esthétique d’anime japonais qui vous procure une sensation agréable dès le départ. Tout est beau, de l’animation des combats au design des personnages en passant par une optimisation de la fréquence de rafraichissement, c’est juste incroyable de voir à quel point le travail des développeurs donne un tout des plus dynamique !

La bande-son est réalisée par Motoi Sakuraba, le compositeur historique de la série et un nom assez important dans la scène musicale actuelle des jeux vidéo.

Sakuraba, au lieu de produire une bande sonore aux tonalités très japonaises, avec des airs mélodiques forts et des accompagnements bucoliques, décide cette fois de se concentrer sur l’épique, en créant des morceaux qui rappellent de près les productions de John Williams, le compositeur de la bande sonore de Star Wars.

Le résultat final est agréable, peut-être déroutant pour un fan historique de la saga, mais d’une valeur indéniable. Les chansons sont principalement orchestrales, une caractéristique qui les rend puissantes et épiques.

Pour Conclure

Tales of Arise arrive à plaire. Le gameplay remanié en combat, les personnages charismatiques, une musique enivrante, … Autant de qualité qu’on ne peut qu’apprécier dans un univers hors du commun mêlant le Space Opera au Médiéval Fantastique.

Le soft met aussi en avant une relation entre deux protagonistes que tout oppose et qui sert de propos à l’histoire. Ce nouveau JRPG s’éloigne par contre de titre comme Tales of Vesperia qui était beaucoup plus profond et complexe dans le propos. Le jeu n’en reste pas moins bon et il nous donne une bonne idée sur ce que pourrait être le futur du JRPG sans nous chambouler par trop de nouveaux concepts pour ne pas perdre les fans inconditionnels de la série.

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Tales of Arise
7.8/10

Avis de la rédaction

Plus

  • Un cel-shading qualitatif.
  • Un scénario qui sait se faire apprécier.
  • Un personnage attachant (Shionne) …
  • Une bande son de qualité, mais assez discrète …
  • Une progression par arbre de compétences …

Moins

  • … Pour les autres on repassera.
  • … Passage sur le cash shop pour plus de BGM.
  • … Les tenues du cash shop débloquent des nouveaux nœuds dans l’arbre de compétences hors qu’elles ne devraient être que cosmétiques.
  • Des scénettes visuellement de moins bonne qualité que dans Scarlet Nexus.

Kuro Azeus

administrator
Enthousiaste du JRPG depuis 2010, j'ai dans l'espoir de voir un jour ce genre trop peu reconnu traverser nos frontières.