Faire couler le sang, dans ces tranchées honteuses, là où l'homme se bat pour l'avarice des puissants. C'est ce que nous propose The DioField Chronicle, ce tout nouveau RTS de Square Enix en collaboration avec Lancarse (Monark, Etrian Odyssey). La stratégie en temps réel est-elle à son comble et maîtrisée dans cette toute nouvelle licence ? C'est ce que nous allons découvrir à travers ce test.

L'île de DioField, du sang pour du jade…

DioField est une île indépendante, loin du royaume gouverné par plusieurs familles puissantes. L'Empire décide subitement de s'intéresser à cette île pour la précieuse ressource - le jade, ressource utile à la magie - exclusive à DioField. Cette histoire vous emmènera dans les méandres tortueux de la puissance, de l'avarice et de ceux qui croient détenir tout le pouvoir. De famille en famille, de mercenaire en mercenaire, vous vous frayez un chemin sinueux grâce à votre troupe, les Renards Bleus.

Dans votre premier contact avec les personnages principaux, vous sauvez Lorraine, qui fut approchée par Lord Hende, pour créer une unité de mercenaires. Elle demande donc à Andrias, Fredret et Izelair - ses sauveurs bienveillants - de la rejoindre pour former cette fameuse troupe d'élite.

Un récit mature et profond ! 

Dans un style pompeux et grave, mais surtout sans humour, les dialogues et les situations se dessinent. The DioField Chronicle nous propose une histoire vraisemblable si nous omettons le concept de magie. Même si, nous avons souvent l'occasion de suivre ce genre de récits dans le J-RPG, celui-ci se veut cruellement dissident. Une belle dénonciation romancée de ce que nous pouvons vivre dans nos sociétés actuelles. Une trame scénaristique mature à ne pas mettre entre toutes les mains tant la vérité peut paraître effrayante.

La psychologie des personnages est un luxe que The DioField Chronicle s'approprie avec brio. Vous voyez vos personnages évoluer et l'impact que peut avoir un tel conflit sur eux. Même si nous ne comprenons pas toujours les choix de certains personnages, nous comprenons en substance qu'ils sont humains et que leurs émotions les poussent, parfois, à la faute.

Le lore de The DioField Chronicle est riche sur bien des points. Il faudra, pour maîtriser les enjeux géopolitiques, vous armer d'une patience exemplaire et surtout de consulter la bibliothèque régulièrement. Le jeu ne trouve pas sa difficulté que dans son gameplay, mais aussi dans la compréhension des motivations de vos aventuriers et la place qu'ils occupent dans un conflit qui dépasse l'entendement. Heureusement, le jeu ne se veut pas trop verbeux. Les dialogues sont essentiellement présents lors de vos passages dans votre quartier général et durant les cinématiques.

Des combats pour la notoriété dans The DioField Chronicle

The DioField Chronicle est un jeu de rôle stratégique en temps réel. Si l’histoire est captivante, les combats, eux, sont bien menés également.

Les combats démarrent toujours dans une zone différente (ville, plaine, port, etc.) correspondant à l’endroit précisé lors du briefing de mission.

Les décisions sont automatiques, il eût été bien de pouvoir sélectionner, si oui ou non, cette mission était solvable ! 

Dans un contexte de guerre, vous devrez toujours impressionner vos ennemis. Pas tout le temps par le nombre, mais par la dureté de certaines décisions ! C’est ainsi que Andrias mène les Renards Bleus à la victoire !

Comparé à tort, deux mondes différents

Le soft est à tort et outrageusement comparé à Fire Emblem par certains médias spécialisés. Il n’en est rien ! Là où un Fire Emblem vous poussera à investir dans les rapports entre vos personnages en dehors des combats pour avoir des avantages dans ceux-ci, dans The DioField Chronicle, c’est la synergie de vos unités qui orientera votre victoire. Les différentes classes proposées au fur et à mesure de votre progression vous donneront des pièces supplémentaires - pas toujours essentielles - à votre avancée.

Mot d’ordre, le placement !

Lorsque la cloche de départ retentit, vous pourrez observer tout le champ de bataille et le placement des unités ennemies. Le déplacement de vos propres unités se fait de manière simple à l’aide d’un seul bouton pour la sélection et de l’analogique pour le déplacement. Un zoom est accessible, ainsi qu’un déplacement de la caméra pour une meilleure visibilité du terrain.

En confrontation, il vous sera possible de marquer une pause (ralentissement) pour sélectionner la compétence d’un personnage. Le placement étant évidemment une compétence personnelle que vous devrez mettre en application si vous voulez vous sortir des situations les plus périlleuses.

Les boss sont de redoutables adversaires qui ont beaucoup de PV. Un certain nombre de points rouges peuvent apparaître au niveau de leur barre de santé, ce qui signifie que vous devrez vider plusieurs fois cette jauge pour le tuer une fois pour toute.

Les fragments de jade vous en feront voir de toutes les couleurs

En récoltant des fragments de jade mauves disséminés sur le terrain et en tuant des ennemis, vous remplirez vos jauges de PE nécessaires à l’utilisation des compétences. Une autre ressource indispensable à l’utilisation des invocations (que nous verrons plus tard dans ce test), les PT sont les fragments de jade bleus, qui comme pour les mauves, sont disposés sur le terrain et s'acquièrent, aussi, en exécutant des ennemis.

D’autres objets peuvent être récoltés sur le terrain comme des fragments de jade verts pour recharger votre santé ou des coffres à ouvrir. Il faudra, non seulement, prêter la plus grande attention à votre placement, mais aussi, à identifier ces différents fragments sur le terrain pour pouvoir les récolter quand ils sont réellement nécessaires à votre survie.

Le système fonctionne bien même si vous devez vous déplacer sur ces orbes pour en obtenir les effets. Le manque de précision pour les récupérer est souvent agaçant ! 

Des monstres légendaires dans vos rangs

Les invocations portent le nom de certains monstres rencontrés dans la licence Final Fantasy. Je trouve le clin d'œil très sympathique est assez fidèle quant aux représentations. De plus les cinématiques sont de très bonnes factures ! De surcroît, ces monstres légendaires vous permettent de lancer de puissantes attaques sur de gigantesques zones pour certains, ainsi que de soigner et remplir votre jauge de PE pour d’autres. Ce sont des atouts implacables à utiliser avec parcimonie tant ils sont utiles à votre survie. Ces derniers se débloquent en progressant dans l’histoire avec une entrée en matière scénarisée pour une partie d’entre eux. Ce qui est fortement appréciable.

Les classes

Avant de partir en mission, ou avant qu’elle ne débute, vous pouvez sélectionner quatre adjudants pour les quatre personnages que vous emmènerez au combat. Les personnages principaux sont visibles sur le terrain et les adjudants, eux, vous octroieront leurs compétences uniquement. Rendant le tout un peu brouillon, mais proposant des possibilités stratégiques profondes !

En parlant de stratégie, grâce aux armes de chacun de vos guerriers vous pourrez obtenir des capacités différentes. Vous pouvez ainsi avoir un magicien d’attaque et un adjudant magicien porté sur le soin. Et ainsi de suite avec vos autres personnages.

Le rôle de chacun des personnages est prédéfini et non modifiable. Un type d’arme est affilié à ce rôle. En parallèle de l’amélioration des statistiques du personnage à travers son équipement et son niveau, l’évolution des armes définit aussi son efficacité.

Ainsi, en plaçant judicieusement vos personnages et leurs adjudants, vous pouvez établir des connexions et des capacités complémentaires ! Essayez toutes les combinaisons !

Les recherches

Vos personnages évoluent en fonction de leur niveau et leurs statistiques également. Cependant, vous pourrez améliorer vos personnages et leurs armes ainsi que leurs compétences via des recherches. 

Grâce à celles-ci, vous pourrez améliorer vos aptitudes de terrain, faire évoluer les armes dans des versions plus meurtrières et enfin, améliorer les invocations pour divers effets ! Ces recherches s’effectuent en échange d’argent, beaucoup d’argent, et de matériaux divers obtenus en mission. 

La gestion de l’argent 

Quand une guerre éclate, on sait que cela va demander beaucoup d’argent. The DioField Chronicle est réaliste de ce côté-là ! L’argent se gagne en effectuant les missions principales et secondaires. Plus vous avancez dans l’histoire, plus vous êtes rémunérés.

Avec vos Gulds, améliorez votre QG à travers des quêtes, développez et achetez des armes et améliorez vos invocations ! 

Quand le magasin évolue, il y a de nouvelles armes qui apparaissent ainsi que de nouveaux accessoires et objets. Les objets se limitent à trois par combat. 

Plus les objets évoluent, plus la demande en argent est importante. Il vous faudra donc faire et refaire beaucoup de quêtes afin de gagner suffisamment et proposer des guerriers imposants face à l’armée impériale !

The DioField Chronicle - L’art de la guerre illustré

Nous avons testé le jeu sur PS4 et PS5. Et nous nous accordons à dire que le jeu est sublime.

Certaines cinématiques sont en 3D et de bonnes factures, quand d’autres sont admirablement bien dessinées ! La direction artistique nous invite dans un sombre monde de guerre avec une touche, non négligeable, d'élégance. Les costumes des personnages sont épatants, tant dans leur modélisation que dans leur style. Les dioramas en 3D arborent une cohérence sans nom avec le contexte de l’histoire. 

Un certain charme survient aussi, dès lors que nous remarquons l’échelle différentielle d’entre les personnages et les bâtiments qui les entourent. Effectivement, la taille des bâtisses nous rappelle que nous sommes sur un jeu de plateau allégrement animé et nos personnages, de somptueux pions qu’il nous faudra déplacer. C’est un joli clin d'œil aux jeux de plateau de figurines qui ont comme caractéristique de posséder des décors à petite échelle et très épurés.

Pour ma part, je trouve la fusion des bâtiments militaires actuels avec les costumes de la Renaissance très bien réalisée. Cela nous fait comprendre, à travers la direction artistique, que cette civilisation est régie par d’autres règles que les nôtres.

L’ambiance musicale, bien qu’elle ne me marque pas du tout dans cet opus, est composée de main de maître. Ramin Djawadi et Brandon Campbell composent les musiques de The DioField Chronicle. Cependant, les bruitages et autres dialogues sont criants de vérité.

Parce qu’il faut une fin

The DioField Chronicle nous aura marqués. Sa direction artistique et son ambiance ne laisseraient pas même un cadavre indifférent. Son gameplay maîtrisé arrive à créer de la difficulté avec un équilibrage exemplaire. Nous connaissons Lancarse pour sa maîtrise à nous proposer des softs stratégiques avec très peu de variables et pourtant extrêmement appréciables (Etrian Odyssey). Le jeu de stratégie en temps réel n’a jamais été aussi épuré et précis que dans The DioFiled Chronicle pour peu que l’on s’y investisse, même si nous déplorons une dépendance financière trop importante qui nous pousse à recommencer les batailles en boucle. De plus, pour une nouvelle entrée, Square Enix nous ravit avec The DioField Chronicle. Les artworks sont sublimes, les combats prenants et toujours différents. L’histoire porte une réalité ravageuse, celle de la guerre ! 

Bienvenue en enfer :  Noblesse, puissants, argent, tout ce monde se mélange entre ceux qui veulent le bien et la liberté et ceux qui veulent le pouvoir absolu ! On sait, par expérience, qui gagne à la fin ! De quel côté serez-vous ? 

The DioField Chronicle, en souhaitant que ce jeu devienne un succès, jette les bases pour une licence en devenir ! Square Enix réussit parfois où ne les attend pas, surtout suite aux derniers échecs que la société nipponne a essuyés !

Pour en savoir plus sur ce jeu ou cette licence, vous pouvez aussi suivre ce lien !

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The DioField Chronicle
8

Exaltant !

  • Sa direction artistique somptueuse
  • Son scénario mature et profond
  • Son gameplay en combat sans fausse note
  • Des animations d'invocations fascinantes
  • Son ambiance musicale un peu maigre
  • Une grande dépendance à l'argent
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Naturel

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Bonjour, bonjour :) Laurent, bientôt 40 ans, passionné par les jeux vidéos mais par la vie en général. Amateur de jeux match 3 et de RPG au tour par tour. Fan inconditionnel de Tales of Vesperia et Final Fantasy VIII. Créateur de contrepèteries, amateur de jeux de mots. Bienvenue !