Quelle tristesse ! Cette aventure que j'attendais avec impatience a eu raison de ma patience. Avec le retour de l'anime sur Crunchyroll, l'annonce du jeu a résonné en moi comme un rêve de gosse. Vivre une aventure épique en compagnie de Daï, Popp et Maam ne me laissait donc pas indifférent. Après les premières heures de jeu, tout l'espoir que j'avais dans cette nouvelle aventure s'est soudainement éteint, laissant place à un ennui indescriptible.
Comment mal raconter une histoire si belle ...
Dans un monde en proie aux sombres puissances du mal, évolue un jeune garçon prénommé Daï, accompagné de ses fidèles compagnons, Popp et Maam. Ils se lancent avec une bravoure indomptable dans une quête cruciale visant à défier Hadlar, le sinistre général de l'armée du mal dont la résurrection sème la menace sur l'équilibre et l'harmonie du monde. Daï, le personnage central de cette épopée, est issu du manga Dragon Quest. Son existence paisible sur l'île de Dermline, habitée par une myriade de créatures monstrueuses, se voit chamboulée. Le cours des événements est brusquement altéré lorsque les monstres, jadis pacifiques, se transforment en une force hostile. Un homme nommé Avan se révèle comme son mentor, initiant Daï à l'art de l'épée. La menace inquiétante que représente le retour d'Hadlar conduit Daï à accepter cet entraînement. Au cours d'une confrontation poignante avec ce vil personnage, Avan sacrifie sa propre vie pour sauver Daï et son camarade, Popp. Hadlar survit au sacrifice d'Avan et se livre à un duel acharné contre Daï. Durant cet affrontement, un phénomène mystérieux émerge, marquant le front de Daï d'une marque draconique. Cette transformation déclenche une progression fulgurante de ses compétences, permettant à Daï de repousser Hadlar. Ainsi, portant le fardeau d'une marque magique et d'une quête de vengeance, Daï s'engage sur un chemin semé d'embûches, avec pour objectif ultime la confrontation avec le seigneur démon Vearn, instigateur de la résurrection de Hadlar...

L'intrigue d'Infinity Strash suit étroitement le scénario de l'anime, avec une légère variation justifiée pour expliquer la redite de l'histoire d'origine. Étant donné la profondeur de cette trame narrative, on aurait pu espérer une narration exceptionnelle. Cependant, cette adaptation vidéoludique que j'ai eu l'occasion de tester ne m'a malheureusement pas convaincu. Elle se contente principalement d'enchaîner des vignettes reprenant les événements de l'anime, ponctuées de courtes cinématiques pour apporter un peu de dynamisme. Cependant, les défauts de ce découpage maladroit se manifestent à travers des moments tantôt trop longs, tantôt trop courts. Je n'aurais jamais imaginé que l'histoire de Dragon Quest : The Adventure of Dai puisse être si mal mise en scène. Certes, les vignettes et le texte peuvent être nécessaires pour introduire ou décrire certains éléments, mais lorsqu'ils sont utilisés pour présenter l'action, l'immersion s'effrite plus rapidement qu'elle n'a eu de mal à s'installer. Globalement, si vous connaissez l'anime, vous ne serez sans doute pas perturbés par cette manière de raconter l'histoire. Par contre, si vous ne connaissez pas les aventures de Daï, il va falloir s'accrocher pour visionner l'intégralité de ces vignettes.
Un gameplay approximatif digne d'un mauvais gacha
Je m'étonne de la validation par les concepteurs d'Infinity Strash d'un découpage aussi déroutant dans un jeu dont le titre contient tout de même le mot "aventure". Quand je m'imagine vivre une telle expérience, je visualise l'exploration du monde enchanteur et vivant de l'anime, des combats inattendus au cœur de forêts luxuriantes, et la perspective lointaine d'une imposante tour de château que je m'apprête à visiter... Cependant, Infinity Strash: Dragon Quest The Adventure of Dai ne nous propose pas cette immersion. Au lieu de cela, nous sommes contraints de choisir des quêtes sur une carte du monde, classées en trois catégories : les segments d'histoire, les quêtes liées à l'intrigue principale et les quêtes optionnelles.

Chacune de ces missions nous récompense avec des cristaux pour améliorer nos compétences, de l'argent, des ressources pour la guérison ou le renforcement temporaire, et c'est à peu près tout. Les quêtes présentent généralement des structures similaires, consistant souvent à éliminer des monstres dans un laps de temps imparti ou non. De temps en temps, elles apportent une touche de variété en exigeant, par exemple, un mode infiltration qui n'a rien à envier à Metal Gear Solid (je plaisante).

Cependant, toutes ces missions sont incroyablement courtes, laissant souvent un sentiment d'incomplétude. Cela ressemble étonnamment aux mécaniques des RPG mobiles asiatiques que l'on trouve souvent fastidieuses et répétitives. Il est difficile de comprendre pourquoi une telle structure, conçue pour des sessions courtes et destinée à un public nostalgique, se retrouve sur une console de salon. Si l'envie me prend de jouer à un jeu mobile, je n'achète pas une console de salon. C'est assez intrigant de voir à quel point Square Enix pousse les joueurs à adopter des habitudes typiques d'un jeu mobile de type gacha. Dans l'ensemble, cette expérience est répétitive et dépourvue de sens, et elle se traduit par un ennui profond.
Les souvenirs, une fausse bonne idée
Au fur et à mesure de votre avancée dans l'histoire, vous collecterez des souvenirs. Ces objets, en plus d'être équipables par vos personnages, contiennent des informations essentielles sur des moments clés de l'intrigue. En réalité, les seuls éléments que vous pourrez équiper à vos personnages sont ces souvenirs. Ils sont bien sûr améliorables et possèdent un rang qui définit leur efficacité. Pour les renforcer, il vous faudra rassembler plusieurs exemplaires identiques. Chacun de ces nouveaux souvenirs se transformera alors en points, précieux pour améliorer l'objet en question. Parallèlement à ces points, vous devrez également explorer le sanctuaire (dont nous discuterons ultérieurement) pour collecter de l'ambre, une seconde ressource essentielle à l'amélioration des souvenirs.

Cependant, je remets en question ce système de progression basé sur la collecte. Bien que je n'oppose pas nécessairement à un mécanisme de progression exigeant, dans ce cas précis, il écarte le riche lore de Dragon Quest qui aurait pu être intégré directement dans le jeu. Les mécaniques de progression limitées nous poussent inévitablement à effectuer les mêmes actions de manière répétée. J'aurais préféré une expérience plus immersive, avec des visites de villages, une forge, des magasins, une auberge, une église, voire un village en tant que hub avec quelques personnages non-joueurs pour enrichir l'univers, à la manière de Final Fantasy XVI. Malheureusement, l'enveloppe offerte par le jeu ne correspond pas à ce que l'on attend généralement d'un titre sur console.
Infinity Strash, combats courts et sans âme
Le jeu nous offre des combats, mais ils sont loin d'être convaincants. En ce qui concerne l'action pure, chaque personnage peut acquérir des compétences assignées à des touches spécifiques. Une fois que vous avez accumulé suffisamment d'énergie, vous pouvez déclencher votre attaque ultime. Il ne semble pas y avoir de correspondances élémentaires claires, bien que chaque attaque puisse être associée à un élément spécifique. Par exemple, Popp utilise des compétences de type feu, mais cela ne semble pas affecter la vulnérabilité des ennemis qui ont une apparence d'arbre ou de plante par rapport aux autres. De plus, les actions semblent rigides, car si vous déclenchez une série d'attaques normales ou une compétence spéciale, vous devez attendre la fin de l'animation avant de pouvoir esquiver. En conséquence, vous subirez souvent des dégâts inutiles, sans pouvoir faire grand-chose pour l'éviter. Vous avez toutefois la possibilité de changer de personnage en cours de combat pour activer leurs compétences spéciales et recommencer votre "stratégie".

Aucune information sur les ennemis n'est fournie, seules deux jauges sont visibles : une jauge de défense et une jauge de points de vie. En ce qui concerne la jauge de défense, elle diminue à mesure que vous infligez des dégâts à l'ennemi. Lorsqu'elle est vide, l'ennemi s'immobilise brièvement, vous laissant ainsi l'opportunité d'infliger quelques coups puissants. Les ennemis ne sont pas pourvus de noms ou de niveaux spécifiques, le jeu se contentant du strict minimum. En conséquence, si vous n'êtes pas familier avec l'univers de Dragon Quest, il peut être difficile de saisir la cohérence des ennemis présents dans le jeu.
Clairement, Infinity Strash Dragon Quest The Adventure of Dai ne vous proposera pas des moments d'action mémorable. Seules les animations des compétences spéciales décollent la rétine, mais cela ne suffit malheureusement pas à en faire un excellent RPG d'action.
Le sancutaire, la lueur d'espoir du titre
En parallèle de votre progression dans l'histoire, le jeu vous permettra rapidement d'accéder au sanctuaire. Cette section du jeu vous offre un menu où vous pouvez améliorer vos compétences et vos souvenirs. De plus, vous pourrez vous engager dans une sorte de mini-jeu sous forme de roguelike. Cette partie est divisée en plusieurs niveaux, formant chacun une strate. Chaque niveau présente plusieurs portes, chacune d'elles proposant des améliorations si vous réussissez le défi qui vous est lancé. Les défis sont relativement similaires, se présentant généralement sous forme de combats ou de niveaux à coffre. Certains combats sont chronométrés, d'autres non. En outre, certains niveaux proposent des portes avec une aura, contenant des ennemis plus puissants qui offrent, bien sûr, des récompenses plus substantielles. Dans l'idée, à chaque fois que vous recommencerez le sanctuaire, vous serez à nouveau au niveau un. Les seules choses que vous garderez sont vos souvenirs et les améliorations de ceux-ci, ainsi que les améliorations graduelles de vos personnages que vous gagnerez d'étages en étages. C'est ici que vous gagnerez de l'ambre, la seconde ressource utile à l'amélioration des souvenirs... Et nulle part ailleurs !

En réalité, j'ai réellement passé le plus clair de mon temps dans cette partie quasi optionnelle du jeu. Le seul problème c'est que l'avancement dans les strates du sanctuaire est limité par l'histoire. En revanche, c'est réellement dommage que les combats soient d'une rigidité sans nom, car le soft aurait pu être sauvé par cette fonctionnalité. La difficulté y est bien présente et les choix que vous faites en fin de défis à un réel impact sur la suite de vos aventures. Le souci, encore une fois, c'est que les défis sont trop similaires et toujours dans une zone extrêmement petite qui n'offre aucun dépaysement. Dommage.
De beaux visuels, une ambiance sonore peu présente
J'ai joué à Infinity Strash sur PlayStation 5, et s'il y a bien une caractéristique qui a su me convaincre, c'est la qualité de reproduction des personnages de l'anime en modèle 3D. Les animations sont fluides et je n'ai remarqué aucun ralentissement ou problèmes techniques. En même temps, il serait triste que, dans des zones aussi petites, il y en ait... Bien que les visuels soient de qualité, les environnements génériques dans lesquels nous progressons ne nous immerge en rien dans une aventure.

Comme je le disais plus haut, si je joue à Adventure of Dai, je veux m'émerveiller de l'atmosphère de l'anime. L'aspect restreint des zones est bien trop insuffisant pour nous donner une quelconque satisfaction. La musique, quant à elle, est bien présente durant les portions de scénario illustrées par des captures fixes de l'anime, mais en mission, c'est le calme plat. Il m'est arrivé de devoir tendre l'oreille pour capter ne serait-ce qu'une petite note.
Aux oubliettes et vite !
Infinity Strash échoue dans tous les domaines qu'il aborde. Il présente une direction artistique de qualité, mais qui ne s'épanouit pas pleinement dans ce contexte, une progression semblable à celle d'un RPG mobile de mauvaise qualité, des cinématiques intéressantes mais trop courtes, et un gameplay de combat trop rigide. Tout cela, associé à une répétitivité accablante, fait de ce jeu un échec retentissant à mes yeux. Dragon Quest The Adventure of Dai aurait mérité un bien meilleur traitement et dire que l'intégralité des arcs n'est pas reprise dans le jeu... Franchement, si c'est pour réitérer les mêmes erreurs, il vaut mieux que la supposée suite demeure à jamais dans l'oubli...
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Infinity Strash Dragon Quest The Adventure of Dai
- Date de sortie (Europe) : 28/09/2023
- Développeur : Square Enix
- Éditeur : Square Enix
- Genres : Action
- Consoles : Ps4, Ps5, Switch, PC
- Sa direction artistique
- Sa progression
- Son système de combat
- Son approche de la narration
- Sa musique peu présente
- Ses similarités trop marquées avec le RPG mobile
- Sa répétitivité
- Sa durée de vie (18 heures en ligne droite)
- Aucune exploration (même dans le sanctuaire)
- Même pas le minimum syndical d'une aventure




