Test de Lords of the Fallen ou l'apprentissage par l'échec...

Test de Lords of the Fallen ou l’apprentissage par l’échec…

19 octobre 2023 Sadness 11 MIN
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Les jeux de type Souls-like, un genre apparu grâce à Hidetaka Miyazaki avec Demon’s Souls en 2009, ont suscité l’émulation de nombreux développeurs. Lords of the Fallen fait partie de ces tentatives, ayant vu le jour en 2014 sur PlayStation 4 et ayant été développé par Hexworks. Malheureusement, il n’a pas réussi à atteindre le niveau de qualité des célèbres Dark Souls. Conscient de cet écart, le studio a pris la décision de repartir à zéro, avec l’espoir de créer un Souls-like grandiose. Dans cette critique, nous allons voir ensemble si cette nouvelle tentative est à la hauteur d’un Souls-like de nouvelle génération.

Il est à noter que le test a été réalisé sur PlayStation 5 avec l’aimable concours de Plaion.

De la Dark Fantasy à l’état pur

Il est bien connu que, à l’instar de titres tels que Nioh et Sekiro, l’histoire d’un Souls-like est généralement cryptique. Le joueur se trouve ainsi dans l’obligation de chercher, lire et comprendre ce qui se déroule, créant ainsi une atmosphère angoissante, mais suscitant surtout un désir ardent d’en apprendre davantage. L’intrigue se situe dans un monde où un dieu nommé Adyr a été vaincu, mais il renaît des millénaires plus tard, cherchant à conquérir le monde avec son armée de morts-vivants. Vous incarnez un Porte-lampe, chargé de sauver le monde. Vous explorerez ce monde, voyageant entre Axiom (le monde des vivants) et Umbral (le monde des morts), cherchant à discerner la meilleure voie à suivre : obéir aux directives qui vous sont données pour satisfaire les demandes des hommes ou bien chercher des alternatives.

Lords of the Fallen ou l'apprentissage de l'échec Hexworks CIGames Plaion

Lords of the Fallen propose donc plusieurs dénouements, trois pour être précis, et il faudra effectuer de nombreuses recherches et quêtes pour les obtenir tous. Bien que l’histoire soit parsemée de mystères, elle est moins complexe que ce que l’on pourrait rencontrer dans un jeu tel qu’Elden Ring. Ici, vous bénéficiez de plusieurs séquences cinématiques qui éclairent vos actions, accompagnées de textes plus abondants. Cependant, ne vous attendez pas à un déluge de dialogues, car il s’agit tout de même d’un Souls-like. Le jeu parvient à susciter votre curiosité, même si ce n’est pas son élément central.

Sombre et beau à la fois

Il convient de préciser que Lords of the Fallen aspire à être le premier véritable Souls-like de nouvelle génération, développé avec l’Unreal Engine 5. Visuellement, le jeu s’avère globalement beau, parvenant par moments à éblouir par sa qualité graphique. Cependant, au cours de notre test, quelques problèmes d’affichage ont été observés, notamment des retards d’apparition d’éléments tels que l’herbe ou des textures qui s’affichent quelques secondes après. Ces imperfections, bien que non handicapantes, laissent penser que le studio a la capacité de les rectifier. C’est précisément ce que le studio s’efforce de faire, car nous avons déjà reçu de nombreuses mises à jour corrigeant certains aspects du jeu, le rendant ainsi de plus en plus plaisant au fil du temps.

Lords of the Fallen ou l'apprentissage de l'échec Hexworks CIGames Plaion

Sur le plan artistique, Lords of the Fallen est une réussite incontestable. L’univers créé se révèle cohérent dans son ensemble, et l’exploration des divers biomes est un plaisir. Il est important de noter que le jeu ne propose pas un monde ouvert, mais il se compose de plusieurs types de zones. Un marais, un château, un environnement enneigé, chacun étant connecté par des raccourcis permettant au joueur de choisir où aller. Et ce, conformément à la tradition dont héritent les Souls-like.

En ce qui concerne la bande-son, le travail de Cris Velasco et Knut Avenstroup Haugen est un véritable régal musical, plongeant les joueurs directement dans l’atmosphère du jeu. Que ce soit avec des compositions épiques pour les combats de boss ou des morceaux angoissants dans l’Umbral, la musique ajoute une dimension captivante à l’expérience.

Lords of the Fallen ou l'apprentissage de l'échec Hexworks CIGames Plaion

En résumé, malgré quelques imperfections, notamment sur la version PC (telles que des problèmes de framerate), d’après ce que nous pouvons lire et entendre sur la toile, la version testée est agréable visuellement, même si elle n’est pas le jeu le plus époustouflant de la console.

Mourir, revenir, mourir, encore & encore

Nous entrons maintenant dans le cœur du sujet. Malgré certaines améliorations graphiques nécessaires, Lords of the Fallen parvient-il à offrir un gameplay de qualité ? Le jeu coche plusieurs cases qui sont essentielles à un bon Souls-like, et il est crucial de le noter, même s’il comporte quelques imperfections qui pourraient agacer certains joueurs, voire les pousser à la frustration, au point de casser leurs claviers ou manettes.

Comme dans tout jeu de ce genre, vous avez la possibilité de créer votre personnage, homme ou femme, et de choisir parmi plusieurs classes, allant du Saint-Chevalier au Condamné. Pour ma part, j’ai opté pour la classe du Condamné, désireux de personnaliser mon personnage en fonction de mes préférences en matière de statistiques. Ce choix s’est avéré difficile au début, car sans une arme adéquate, progresser dans ce type de jeu peut s’avérer complexe.

Au début de l’aventure, vous acquérez diverses compétences, notamment celles liées à l’art de l’attaque, de la parade (y compris les parades parfaites), des esquives, ainsi que l’utilisation de la magie. Lords of the Fallen est un jeu d’action, vous permettant d’exécuter divers types de coups, des plus légers aux plus puissants, tout en gardant à l’esprit que cela consomme votre endurance. Il en va de même pour l’esquive, qui représente l’un des éléments cruciaux de tout jeu de type Souls-like. Pour les initiés, le titre se révèle moins rigide au niveau du gameplay que Demon’s Souls, et pourrait davantage s’apparenter à un Dark Souls 3 ou Elden Ring, dans la mesure où le jeu est plus dynamique, sans toutefois atteindre le style beat ’em up. Vous aurez également la possibilité d’utiliser des armes à distance, telles qu’un arc, des couteaux, voire même une arbalète.

En ce qui concerne les esquives, j’ai trouvé que le jeu en abusait légèrement, au point qu’une double pression du bouton vous propulse comme Sonic, soit dans un mur, soit dans le vide. Cela peut sembler amusant la première fois, mais après quelques heures de jeu, on s’y habitue tout de même. Il convient de noter que l’utilisation de l’esquive est particulièrement cruciale dans un jeu de ce type, car le moindre coup, surtout de la part d’un boss, peut parfois vous anéantir en un seul assaut. Ensuite, il vous faudra maîtriser l’équilibre entre l’esquive et la parade parfaite, cette dernière étant tout aussi essentielle pour pouvoir déclencher, une fois la barre de posture brisée, une attaque dévastatrice du plus bel effet, telle que l’empalement d’un ennemi ou la décapitation. Quant à la magie, son apprentissage passe par l’acquisition de parchemins, que vous pourrez acheter chez des marchands ou trouver au cours de vos aventures. Cependant, il vous faudra une arme appropriée pour les utiliser.

Lords of the Fallen ou l'apprentissage de l'échec Hexworks CIGames Plaion

Sadness : Le plaisir de faire un coup de pied et de voir tomber son ennemi, une joie !

Pour les armes et les armures, vous avez l’embarras du choix, ce qui vous permet de créer le personnage de vos rêves, en utilisant l’arme qui vous convient le mieux. Il est à noter que certaines armes rendent le jeu plus facile ou plus difficile, mais cela ne constitue pas nécessairement un point négatif, comme nous l’évoquerons plus loin. Grâce à la forge, vous pouvez améliorer vos armes et boucliers, en y ajoutant des runes pour augmenter certaines statistiques, comme la radiance (la puissance de la lumière). En ce qui concerne l’évolution du personnage, le processus est assez traditionnel. Chaque fois que vous tuez un ennemi, vous gagnez des âmes qui vous permettent d’améliorer vos caractéristiques à votre guise. Il est à noter que ces âmes servent également de monnaie pour acheter des objets, et si vous mourez, vous devez parcourir toute la zone depuis votre dernier point de sauvegarde pour les récupérer.

Justement, parlons de ces points de sauvegarde. Tout comme les feux de camp dans Dark Souls, ils vous permettent de vous téléporter d’un endroit à un autre, ainsi que de vous reposer (ce qui fait réapparaître tous les ennemis). Un point qui m’a légèrement dérangé est la distance que l’on doit parcourir entre chaque point de sauvegarde (représentés par des effigies), en particulier compte tenu du nombre d’ennemis à vaincre. J’ai eu l’impression qu’augmenter la difficulté signifiait amasser une dizaine d’ennemis au même endroit, dont certains nécessitaient d’être éliminés à distance. Cela permet sans doute de ne pas limiter le jeu au combat rapproché, mais pour un vétéran habitué à manier de grosses épées sans magies dans un Souls, cela peut devenir un peu gênant.

Il y a, à mon avis, un léger problème à ce niveau : l’exploration est stimulante, mais le véritable défi devrait se trouver dans les combats contre les boss, plutôt que dans l’affrontement avec les ennemis standards, qui sont parfois les mêmes d’une zone à l’autre, voire des versions réduites de boss déjà affrontés. Les boss de Lords of the Fallen ne sont pas insurmontables, d’autant plus que le jeu vous offre une sorte de seconde chance lorsque vous mourez, vous renvoyant dans l’Umbral. Ces derniers vous permettent également de récupérer leurs armes avec une monnaie d’échange plus rare à trouver dans le jeu.

L’Umbral, ou le monde de l’angoisse, est en effet très angoissant. Le fait de pouvoir passer de l’un à l’autre est un mécanisme intéressant. Vous entrez dans l’Umbral pour découvrir des endroits cachés et progresser dans l’aventure. Cette fonctionnalité se révèle donc utile et bien conçue. Cependant, vous ne pouvez pas y rester trop longtemps, sous peine d’être attaqué par un nombre croissant d’ennemis si vous tentez de prolonger votre séjour. L’Umbral vous permet également de trouver des points de sauvegarde temporaires, qui disparaissent dès que vous en trouvez un autre, offrant ainsi des moments de pause avant de rejoindre une effigie.

Sadness : C’est toujours drôle d’arriver à faire boguer un boss !

En ce qui concerne le multijoueur, soyez prêts à subir des invasions si vous jouez en ligne. Lords of the Fallen se distingue par le fait que l’intégralité du jeu peut être complété en coopération. Dark Souls, quant à lui se limitait aux boss, renvoyant votre ami dans sa partie juste après sa défaite.

En résumé, Lords of the Fallen répond aux attentes d’un véritable jeu de type Souls-like en ce qui concerne son gameplay, tout en introduisant quelques éléments novateurs. Le jeu se distingue par son aspect inventif, notamment grâce à l’importance accordée à l’exploration, bien que celle-ci soit entravée par la présence d’un grand nombre d’ennemis, engendrant un certain déséquilibre entre l’exploration avec de nombreux ennemis et les combats contre les boss, toutefois, cela n’entache en rien l’expérience de jeu. Ainsi, il est nécessaire de faire preuve de patience et d’accepter que le plaisir réside dans l’apprentissage par l’échec. Il ne faut donc pas percevoir la défaite comme une mauvaise chose, mais plutôt comme une occasion de réflexion pour comprendre les raisons de notre mort. Parfois, certaines zones peuvent s’avérer trop difficiles à explorer, et il est alors préférable de revenir plus tard avec un meilleur équipement ou d’adopter une approche plus prudente.

Le roi s’est-il donc relevé ?

Je ne vais pas le cacher, j’ai apprécié mon voyage dans Lords of the Fallen malgré les divers problèmes rencontrés. Le jeu est plaisant à parcourir, et j’apprécie toujours autant le fait de devoir mourir encore et encore, puis revenir après avoir acquis quelques niveaux et armes pour affronter un boss qui m’a donné du fil à retordre. Cependant, le problème de l’équilibrage dans les zones d’exploration, avec une grande quantité d’ennemis, peut parfois donner envie d’abandonner le jeu. Néanmoins, il faut savoir surmonter ce type de difficulté, car Lords of the Fallen a de nombreux points forts, tels que la personnalisation du personnage en raison du grand nombre d’armes, d’armures et de sorts disponibles, ainsi que quelques boss offrant des innovations intéressantes en termes de gameplay, comme la possibilité de faire chuter un boss à cheval en passant par l’Umbral.

Lords of the Fallen ou l'apprentissage de l'échec Hexworks CIGames Plaion

Cependant, il manque néanmoins quelque chose pour rivaliser avec les plus grands, et je pense que la réponse est assez évidente. Les mécaniques des deux mondes sont une bonne idée, mais il est essentiel de doser la difficulté de manière à ce qu’elle ne devienne pas insurmontable sans raison. Un jeu se prétendant être un Souls-like est bien sûr connu pour sa difficulté, et il est courant de dire aux joueurs « apprenez à jouer et vous progresserez ». Cependant, dans Lords of the Fallen, que vous soyez de niveau 1 ou 100, l’exploration reste ardue, ce qui diminue la sensation véritable d’accomplissement, pourtant, les Boss sont loin d’être ce qu’il y a de plus complexe. Lords of the Fallen s’adresse donc vraiment à un public prêt à recommencer encore et encore pour avancer, mais n’est-ce pas là l’essence même d’un Souls-like ?

En définitive, Lords of the Fallen a su s’améliorer depuis 2014. Si vous ressentez un manque de jeux de ce type, après Lies of P ou bien Elden Ring, n’hésitez pas à vous y plonger, mais à vos risques et périls.

8 Lords of the Fallen

  • Date de sortie (Japon) : 13/10/2023
  • Date de sortie (Europe) : 13/10/2023
  • Développeur : Hexworks
  • Éditeur : CI Games
  • Genres : Action
  • Consoles : Ps5, PC, Series
  • Scénario 75%
  • Technique 80%
  • Gameplay 80%
  • Plaisir 80%
  • L'exploration
  • Les diverses mécaniques
  • Les combats
  • Difficulté ou frustration ?
  • Quelques bugs
  • Un bestiaire qui se renouvelle peu

Sadness

Fan d'Animation japonaise depuis le Club Dorothée et grand amoureux de JRPG (Shadow Hearts / Lost Odyssey / Les Kiseki)

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