Ghostpia

Test de ghostpia Season One – All is poop

23 novembre 2023 Shoko 5 MIN
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Développé par Chousuidou (超水道) et édité par Room6, Yokaze, ghostpia est un visual novel kinetic d’un nouveau genre, qui offre une expérience s’étendant sur une dizaine d’heures. Cette œuvre particulière se distingue par la fusion audacieuse de divers styles graphiques et scénaristiques, cherchant à établir un contraste entre ses tons pastel, et les thèmes parfois violents qu’elle explore. Dans cette aventure, la question se pose : le mélange de ces éléments sera-t-il judicieux, ou au contraire, mal avisé ? C’est ce que nous tenterons d’explorer dans cette narration où se rencontrent une esthétique inhabituelle et un récit qui tend vers la philosophie.

L’utopie faite d’esprits

Dans une ville enneigée, isolée du reste du monde, se trouve un lieu où vivent des individus incapables de mourir. Ne pouvant apparaître aux rayons du soleil sans fondre littéralement accompagnés de vives douleurs, les êtres immortels qui peuplent cet endroit répètent inlassablement leur quotidien dans une boucle qui semble infinie. S’ils décèdent, ils ressuscitent dès le lendemain.

Malgré tout, quelques personnages refusent de se laisser vivre et cherchent à voir au-delà de la neige, au-delà du vide. Sayako, une jeune brune souffrant d’amnésie plus poussée que le reste des villageois, aspire à traverser le désert de neige où personne n’a encore mis les pieds. Plutôt solitaire, rejetée par certains habitants, elle finira tout de même par se lier d’amitié avec des compagnons d’infortune, à savoir Pacifica, Anya, et Yoru, des personnages récurrents. Ensemble, ils lutteront contre leur ennemi commun, l’Église, qui refuse tout changement.

ghostpia Season One

Ghostpia Season One, petite œuvre indépendante empreinte de philosophie et de nostalgie, est une boule de neige de sentiments froids à l’humour qui tend vers deux extrêmes : enfantin ou morbide.

Rewind, Rewind !

Comme son titre l’indique, il s’agit d’une histoire dont la suite est prévue. La saison une est découpée en cinq épisodes qui commencent chacun avec une vidéo d’ouverture, et un générique de fin. Les épisodes sont assez courts, mais riches en émotions selon votre sensibilité. Sous des approches légères, la mort est un thème récurrent, et notre personnage n’est pas une sainte. La violence est autant mentale que physique, et Sayoko sera la première à en faire les preuves. Certains dessins se veulent psychologiquement dérangeants, et ils y parviennent. On comprend mieux la notion d’horreur et de violence que le studio veut nous présenter.

ghostpia Season One

Vous n’aurez aucun gameplay à proprement parler ; il s’agit d’un visual novel kinetic qui se laisse parcourir comme un film. L’interface, plutôt sensible (étant moi-même retournée en arrière sans le vouloir de nombreuses fois), se présente comme une cassette que l’on peut rembobiner, mettre en pause, ou avancer. Vous pouvez bien évidemment laisser le jeu en mode automatique pour votre lecture si vous le souhaitez. Il n’y a en revanche pas de galerie contrairement à ce que nous a habitué le genre. Il s’agit d’un nouveau sous-genre dans cette catégorie, dites « denshi » pour une contraction d’électrique et digital.

Ne vous laissez pas tromper par ses traits doux et ses couleurs vives et chaleureuses qui rappellent un conte pour enfant dessiné à la craie. Ghostpia mélange plusieurs styles graphiques, présentant du pixel art pour les dialogues de ses personnages, des bulles de dialogues ou des cases comme des bandes dessinées sur plusieurs planches, voire des éléments caractéristiques du manga, ou encore des animations vidéo. Vous aurez la possibilité, si vous ne supportez pas l’effet « glitch » de l’œuvre, d’en retirer l’effet dans les menus. Il apporte une ambiance particulière à l’œuvre, mais ne fait pas bon ménage avec les migraineux.

ghostpia Season One
Les personnages sont bien expressifs, et passent d’une émotion à l’autre au cours du récit, autant sur leurs traits que dans leurs mots. L’ensemble tient bien la route bien qu’on ait l’impression d’être un cobaye en phase de test tant on nous présente différents éléments dans le même chapitre. Les fantômes prennent vie à l’écran en sortant complètement de leur cadre, à se demander parfois s’ils ne tenteraient pas de nous atteindre derrière notre écran.

Les sons se répètent tout au long de l’œuvre, ils restent assez discrets, nous plongeant dans la spirale hivernale que le jeu inspire. Ils se laissent bien écouter, mais plus de variations auraient été agréables, devenant assez lassants passé un cap. Je me suis retrouvée à les chantonner sans m’en rendre compte, donc ils demeurent entraînants dans l’ensemble.

ghostpia Season One

L’effet boule de neige

Les épisodes nous aident au fur et à mesure à nous attacher aux personnages, sans nous fournir de réponses à toutes les questions qu’ils soulèvent. Des histoires d’amour naissantes, et des amitiés profondes se forment de manière subtile, offrant plusieurs points de vue sur les différentes personnalités illustrées par les divers personnages que l’on suit. Sayako, bien qu’étant le personnage principal, n’est pas celle qui ressort le plus dans l’œuvre, elle nous offre uniquement une fenêtre vers ce monde qui mériterait de se dévoiler un peu plus. Il s’agit sans doute d’une ouverture vers une saison deux qui réservera encore d’autres surprises aux lecteurs que nous sommes.

ghostpia Season One

Ghostpia est un jeu qui laisse sur sa faim, et qui ne se dévore pas en une fois pour bien s’imprégner de l’ambiance dans lequel il nous plonge. Dans ce monde où le temps n’a plus sa place, nous découvrons des esprits attachants qui tentent de nous chuchoter leur façon de voir les choses. De la petite mamie sénile qu’on ne souhaite pas abandonner malgré son fort caractère, à la bienveillance sans monnaie d’échange de mon personnage préféré, Ghostpia saura se frayer une petite place dans votre bibliothèque pour vous permettre une introspection enfantine, où malgré tout, rien n’a d’importance. Il s’agit d’un rêve dans lequel on s’évade, et s’intègre, tout en ne se laissant pas sombrer par les sentiments négatifs pourtant omniprésents.

Disponible sur Switch depuis le 23/05/2023 et quelques mois plus tard sur PC via Steam, Ghostpia supporte les langues japonaise, chinoise et anglaise. La démo est téléchargeable sur Steam pour ceux qui hésiteraient à se lancer dans cette aventure.

7 ghostpia Season One

  • Date de sortie (Japon) : 23/05/2023
  • Date de sortie (Europe) : 23/05/2023
  • Développeur : Chosuido
  • Éditeur : room6
  • Consoles : PC
  • Scénario 80%
  • Technique 80%
  • Gameplay 10%
  • Plaisir 70%
  • Histoire complexe
  • Dessins doux et chaleureux
  • Mélange de style visuels
  • Ambiance
  • Musique trop répétitive
  • Pas terminé

Shoko

Vous prendrez bien une tasse de thé ? Shoko, pour vous servir ! Fervente admiratrice de la culture japonaise et de ce qui s'y rapporte depuis le berceau ou presque. J'aime varier les plaisirs entre lecture, gaming et animation japonaise. J'aime particulièrement les jeux vidéos avec un soft spot pour tout ce qui se rapporte au JRPG, rétro comme moderne, pas de jaloux ! Mon premier amour dans cet univers merveilleux pour n'en citer qu'un ? Celui de l'ombre et de la lumière, la saga des Kingdom hearts !

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