Dead Rising, qu’est-ce donc que cela ? Un simple jeu de zombies, diront certains, un précurseur inspirant des milliers d’autres jeux où l’humour côtoie l’horreur, dissimulé sous un voile d’excentricité et de morbidité. Pourtant, à bien y regarder, n’y a-t-il pas autre chose ? Une satire bouffonne de notre société moderne, où l’absurdité des comportements humains se révèle dans la panique et le chaos des situations de survie. Face à la menace de la mort imminente, l’homme est capable des pires excentricités, flirtant avec la déviance. C’est là tout le propos de Dead Rising. À travers l’objectif de Frank West, ce jeu nous offre une galerie de personnages poussés à leurs extrêmes, exposant la fragilité de la raison humaine face à l’instinct de survie. Entre utilisation grotesque d’armes improvisées et comportements outranciers, le jeu dévoile, sous une forme burlesque, une réflexion plus profonde sur l’humanité confrontée à ses propres peurs.
Ce test fut possible grâce à la participation de l’éditeur, et ce, sur PlayStation 5.
Dead Rising Remaster Deluxe – Absurde, comique et contre la montre
Dans Dead Rising, le destin de Frank West, un photojournaliste intrépide, bascule lorsqu’il saisit l’opportunité de sa carrière : couvrir une mystérieuse épidémie dans la ville fictive de Willamette, au cœur du Colorado. Convoyé en hélicoptère, il se retrouve rapidement déposé sur le toit d’un centre commercial monumental, plongé dans le chaos. Ce qui devait être une enquête ordinaire se transforme en une course effrénée contre le temps, alors qu’une horde de zombies impitoyables sème la désolation en contrebas. Le cadre est posé : Frank n’a que 72 heures pour découvrir la vérité derrière cet enfer, tout en luttant pour sa survie. Chaque instant qui s’écoule rapproche un peu plus la ville d’un funeste dénouement. Pourtant, au-delà des légions de morts-vivants qui infestent le centre commercial, une conspiration plus sombre semble se dessiner, une ombre émanant d’une ville éloignée, Santa Cabeza, et d’un complot impliquant les plus hautes sphères du DHS, le Department of Homeland Security.

Mais pourquoi ce jeu, sorti initalement en 2006, a-t-il connu un tel succès, au point de marquer l’histoire vidéoludique ? D’abord, par son audace : offrir au joueur un espace clos, celui d’un centre commercial, véritable microcosme de la société de consommation, et y injecter une apocalypse de zombies. La structure ouverte du jeu, où chaque minute compte, a permis d’instaurer une certaine tension qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Le joueur n’est plus simplement un spectateur ; il doit jongler entre exploration, sauvetage des survivants et survie personnelle, tout en se délectant de la multitude de moyens mis à sa disposition pour abattre ses ennemis avec une créativité aussi macabre que jubilatoire. Le retour de Dead Rising dans une merveilleuse remastérisation par Capcom n’est pas qu’un hommage nostalgique. C’est l’occasion de redécouvrir ce joyau à l’humour noir, ses mécaniques de jeu uniques et sa critique subtile de notre société. Le charme opère encore, car au-delà des zombies, c’est bien de l’humain, dans toute sa folie et son absurdité, dont il est question.
Un gameplay simple, mais addictif
Le joueur prend les commandes de ce héros en vue à la troisième personne, avec pour mission de mener à bien diverses quêtes dans un temps limité. Chaque action, chaque décision, rapproche Frank de son destin, et au fil de ses exploits, il évolue. Car dans Dead Rising, la progression du personnage est intrinsèquement liée à ses actes. Le système de niveaux, allant de 1 à 50, confère à Frank de nouvelles capacités à chaque palier atteint, que ce soit des coups de corps à corps plus dévastateurs, la possibilité de sauter plus haut ou de courir plus vite, ou encore une augmentation de ses points de santé.

Mais la véritable richesse de ce jeu réside dans les points de prestige (PP) que Frank accumule. Ces points, méticuleusement gagnés en photographiant les scènes macabres, en secourant des survivants, ou en décimant des zombies par centaines, reflètent l’expérience du joueur. Chaque cliché, chaque vie sauvée ou arrachée à la mort, devient une preuve de la résilience et de l’ingéniosité de Frank face à ce chaos implacable. Pour survivre, tout objet à portée de main devient une arme potentielle. Qu’il s’agisse d’une batte de baseball, d’un couteau de cuisine, d’une barre de fer rouillée ou même d’une simple chaise, chaque instrument trouvé dans le centre commercial peut être utilisé pour défendre sa vie. Et lorsque les blessures s’accumulent, la régénération passe par les ressources du lieu : une bouteille de vin, un jus d’orange fraîchement pressé ou une tarte prise à la volée deviennent autant de remèdes contre la mort imminente.

Frank ne se contente pas de lutter pour sa survie. Il peut également améliorer ses compétences à travers des livres éparpillés dans le centre commercial. Ces ouvrages, aux titres variés, lui permettent de maximiser l’efficacité de ses armes ou d’augmenter les points de prestige gagnés pour chaque zombie abattu. Toutefois, ces bonus se font au détriment d’un précieux espace dans l’inventaire, forçant le joueur à jongler constamment entre stratégie et nécessité. De plus, le jeu propose un éventail de missions, certaines pour l’avancée de l’intrigue principale, tandis que d’autres sont optionnelles, laissant au joueur la liberté d’intervenir ou non. Sauver des survivants, affronter des psychopathes rendus fous par l’enfer qui les entoure, ou simplement errer dans cet immense centre commercial, chaque choix détermine le destin de Frank. La tension permanente, amplifiée par la gestion du temps, transforme chaque rencontre en une course effrénée contre l’oubli et la mort. Dans Dead Rising, le centre commercial, symbolisant autrefois la sécurité et l’abondance, devient une arène de survie où l’homme, armé de tout ce qu’il trouve, lutte non seulement contre les zombies, mais aussi contre sa propre folie.

Cette version apporte avec elle quelques fonctionnalités supplémentaires telles que la sauvegarde automatique, une meilleure mobilité pour le personnage de Frank, la visée en déplacement, ainsi que l’utilisation de certains objets en mouvement. Néanmoins, quelques points fâcheux ne plairont pas aux fans. En effet, la censure est bien présente dans cet opus : les clichés +18, qu’il était possible de prendre dans l’original, ont malheureusement été supprimés ici.
Le RE Engine entre en scène
Quel plaisir de constater le soin minutieux apporté par les développeurs à ce Dead Rising, baptisé remaster, mais flirtant avec les frontières du remake tant l’effort de modernisation est palpable. Connaissant la licence de nom sans jamais avoir eu l’occasion de l’explorer moi-même, j’ai pris le temps de visionner quelques séquences de gameplay pour juger de l’ampleur du changement. Le constat est sans appel : Dead Rising Remaster Deluxe s’affiche sous des atours dignes de la nouvelle génération de consoles. En effet, le studio n’a pas trahi ses promesses. Le jeu tourne avec une fluidité impressionnante sur PlayStation 5, affichant fièrement une résolution 4K couplée à un taux de 60 images par seconde.

Il est rare, de nos jours, de voir des développeurs offrir un tel compromis où l’on n’a pas à sacrifier l’un pour l’autre, soit la performance, soit la qualité visuelle. L’ambiance musicale est aussi, si l’on tend l’oreille, influencée par la tenue de notre bon Frank. Par exemple, si vous portez la tenue de Megaman, offerte parmi une multitude d’autres dans cette version, les haut-parleurs du centre commercial diffuseront le thème principal du jeu.
Si tous les remasters lui ressemblaient…
Si j’ai été attiré par le jeu au départ, c’est grâce à la vidéo de gameplay proposée par Capcom durant les évènements estivaux 2024. J’avais remarqué que le personnage jouable possédait un système de niveaux et de statistiques, et mon âme de fan de RPG s’est éveillée. Au final, je ne soupçonnais pas que j’allais être captivé par le propos du titre et par sa satire de la société humaine. La folie, la déviance et ce dont l’humain est capable dans des situations de mort imminente sont magistralement représentés dans le jeu. Un autre point qui m’a transcendé, c’est l’humour noir omniprésent et l’excentricité des personnages secondaires. Entre Aoron, le clown triste et violent, et Kent, le photographe déluré, vous n’aurez pas le temps de faire face à votre propre mort sans d’abord vous amuser de ces personnages devenus iconiques. Pour ma part, si vous n’avez jamais essayé cette série, je ne peux que vous la recommander, car j’y ai passé un moment cruellement mémorable.
Dead Rising Deluxe Remaster est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series, et PC via Steam en dématérialisé. Il sortira en édition physique le 8 novembre 2024.
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Dead Rising Deluxe Remaster
- Date de sortie (Japon) : 19/09/2024
- Date de sortie (Europe) : 19/09/2024
- Développeur : Capcom
- Éditeur : Capcom
- Genres : Action
- Consoles : PS5, PC, Series
- Scénario 70%
- Technique 80%
- Gameplay 90%
- Plaisir 80%
- Sa direction artistique
- Son humour noir
- L'absurde face à la situation catastrophique
- Son gameplay simpliste, mais hautement addictif
- Les psychopathes et leur écriture
- Le doublage intégral en français
- La caméra
- Le clipping çà et là

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