Test de Sky Oceans: Wings for Hire – Ohé Capitaine abandonné !
Passé entre nos mains pour une récente preview qui nous avait laissés dubitatifs, Sky Oceans: Wings for Hire revient aujourd’hui en force pour son test final. Passera-t-il cette fois son brevet de pilote vidéoludique ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir à travers ce nouveau test.
On s’envole vers d’autres cieux
Mais commençons par le commencement voulez-vous et décollons pour cette aventure aérienne, teintée de pirates du ciel et de trahisons. Pour rappel, l’aventure de Sky Oceans nous emmène sur la petite île céleste de Floraise, à la rencontre du jeune Glenn Marchevent. Jeune diplômé de l’école d’aviation locale, il rêve de devenir, à l’instar de ses parents, explorateur céleste, afin de partir sans relâche à la découverte d’un monde brisé où seules quelques îles élevées semblent subsister. Hanté par la disparition de son père lors d’une expédition, Glenn vit désormais avec sa mère, qui subsiste dans une dépression quasi permanente, accablée par la perte de son mari. Le jeune Glenn, quant à lui, soucieux de perpétuer le souvenir de son père, est prêt à arpenter le ciel avec ses amis afin de résoudre le mystère qui se cache derrière sa mort et la perte de son équipage.
Malheureusement pour lui, son village se verra être la cible de l’Alliance, une force écrasante et belliqueuse et qui semble être, contre toute attente, à la recherche d’un secret visant les Marchevent. Obligé de prendre la fuite avec sa mère et ses amis, ils finiront par se faire rattraper, obligeant ainsi la mère de Glenn à se sacrifier pour leur permettre de s’enfuir. Fou de rage et désormais perdu, Glenn n’aura plus qu’un seul objectif, venger la mort de sa mère et vaincre l’alliance.

L’exploration du vide
Pour nous faire vivre cette aventure aux allures de tragédie, le titre nous propose différentes phases de jeu. Viennent tout d’abord les phases à terre, pendant lesquelles vous contrôlerez votre personnage, afin de faire avancer l’histoire. Ici, vous aurez bien évidemment pour tâche de faire tout ce qu’un personnage de RPG fait en général, à savoir discuter sans stress avec les gens, accomplir des quêtes annexes ou encore trouver les coffres dissimulés un peu partout. Mais malheureusement pour nous, c’est à partir d’ici que les problèmes de Sky Oceans: Wings for Hire commencent à se faire sentir. Vides et généralement sans vie, les villes offrent des paysages mornes et sans reliefs, où chaque coin risque de vous faire heurter un mur invisible. Les personnages quant à eux, bien souvent statiques proposent des faciès sans vie qui ne reflètent en rien leurs humeurs.

Viendront ensuite des phases de pilotage durant lesquelles vous aurez pour tâche de manipuler votre vaisseau ou celui de vos compagnons, afin de le faire naviguer vers certains objectifs tout en évitant les hordes d’ennemis. C’est au sein de ces zones fermées par des vents violents que vous accomplirez vos missions et combattrez les flottes adverses qui sont à vos trousses. Vous pourrez également y trouver divers trésors et objets, cachés un peu partout dans des coffres. Mais bien qu’originale dans son approche, cette phase de gameplay est malheureusement une fois encore mal exécutée. En effet, ces phases disposent d’une jouabilité douteuse qui envoie parfois notre vaisseau beaucoup trop vite dans le décor ou contre un mur de vent qui délimite la zone, et qui viendra abimer notre vaisseau, pouvant ainsi nous mener jusqu’au Game Over.
Bien évidemment un RPG ne serait rien sans ses combats. Et c’est justement là que le titre tente de se distinguer en nous proposant des combats aériens au tour par tour. Ainsi, contrôlant votre vaisseau, mais aussi celui de vos coéquipiers, il ne tiendra plus qu’à vous d’utiliser votre artillerie et vos capacités pour vous sortir de vos déboires. Originaux dans leur approche, les combats vous proposeront ainsi de vous mesurer à différents adversaires des cieux. Que cela soit contre des monstres volants ou encore des pirates, vos pilotes devront faire preuve d’audace et d’initiative pour sortir vainqueurs de ces joutes célestes.
Chaque membre de votre équipe, composée généralement de trois ou quatre personnages, devra à son tour, choisir comment combattre. Pour ce faire, vous aurez le choix entre différentes options allant de l’attaque simple, en passant par les techniques spéciales qui elles, couteront des points de techniques, ou enfin l’utilisation d’objets divers et variés. Bien qu’assez classique dans ses choix, les combats offriront une certaine mesure tactique en proposant des attaques basées sur divers éléments et affinités. Ce sera alors à vous de trouver les points faibles ennemis et de prendre l’avantage sur eux.
Au final, on se retrouve avec des combats certes intéressants, mais un poil longs, notamment à cause des courtes cinématiques déclenchées à chaque attaque, ce qui à tendance à casser le rythme du jeu. Une fois encore ce sont les divers bugs présents qui viendront ternir l’expérience, déclinant parfois un affichage réduit ou erroné. Dommage.

Sachez que vous aurez également la possibilité de naviguer sur la mappemonde aux commandes de votre vaisseau mère. Il vous sera ainsi possible de naviguer d’île en île afin de visiter les villes et lieux, mais également de rencontrer sur votre route marchands et pirates. Les premiers, bienveillants, viendront vous proposer des marchandises tandis que les derniers, surtout bienveillants envers eux-mêmes, voudront vous délester de ces mêmes marchandises.
Sky Oceans: Wings for Hire – Vers le non fini et l’au-delà
Comme dit précédemment dans notre preview, une fois passée l’introduction toute en images fixes, on se retrouve catapulté dans un jeu aux allures douteuses. En effet, le titre semble pour le moins daté dans sa réalisation. Exploitant des graphismes issus de l’ère Nintendo DS / Wii, on se retrouve avec un Sky Oceans inexpressif, sollicitant alors des cieux, des villes et des grottes généralement vides de vie et surtout d’animation. Vous ne trouverez que des personnages figés ou peu mobiles et des visages dénués de sentiments qui ne bougent pas d’une ride. L’animation et les déplacements, quant à eux, semblent issus d’un temps où la 3D, encore balbutiante, peinait à faire mouvoir les personnages.
Et c’est effectivement sans compter sur les nombreux bugs d’affichage qui peuplent le jeu tout au long de son aventure. De la disparition pure et simple de certaines textures en passant par un clipping intempestif, Sky Oceans peine à nous immerger dans son monde. Les phases de pilotage quant à elles, sont un peu hasardeuses et peu précises. En effet, bien qu’il soit possible de gérer votre vitesse grâce à votre stick analogique, il pourra vous arriver d’avoir du mal à opérer un demi-tour tant les contrôles peuvent paraitre parfois rigides. Au final, on se retrouve à parfois foncer dans les divers obstacles à la collision un peu floue, vous forçant ainsi à abimer votre esquif. Les déplacements avec votre vaisseau mère, seront eux, sensiblement plus simples. L’expérience est une fois encore ternie par des bugs d’affichage et de rendu. Par exemple, lorsque vous quittez automatiquement un combat, il ne sera pas rare de vous retrouver coincé contre un mur de vent, vous obligeant à redresser la barre et repartir dans une autre direction, dégradant une fois encore votre expérience de jeu.

L’écriture quant à elle peine également à décoller. L’histoire, bien qu’intéressante dans son contenu, manque cruellement de rythme et de style. Les dialogues sont bien souvent réduits au strict minimum et ne présentent que des explications expéditives des tenants et aboutissants des enjeux exposés. Et comme les graphismes et expressions faciales ne sont pas plus dynamiques lors des dialogues, il est alors difficile de s’impliquer. Testé dans la langue de Molière, il est cependant difficile de dire si cela provient d’une écriture basique ou d’une traduction un peu hasardeuse. Toujours est-il que l’on finit par s’ennuyer devant des tirades plates et sans reliefs.
Mais heureusement pour le joueur, tout n’est pas teinté de nuages sombres, car l’expérience Sky Oceans est heureusement rehaussée par certaines bonnes idées.
Un cargo d’idées intéressantes
Car oui, au-delà de ses nombreux défauts de conception, le titre de chez Octeto Studios propose quelques originalités plutôt bien trouvées. Se basant principalement sur la gestion de votre flotte, mais également de votre équipage, Sky Oceans se démarque des autres productions en offrant aux joueurs la possibilité d’influer sur ses vaisseaux en termes de construction, mais aussi sur son équipage grâce notamment à un système de points de commandement.
Tout d’abord, sachez qu’il sera possible de nourrir votre équipage au sein de la cantine de votre vaisseau mère. Vous aurez en effet, à un moment donné du jeu, la possibilité de recruter un cuisinier qui vous proposera d’aménager une cantine afin de servir à votre humble équipage divers menus. Ces derniers, variant selon les moments, viendront donner à vos compagnons certains avantages dans les combats. De la résistance élémentaire en passant par des bonus d’esquive ou d’attaque, chaque menu vous permettra ainsi de personnaliser vos points forts avant toute incartade malencontreuse.

De plus, il vous sera également permis, à travers un psychologue incorporé à l’équipage, de gérer la santé mentale de vos compagnons. Vous pourrez en effet, en dépensant des points de commandement, donner des ordres et directives qui donneront de la motivation à vos troupes, leur permettant ainsi de se développer et de gagner en confiance. De plus, vous pourrez également discuter avec votre équipage afin de les aider à résoudre leurs petits soucis personnels. Disponibles sous forme de petits scénarios, chaque compagnon viendra vous confier ses craintes et ses secrets, et il ne tiendra qu’à vous de les accompagner sur le chemin de la rédemption et de l’acceptation.
Au final, bien que les diverses expériences soient truffées de bugs, on se retrouve avec un titre qui tente réellement de se démarquer dans son approche. Dommage que les nombreux soucis, certainement liés au développement, ternissent notre céleste aventure.
Sky Oceans: Wings for Hire, on ne s’engage pas !
Vous l’aurez compris, Sky Oceans: Wings for Hire ne sera pas la révolution promise. Truffé de défauts en tous genres, on finit par se lasser malgré ses quelques réussites et originalités. Son écriture molle et ses personnages sans vie finissent d’éteindre notre plaisir d’avoir été un pirate du ciel pour quelques heures. Le titre de chez Octeto Studios nous déçoit grandement dans sa réalisation et à su faire s’envoler avec elle toute envie pour nous de poursuivre l’aventure malgré les quelques bonnes idées présentes.
Sky Oceans: Wings for Hire, sera disponible dès le 10 octobre sur PC via Steam, mais aussi sur Switch, PS5 et Xbox Series.
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Sky Oceans: Wings for Hire
- Date de sortie (Europe) : 10/10/2024
- Développeur : Octeto Studios
- Éditeur : PQube
- Genres : Tour par tour
- Consoles : PS5, Switch, PC, Series
- Scénario 60%
- Technique 30%
- Gameplay 40%
- Plaisir 40%
- Un univers original
- Des mécaniques intéressantes
- Une histoire sympathique
- Une narration fade
- Une réalisation catastrophique
- Graphiquement daté

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