Les talentueux artisans de chez Nihon Falcom nous offrent une nouvelle épopée digne des plus belles aventures. Ys X: Nordics, dont la sortie est prévue le 25 octobre 2024 sur PS4, PS5, PC et Nintendo Switch, s’inscrit dans la lignée des RPG d’action de cette série vielle de 37 ans, désormais riche de onze opus principaux, sans compter ses nombreux spin-offs. Cette dernière création nous embarque vers des horizons inexplorés, introduisant une mécanique inédite pour la franchise : l’immensité de la mer. Préparez-vous à larguer les amarres et à lever le voile sur ce voyage à travers notre test.
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Ce test a été réalisé sur PlayStation 5 grâce au noble concours de Plaion.
Pour découvrir tout le lore du jeu, vous pouvez télécharger notre PDF du néophyte nordique en cliquant ici.
Un lien indéfectible
À bord d’un fier navire, c’est dans les eaux tumultueuses du Golfe d’Obélia que s’écrira notre odyssée, une région où règne la loi implacable des Normans. Ces pirates, cruels et sans pitié, contrôlent les routes maritimes, imposant leur volonté aux plus faibles. Ceux qui osent traverser sans s’acquitter du lourd tribut se retrouvent, inéluctablement, sous la coupe de leur hache vengeresse. C’est dans cet univers impitoyable qu’Adol et son fidèle compagnon Dogi croisent le chemin de la redoutée flotte normane. Leur rencontre est marquée par l’apparition de Karja Balta, unique héritière de Grimson, le jarl de la marine de Balta. Après un affrontement intense entre Adol et Karja, le capitaine de leur propre navire paie de sa vie le prix d’un défaut de paiement exigé par les pirates Normans.
Malgré ce sombre épisode, l’accostage sur l’île voisine semble apporter un certain répit à nos deux voyageurs. Dogi et Adol se réjouissent de poser pied sur cette terre accueillante, pourtant trompeuse. Lors d’une exploration, alors qu’Adol envisage de rejoindre la milice locale, il tombe nez à nez avec une créature étrange, bien différente des monstres qu’il avait jusque-là affrontés. Celle-ci semble insensible à ses attaques habituelles, rendant le combat vain. C’est alors qu’Adol, arpentant les rivages, découvre un coquillage d’apparence ordinaire. Ce bijou des mers cache cependant un secret, car une voix éthérée, celle de Lila, murmure à son esprit. Elle lui offre un pouvoir ancien, celui de manipuler le Mana, une force mystérieuse qui, à sa grande surprise, lui permet de terrasser ces créatures invincibles.

De retour de ses péripéties, Adol découvre une lettre anonyme déposée à son attention. Elle l’enjoint à se rendre d’urgence sur la plage, un lieu qui, jusque-là, n’avait été que le théâtre de découvertes et de mystères. Intrigué, mais fidèle à son esprit aventureux, notre héros obéit sans hésitation. Là, face aux vagues battantes et sous un ciel menaçant, il retrouve Karja, la redoutable fille de Grimson. Le regard farouche, elle souhaite reprendre leur duel là où il s’était arrêté, comme si rien n’avait pu effacer la soif de confrontation qui les animait.
Mais alors que leurs lames s’apprêtent à croiser le fer une fois de plus, un événement inattendu se produit. Une force mystérieuse s’interpose, déployant un pouvoir invisible et étrange. Un lien, emprunt de mana, se forme entre eux, liant leurs corps et leurs esprits d’une manière inédite. Ils se retrouvent incapables de s’éloigner l’un de l’autre, comme si une puissance supérieure s’était jouée de leurs destins. Ce lien, aussi invisible qu’indestructible, semble les enchaîner ensemble, les forçant à affronter une nouvelle réalité où ennemis d’hier pourraient bien devoir unir leurs forces pour percer le secret de cette énigmatique connexion.

Plus tard, l’île de Carnac est sauvagement attaquée par un ennemi inconnu : les Greigers. Ces assaillants redoutables semblent aussi invincibles que la créature qu’Adol avait précédemment rencontrée. Incapables de repousser leurs assauts, Adol, Karja, et certains villageois de Carnac sont contraints de fuir à bord d’un navire, le Sandras, qui deviendra leur refuge tout au long de cette nouvelle aventure.
Une vague d’émotions
C’est dans ce cadre que vous serez invité à percer les mystères du mana, à comprendre le lien énigmatique entre Adol et Karja, ainsi qu’à découvrir l’origine des Greigers, cette ethnie nouvelle et hostile. Le scénario d’Ys X: Nordics s’impose comme l’un des plus aboutis de la série, mêlant plusieurs intrigues, toutes développées avec finesse et résolues de manière satisfaisante. Chaque moment de l’aventure est soigneusement construit, offrant un éventail d’émotions : des rires, des moments d’émoi, et des révélations qui claquent. Le lore, riche et dense, ancre le joueur dans un univers à la fois vaste et profondément humain, avec une attention particulière aux personnages.
L’une des intrigues secondaires que j’ai particulièrement appréciée est celle de Rosalind (Rosa) et de sa grande sœur. Séparées par le destin, Rosa est restée sur Carnac tandis que sa grande sœur, emportée par un amour passionné, a rejoint les rangs normans. Leurs retrouvailles, sans trop en dévoiler, sont à la fois poignantes et superbement écrites. Elles m’ont donné des frissons tant l’exécution était soignée et touchante.

Le jeu regorge d’histoires secondaires tout aussi satisfaisantes, abordant des thèmes parfois sombres, tels que l’addiction à l’alcool ou l’avarice, tout en offrant également des moments légers et drôles. C’est à travers cette palette d’émotions que se révèle la richesse scénaristique d’Ys X: Nordics. Cependant, je dois reconnaître que tous les personnages ne bénéficient pas d’un traitement équitable.
Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la dynamique entre Adol et Karja, une relation qui, au départ, ne semblait pas promise à une intensité particulière. Néanmoins, Karja bénéficie d’une écriture qui rend son personnage vibrant et attachant au fil des dénouements. Adol, quant à lui, demeure silencieux durant les dialogues, mais le joueur a la possibilité de faire des choix qui influencent légèrement le cours des échanges, sans pour autant altérer l’intrigue globale. Au fur et à mesure de leurs aventures partagées, Adol et Karja se rapprochent, révélant ainsi une facette plus sensible de Karja, dissimulée derrière son masque de détermination.

Vous l’aurez sans doute compris, Ys X: Nordics est une véritable réussite sur le plan scénaristique. J’ai été captivé par les récits de nos deux protagonistes et par tout ce qui se déroulait en arrière-plan. Le rythme du jeu est parfaitement maîtrisé, alternant habilement moments de pause et intrigues secondaires, ce qui a su maintenir mon attention durant de longues dizaines d’heures.
Prenons la mer… Mais non pas celle-là !
Sur le navire, Ys X: Nordics n’est plus un « Flow-RPG » !
L’océan s’étend à l’infini devant vous ! La majeure partie de votre aventure se déroulera à bord du Sandras alors que vous naviguerez de port en port à travers le vaste Golfe d’Obelia. Si la traversée peut sembler lente au début, le monde alentour regorge de points d’intérêt à explorer. Outre les îles importantes de l’histoire, de nombreuses autres vous offriront des quêtes secondaires. Ces missions vous amèneront, entre autres, à sauver des habitants de Carnac frappés par un mal mystérieux – mais je ne préfère pas en dévoiler la cause. En les aidant, vous débloquerez de nouvelles fonctionnalités sur le bateau, telles que la forge, la cuisine, l’échange d’objets, la contribution à la reconstruction de Carnac ou encore la création d’accessoires. Ces systèmes ne sont pas totalement inédits : dans Ys VIII, les naufragés avaient un campement, tandis que Ys IX proposait une auberge, tous deux avec à peu de choses près, ces mêmes fonctionnalités. Falcom reste fidèle à sa méthode, enrichissant progressivement le gameplay avec du crafting et des activités variées, tout en restant cohérent avec le propos abordé dans le jeu.

La navigation n’est pas exempte de défauts. Malgré les améliorations que vous pourrez apporter au Sandras concernant sa maniabilité et sa vitesse, ce « veau des mers » reste incroyablement lent. Heureusement, chaque point d’intérêt découvert ou île visitée permet s’y déplacer rapidement par la suite. De plus, les vents marins rechargeront votre jauge de Mana-voile, offrant un boost temporaire de vitesse. Outre ces facilités, le Sandras pourra également être équipé d’une variété d’armements : des boulets de canon classiques, des projectiles enflammés, jusqu’à un bouclier de Mana. De quoi rendre les combats navals assez complets et amusants. De plus, vos voyages seront aussi agrémentés de pêches, de discussions avec d’autres membres d’équipage et d’événements plus légers vous permettant, par exemple, d’observer des créatures marines dans leur milieu naturel.
À tribord, on nous attaque !
Les affrontements en mer sont l’une des fonctionnalités les plus réussies du jeu. Bien que j’aie encore quelques réticences concernant la maniabilité du bateau, la variété d’armes mises à votre disposition vous sauvera la mise à de nombreuses reprises. Les navires ennemis se déclinent en plusieurs types : certains sont très résistants, d’autres se déplacent rapidement, tandis que certains peuvent même être abordés. Si vous y parvenez, le gameplay changera radicalement. Vous devrez alors survivre à trois vagues d’ennemis, chacune plus puissante que la précédente, pour finalement obtenir une récompense. Ces phases de combat offrent une agréable variation au cours de vos longues traversées en mer.

Grandissons ensemble
L’exploration des îles dans Ys X: Nordics suit la plupart du temps le même schéma. Contrairement à Ys VIII, où l’exploration était plus libre et expansive, ici, les zones ouvertes sont plus restreintes et cloisonnées. Les pierres scellées que vous trouverez en chemin vous permettront non seulement de recharger vos PV, mais aussi de créer de nouvelles perles de mana, essentielles pour progresser dans l’arbre de croissance d’Adol et Karja. Avant de vous parler des compétences de terrain et du combat, je pense qu’il est essentiel de définir cette mécanique de progression.
Un système de progression maîtrisé
L’arbre de croissance fonctionne comme son confrère, l’arbre de compétences, vous offrant la possibilité d’améliorer les aptitudes passive et active de vos deux personnages. Concernant les perles mentionnées ci-dessus, il en existe plusieurs types. Par exemple, les perles de brutalité augmentent la puissance de vos attaques brutales, tandis que celles de robustesse, comme vous l’imaginez, renforceront votre défense. Toutefois, il vous incombera de prêter attention à leur utilisation, car les emplacements sur l’arbre varient en niveau. Pour progresser efficacement, il sera nécessaire de fabriquer des perles plus puissantes. Ces dernières, selon leur nombre, feront également grimper la puissance des aptitudes liées au type de perle, comme la qualité guerrière qui accroît vos dégâts, ou la qualité protectrice qui réduit les dommages subis. Pour produire ces bijoux, vous récoltez des cristaux de mana, ainsi que des minéraux de la couleur correspondant à son type sur des ennemis ou dans des coffres.

L’arbre de croissance se dévoile grâce à des points obtenus lors de la montée en niveau d’Adol et Karja. Avec ces points, vous pourrez débloquer les emplacements mentionnés précédemment qui sont parfois porteurs de compétences utilisable immédiatement en combat. Ce système est assez novateur, car les niveaux de nos deux protagonistes augmentent simultanément : vous acquérez de l’expérience en combattant ensemble. Personnellement, je pense que ce mécanisme plaira aux plus férus de theorycraft. En effet, rien ne vous empêche de concentrer vos améliorations sur l’attaque et la puissance en fabriquant uniquement des perles rouges pour Adol, ou de choisir une configuration plus équilibrée pour Karja. Le système est si précis qu’il peut varier considérablement d’un joueur à l’autre, et personnellement, j’adore cette flexibilité !

Et tu tapes, tapes, tapes, oui mais à deux !
Le système de combat dans Ys X: Nordics reste fidèle aux précédents opus, permettant de renforcer les compétences par leur utilisation et d’activer des combinaisons de touches. Vous avez la liberté d’assigner les compétences à ces touches, tout en ayant la possibilité de vous mettre en garde et d’esquiver. Cependant, le dodge parfait sera troqué par la fonctionnalité de parade dont nous parlerons plus tard.
La véritable nouveauté réside dans le mode lié. Lorsque Karja et Adol unissent leurs forces grâce à leur lien de mana, leurs attaques normales se synchronisent sur une seule touche. Les compétences liées, distinctes de celles utilisées individuellement par nos héros, s’acquièrent en progressant dans l’arbre de croissance. De plus, la jauge de vengeance se remplit en parant les attaques ennemies dans ce mode. Une fois cette jauge remplie, vous obtiendrez un multiplicateur pour vos attaques. Pour l’utiliser, il vous suffit d’appuyer sur L1 et la touche de la compétence liée, déclenchant ainsi une attaque x fois plus puissante. Cependant, bien que cette mécanique soit efficace, son utilisation ralentit considérablement vos déplacements, ce qui vous obligera à changer de posture fréquemment.

Une exploration linéaire, malgré l’ouverture du monde
Ys X: Nordics nous propose une exploration relativement linéaire. Cependant, les compétences de terrain, appelées Mana-actions, ajoutent une certaine diversité. Que ce soit le Mana-grappin pour franchir des fosses ou le Mana-surf pour glisser rapidement à travers les zones, ce titre conserve son essence de Flow-RPG. Néanmoins, l’exécution de ces fonctionnalités présente quelques faiblesses. Bien que ces aptitudes fonctionnent généralement bien ensemble, il peut arriver que vous deviez vous y reprendre à plusieurs fois pour enchaîner une glissade suivie d’un lancer de grappin. Ce point n’est pas catastrophique, mais il peut parfois compromettre la fluidité tant appréciée par les fans de la licence, moi y compris. Quoi qu’il en soit, l’exploration est toujours un plaisir et plus tard dans le jeu, il vous sera aussi possible de voir l’invisible et de partir à la recherche de coffres cachés ou de zones secrètes (coucou Ys Origin), mais je ne vous en dis pas plus.

Par contre, Nihon Falcom, la technique on en parle ?
Je sais que Nihon Falcom n’a jamais été réputé pour ses graphismes époustouflants, mais je tiens à saluer le travail accompli sur les personnages et leurs animations. Enfin, nos héros parviennent à exprimer des émotions au-delà des traditionnelles bulles que l’on retrouve dans toutes les productions du studio. En revanche, les décors demeurent largement polygonaux, avec de longues lignes droites juxtaposées, donnant l’impression que le concept de courbe n’existe pas dans les mondes créés par le studio nippon. Je suis conscient qu’ils n’ont pas un budget énorme pour produire des graphismes modernes, mais un effort supplémentaire est plus que jamais nécessaire.

De plus, en mer, le recyclage des textures pour l’eau est particulièrement flagrant. Aucune variation ne vient tromper l’œil, et cela devient surtout évident lorsque l’on dézoome au maximum pendant la navigation, ce qui est pourtant nécessaire pour jouer correctement. Par ailleurs, des problèmes de popping, tant durant la navigation que lors de l’exploration, surviennent trop souvent. Les ennemis apparaissent à une vingtaine de pas des personnages, et il en va de même pour les bâtiments des îles lorsqu’on est sur le point d’amarrer. Il est très difficile de ne pas tenir compte de ces défauts techniques qui compromettent indubitablement notre immersion.

Pour finir sur une note plus positive, la musique est toujours d’excellente facture. Ce rock percutant accompagne à merveille la fluidité des combats et de l’exploration, un pur plaisir pour les oreilles !
Ys X: Nordics, une aventure à vivre
Je ne peux m’empêcher d’aimer Ys X: Nordics pour toutes ses qualités. J’ai particulièrement apprécié cette histoire qui m’a emporté bien au-delà de l’horizon du Golfe d’Obelia. La relation entre Adol et Karja est sans doute le point qui m’a le plus plu dans le jeu. En ce qui concerne le gameplay, je comprends que Falcom cherche à innover, ce qui est tout à fait respectable. Cependant, et ce n’est pas encore le cas dans Ys X, trop de changements peuvent ternir l’expérience de jeu. En effet, si nous jouons à un Ys, c’est pour ce défouloir et cette fluidité qu’aucun autre RPG ne peut nous offrir. Le mode lié est excellent, mais il s’écarte un peu de ce que nous avons l’habitude de voir. Je suis heureux que les studios de jeux vidéo prennent des risques, et je suis le premier à les encourager à le faire. Toutefois, j’apprécie également cette fulgurance qui caractérise la licence. Ys X: Nordics est un jeu exceptionnel, tant dans les messages qu’il véhicule que dans la progression des personnages, l’exploration ou même le combat. Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que ce dernier opus s’éloigne, un peu, de son essence d’origine.
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Ys X: Nordics
- Date de sortie (Japon) : 25/10/2024
- Date de sortie (Europe) : 25/10/2024
- Développeur : Nihon Falcom
- Éditeur : NIS
- Genres : Action
- Consoles : PS4, PS5, Switch, PC
- Scénario 90%
- Technique 60%
- Gameplay 80%
- Plaisir 90%
- La relation entre Adol et Karja sans aucun doute !
- La narration des intrigues annexes
- Le développement de certains personnages secondaires
- Les compétences de terrain
- Les combats en mer
- La modélisation des personnages et leurs animations
- La qualité de la musique et de l'ambiance sonore
- La fluidité des combats
- Le système de progression
- Les facilités apportées à travers les fonctionnalités du navire
- La modélisation des décors
- Le popping très présent
- Certains personnages secondaires trop en retrait

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