Le dernier volet de la série Madou Monogatari, sous-titré Fia and the Wondrous Academy, nous plonge dans une époque imaginaire aux accents fantastiques, cette fois centré sur une école de magie. Le joueur y incarne Fia, une jeune fille aspirant à devenir une grande archimage, qui quitte sa campagne natale pour étudier au sein de cet établissement. L’ambiance scolaire est omniprésente : entre les cours, les activités parascolaires et les événements de l’école, le jeu alterne vie de campus et exploration de donjons. Ce cadre « d’ancienne école de magie » s’inspire clairement des racines de la série Puyo Puyo dont Madou Monogatari est l’ancêtre. 27 ans plus tard, nous voilà avec un tout nouvel opus. Alors, magique ?
Madou Monogatari — Bienvenue à l'école de magie
L’histoire de Madou Monogatari: Fia and the Wondrous Academy est remplie de moments légers et d’autres plus profonds, tissés autour d'une thématique slice of life. Le cadre, celui d’une académie de magie ancrée dans un passé mystérieux, n’est pas qu’un décor : il sert de tremplin à l’exploration du passé familial de Fia. À travers des devoirs, des cours, et des discussions avec ses professeurs, la jeune orpheline découvre des bribes du passé de sa grand-mère, ancienne élève de cette même école. Ce lien intergénérationnel sert à la fois d’émotion douce et de moteur narratif ; chaque nouvelle pièce du puzzle renforce le désir de Fia d’être à la hauteur du prestigieux héritage familial, sans pour autant sombrer dans un récit tragique ou mélodramatique.

L’originalité de la distribution de personnages contribue aussi à ancrer le récit dans une dynamique moderne. Will est le stéréotype du garnement batailleur, Leena la tsundere discrète, Totto l’amuseur collectionneur, Eska l'instable héritière du pouvoir des dragons, et Carbuncle, fidèle mascotte, ajoute une touche assez drôle. Le casting brille par ses interactions, ses petites chamailleries et ses moments de complicité qui créent un portrait vivant du quotidien. On rit de leur maladresse et on se surprend à espérer les voir grandir.

Petit à petit, le côté léger cède la place à une intrigue plus dense, qui prend ses racines dans la machination mystérieuse autour de l’Académie. Fia affronte non seulement des défis magiques, mais aussi des secrets dont je n'ai pas le droit de vous parler ici. Ces révélations progressives donnent au récit une tension légère: chaque découverte soulève des questions sur notre héroïne. En fin de compte, si le ton reste principalement optimiste, l’intrigue encourage une écoute attentive révélant un univers plus profond qu’il n’y paraît.
Un gameplay honnête
Le gameplay de Madou Monogatari: Fia and the Wondrous Academy repose sur une alternance bien structurée entre exploration de donjons, combats semi-dynamiques, et vie scolaire. En combat, chaque personnage agit selon un système de file d’attente visible en haut à droite de l’écran. Quand son icône atteint le bord gauche, il peut attaquer, utiliser une compétence ou un objet, avant de devoir attendre le prochain cycle. Seule Fia peut employer des objets, ce qui fait d’elle une unité centrale à protéger ; sa mort vous cheminant vers un game over immédiat. Les attaques ont une zone d’effet clairement définie : mal viser signifie tout simplement rater. Il faut aussi prendre en compte les affinités élémentaires, qui fonctionnent selon un schéma simple mais efficace : feu bat bois, bois bat eau, eau bat feu ; lumière et ténèbres s’opposent mutuellement. L’élément d’un personnage dépend de celui avec la plus haute valeur dans ses statistiques, modifiable via équipement ou grimoire.

Les extramagies, les attaques ultimes du jeu, s’activent lorsqu’on a réuni les bons orbes élémentaires, obtenus en enchaînant les compétences. Un système de résidus permet de transformer ces orbes via la superposition d’éléments — par exemple, feu + bois donne un orbe combiné de premier niveau. Certains orbes spéciaux, comme l’orbe d’ignition, peuvent se substituer à d’autres pour lancer des techniques avancées. Ce système rend la composition de l’équipe et la gestion de l'équipe encore plus stratégiques, car il faut anticiper la formation des orbes pour déclencher les sorts les plus puissants au bon moment. Enfin, des effets spéciaux ou des altérations d’état viennent moduler les statistiques ou le comportement des personnages.

Côté exploration, les donjons sont découpés en étages, et la progression est conditionnée par la jauge d’ÉN, de l'énergie en quelque sorte. Elle se vide à mesure qu’on avance, qu’on interagit avec l’environnement ou qu’on subit certains pièges. Quand elle atteint zéro, les PV max diminuent, et une fois ces derniers à leur tour épuisés, Fia est automatiquement renvoyée à l’école. Il n’est pas possible de sauvegarder à tout moment dans un donjon, uniquement en changeant d’étage. Des objets comme le tempo-retour permettent de quitter temporairement un donjon pour y revenir plus tard au même point. L’exploration n’est pas passive : on peut attaquer avec son arme pour casser des objets, récupérer des orbes de soin (PV, PM, ÉN), ou déclencher un combat en frappant un ennemi avant qu’il ne vous touche. Certains ennemis possèdent des capacités uniques, comme l’absorption de PM ou le lancer de projectiles. Plus tard dans le jeu, de plus en plus de pièges et de mécaniques de ralentissement s'inviteront dans l'exploration. C'est vraiment sur la durée que l'exploration devient intéressante.

Enfin, entre deux excursions, on retourne à l’école où s’organise l’aspect gestion. On y accède à la réserve (achat, vente, stockage, fusion d’objets), au jardin (culture de légumes), aux arbres fruitiers (via l’utilisation d’engrais), ou encore à la bibliothèque (consultation de documents, réception de courriers). Le grimoire permet d’apprendre des compétences, certaines requérant un nombre défini de points et des conditions spécifiques. Une fois ces compétences majeures acquises, il est possible de passer un examen de promotion auprès du principal. Le rôle de Fia peut être modifié pour adapter ses équipements et ses statistiques, mais les alliés gardent le leur. L’équipe peut être composée de 4 membres au maximum, mais Fia est toujours présente. La planification des stratégies d’alliés est aussi importante, car ils n’agissent pas de manière totalement autonome : leurs réactions dépendent des instructions données.

Enchanteur, le maitre mot
Le titre mise clairement sur une hybridation entre 3D et 2D pour donner vie à son univers scolaire et magique. En mode exploration, Fia et ses compagnons apparaissent en 3D dans les donjons, avec des modèles nets et bien animés qui capturent leurs expressions et mouvements. Lors des dialogues, le passage aux portraits animés apporte plus d'émotions : les visages s’animent subtilement, les personnages sont richement illustrés. Ce mix permet d’utiliser le meilleur des deux mondes graphiques. La qualité y est !
On ressent que les développeurs ont voulu que le jeu soit à la fois accueillant et contemporain, sans renier ses origines : les textures sont propres, les effets de lumière doux, avec des environnements de donjon bien pensés et peu répétitifs. Le résultat est homogène : aucun saut graphique brutal, aucune exagération. Le rendu reste cohérent et chaleureux.

Les personnages parlent systématiquement en Japonais et le doublage est de bonne facture. Quant à la bande-son, elle accompagne le gameplay en douceur : des thèmes enjoués pour les moments de vie scolaire, des sonorités un peu plus mystérieuses dans les donjons, mais sans jamais basculer dans une ambiance trop solennelle ou dramatique. L’ensemble donne un rendu confortable, propre et respectueux de l’identité de la série. Nous avons vraiment l'impression d'être dans un anime contemporain où la magie se mêle avec le slice of life.
Alors, on plonge ?
Madou Monogatari : Fia et l’École mystérieuse repose sur des bases solides et trouve vite son rythme avec son alternance bien rodée entre la vie scolaire et l’exploration de donjons. C’est une formule accessible, agréable à prendre en main, qui fonctionne bien sur les premières heures. Mais à force de répétitions, elle finit par perdre un peu de son souffle : les donjons se ressemblent, les ennemis reviennent souvent, et l’on repasse fréquemment par les mêmes lieux pour faire avancer les quêtes. Si le système d’orbes et d’extramagies apporte un minimum de gestion, l’évolution des personnages reste assez linéaire, avec peu de moments où l’on a vraiment le sentiment de faire un bond en avant. L’écriture légère et les scènes humoristiques contribuent au ton bon enfant du jeu, mais l’intrigue peine à surprendre ou à véritablement accrocher. Reste un univers attachant, joliment présenté, qui donne envie de suivre Fia et ses camarades malgré tout — pourvu que l’on ne cherche pas un RPG dense, mais plutôt une aventure tranquille, avec ce qu’il faut de charme et de nostalgie.
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Madou Monogatari: Fia and the Wondrous Academy
- Date de sortie (Europe) : 29/07/2025
- Développeur : Compile Heart
- Éditeur : Idea Factory
- Genres : Action
- Consoles : PS4, PS5, Switch
- Scénario 70%
- Technique 100%
- Gameplay 80%
- Plaisir 70%
- La direction artistique colorée, un vrai univers cohérent
- Les moments de pause, les dialogues humoristiques
- La localisation française de qualité
- Les bases du gameplay en donjon et l'aspect RPG bien construit...
- ... Mais qui devient assez répétitif dans la seconde moitié du jeu




