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Preview — Octopath Traveler 0 : La vengeance de la flamme bleue

Asano et ses RPG en pixel art, c’est une romance qui dure avec Octopath Traveler 0. Une déclaration d’amour au JRPG, mais surtout à une époque qui sent bon la 16-bit et les cartouches qu’on soufflait pour les faire repartir. Cette année, Square Enix a sorti l’artillerie lourde avec Dragon Quest I&II HD-2D Remake, héritier direct de cette philosophie du « c’était mieux avant, mais en plus beau » — je déteste cette phrase. Autant dire que la team de Tomoya (Asano), c’est un peu la poule aux œufs d’or du studio. Mais dans l’ombre, il reste un autre enfant de la maison : Champions of the Continent, spin-off mobile d’Octopath Traveler, toujours bien vivant depuis 2020 au Japon (et 2022 chez nous). Un jeu qu’on pensait enterré, mais qui renaît discrètement avec une version offline — adaptation directe du titre d’origine, juste avant son transfert de gestion chez NetEase, désormais chargé de faire perdurer l’aventure. Une drôle de boucle pour un projet né sur téléphone, mais qui n’a jamais cessé d’incarner ce que le pixel peut encore raconter aujourd'hui, à l'image des deux premiers opus consoles.

Le jeu s’ouvre sur une situation qu’on connaît presque par cœur, le genre de prologue qu’on pourrait réciter dans notre sommeil de joueur de JRPG. Bienvenue à Wishvale, paisible bourgade qui s’affaire à préparer la fête annuelle de la flamme bleue — un événement aussi symbolique que prétexte à tout faire basculer.

C’est ici que tout commence, avec votre héros, celui que vous nommerez et personnaliserez vous-même — une petite révolution pour la série. Quelques choix de visage, un nom à consonance héroïque (ou pas), et vous voilà plongé dans le quotidien du fils de Fried, capitaine des Watch, ces gardiens qui veillent sur le village. À ses côtés, Stia, l’amie d’enfance au cœur tendre, et Phenn, le compagnon de toujours, membre des Watch lui aussi. Une bande de jeunes héros à peine sortis de l’adolescence, inconscients que la fête du soir risque de virer à la tragédie, comme souvent dans ce genre d’histoire où tout commence par un feu… et finit en flamme.

Octopath Traveler 0

Au même moment où Wishvale s’illumine pour sa fête de la flamme bleue, trois silhouettes avancent dans l’ombre, comme tirées d’un drame antique. Herminia, Tytos et Auguste — trois noms qui sonnent comme des malédictions et qui, ensemble, incarnent les trois visages du pouvoir : la richesse, la force et la gloire. Herminia, la sorcière cupide, a troqué son humanité contre l’or. Tytos, le faux héros, rêve d’un monde qu’il peut écraser de ses poings. Et Auguste, dramaturge narcissique, transforme la souffrance des autres en spectacle.

Tous trois convoitent le même artefact, l’Anneau du Porte-Flamme — The Ring of the Flamebringer —, relique d’un pouvoir divin scellé depuis des générations. C’est cet anneau, transmis à votre héros presque par accident, qui mettra le feu aux poudres : son village anéanti, son père et sa mère tués, et sa vengeance désormais gravée dans le métal incandescent du bijou.

Vous allez devoir, avec vos compagnons d’infortune, reprendre la route pour ramener les anciens habitants de Wishvale encore en vie — et, accessoirement, régler leur compte aux trois énergumènes responsables du chaos. Trois figures plus grandes que nature, métaphores d’un monde pourri jusqu’à la moelle, qu’il faudra abattre une à une. Une mission à la fois messianique et désespérée : reconstruire ce qui a brûlé, tout en affrontant les cendres de l’humanité.

Octopath Traveler 0

Pour l’instant, je m’enracine un peu plus dans le récit. L’histoire n’est plus éclatée en petites tranches indépendantes : cette fois, tous les personnages que vous croiserez ont, de près ou de loin, un lien avec les antagonistes — ce que j'aurais aimer voir dans les deux premiers opus. Au fil du voyage, on croise des visages venus d’ailleurs, des paumés, des survivants, des gens qu’on aurait pu rater si le jeu n’était pas aussi généreux. Presqu’aucun d’eux n’est originaire de Wishvale, et pourtant, tous finissent par rejoindre vos rangs, comme aimantés par une promesse qu’on ne comprend pas tout de suite.

Comme dans les deux premiers opus, les actions contextuelles font leur retour pour interagir avec les PNJ : combattre, questionner, marchander… autant d’options familières, mais cette fois liées à un nouveau triptyque de valeurs. La richesse, le pouvoir et la force deviennent de véritables statistiques sociales. Ces trois axes évoluent au fil des quêtes principales et secondaires, modifiant la façon dont le monde réagit à votre présence. Un marchand cupide, un noble avide d’influence ou un héros en quête de reconnaissance : chacun répondra différemment selon votre rang dans ces catégories.

En outre, le jeu dégaine son autre trouvaille : la reconstruction du village. Une mécanique où chaque retour au bercail devient un petit rituel. Rouvrir une auberge, loger des réfugiés, repeupler les ruelles calcinées… Octopath Traveler 0 a beau rester classique dans sa structure, cette petite fonctionnalité mélange narration et systèmes. Cuisiner un plat pour un bonus temporaire, ériger une statue pour grappiller un peu d’XP… des détails, oui. Mais mis bout à bout, c’est ce genre de petits riens qui finissent par donner envie d’y revenir. À ce stade, je n’ai pas encore mis la main sur toutes les subtilités du city-building, mais je vous en reparlerai plus en détail lors du test — une fois que j’aurai vraiment compris jusqu’où Octopath 0 veut m’embarquer avec ses histoires de briques et de casseroles.

Octopath Traveler 0

Pour les affrontements et la progression, d’autres fonctionnalités gravitent autour de la Faille et de l’Exaltation des deux premiers opus. Rien de vraiment nouveau sur le papier, et pourtant, tout semble plus nerveux. D’abord, la plus grosse nouveauté : huit personnages en combat, quatre en première ligne, quatre en réserve. On peut alterner entre les rangs à la volée, enchaîner les compétences et profiter de bonus passifs même pour les unités en retrait.

Le système de Faille et d’Exaltation reste le moteur du jeu, mais il gagne en amplitude grâce aux Compétences spéciales propres à chaque héros, dont certaines peuvent être partagées entre membres de l’équipe. Chacun dispose aussi d’une technique ultime, sorte de coup de grâce qu’on déclenche quand la jauge est pleine — le genre de move qui sauve un combat mal engagé.

Si les classes restent fixes pour les personnages recrutés et que les jobs secondaires brillent par leur absence, le héros principal, lui, pourra débloquer jusqu’à huit classes différentes, chacune offrant une panoplie de compétences supplémentaires. J’imagine qu’à terme, ces compétences seront transférables aux autres personnages selon leur classe, mais ça, on le vérifiera dans le test définitif.

Octopath Traveler 0

Difficile de conclure sans une pointe d’amertume. Octopath Traveler 0 me donne cette impression d’un jeu pensé pour les amoureux du genre, ceux qui veulent s’enraciner dans une aventure à l’ancienne, mais peaufinée par des artisans qui savent encore faire parler le pixel. Le système de combat s’enrichit, la mise en scène se resserre, et le souffle narratif a enfin trouvé son équilibre. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, une ombre plane toujours au-dessus de ce bel écrin : l’absence de localisation française.

C’est un paradoxe, presque cruel, pour une série qui revendique son héritage classique tout en cherchant à rassembler les joueurs du monde entier. On a envie d’y croire, de s’y perdre, d’en débattre… mais comment embarquer tous ceux qui ne maîtrisent pas l’anglais ? On espère qu’une mise à jour tardive viendra corriger le tir (je rêve un peu), parce que, de ce que j'ai pu en voir jusqu'à présent, le titre mériterait d’être compris dans toutes ses nuances.

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Kuro
Kuro

✅ Créateur du média

✅ Amateur de culture pop, JRPG et retrogaming

✅ À l'âge de 38 ans, mon JRPG préféré demeure Chrono Trigger !

💔 RIP Akira Toriyama, tu resteras à jamais dans nos coeurs...

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2 commentaires

  1. Vraiment dommage pour la localisation en français...

    Par contre, en voyant les images, j'ai l'impression que les graphismes sont beaucoup moins fins et jolis qu'Octopath Traveler 2. On se rapproche plus des graphismes du jeu mobile. Si c'est vraiment le cas, au vu de ce qu'il est possible de faire (cf dragon quest 3 par ex.), c'est encore plus dommage.

    • Oui, en effet, c'est un peu moins détaillé que dans Octopath Traveler 2, on se rapproche plus du 1 en termes de graphisme. Mais oui, le jeu est prometteur ; le seule problème reste le manque de localisation française.

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