Accueil / Dragon Quest VII Reimagined — Takeshi Ichikawa prend la parole

Dragon Quest VII Reimagined — Takeshi Ichikawa prend la parole

Ce n’est pas tous les jours qu’un producteur explique, sans détour, qu’il s’est ennuyé sur l’intro d'un opus d'une franchise sur laquelle il a déjà travaillé par le passé. Takeshi Ichikawa l’a fait. Et quelque part, on comprend mieux tout le projet de Dragon Quest VII Reimagined. L’original de 2000 fête ses vingt-cinq ans, et lui, il voit surtout un jeu qui méritait un dépoussiérage. Pas moderniser pour moderniser, mais pour laisser respirer ce qui faisait déjà sa force.

Cette chronique s'appuie sur les informations de l’interview officielle de Square Enix, que vous pouvez retrouver ici : https://www.square-enix-games.com/en_US/news/interview-dragon-quest-vii-reimagined

Ichikawa-san commence par là : le héros est un gamin, tout simplement. Cette banalité assumée, c’est ce qui différencie Dragon Quest VII du reste de la série. Le producteur insiste aussi sur les histoires annexes. Des petites fables qui dérapent souvent vers quelque chose de plus sombre. Ce contraste, il l’adore.

Le vrai problème, c’était le rythme. Il l’admet sans gêne : sur PS1, il avait lâché le jeu avant même le premier combat. Trois heures d’introduction, c’est long, surtout quand on est gamin et qu’on veut juste taper un slime. C’est là que s’est dessinée la direction du remake : garder la même ambiance, mais enlever les tunnels narratifs. Un Dragon Quest qui ne teste pas votre patience avant de commencer...

Le scénario a donc été réorganisé à la machette. Pas détruit : resserré. Sur les sept arcs principaux, quatre deviennent optionnels. Le joueur peut les lancer dans l’ordre qu’il veut, à condition d’avoir récupéré les bonnes tablettes.

— Pour rappel, toute l’aventure repose sur la recherche de ces tablettes, qui permettent de restaurer des îles du passé aujourd’hui disparues.

Dragon Quest VII Reimagined

Trois arcs ont disparu pour éviter la dilution. Et pour compenser, le jeu reçoit de nouveaux épisodes centrés sur les compagnons. On a un chapitre sur le héros et Maribel enfants, un autre sur Kiefer adulte. L’idée : s’attacher davantage au groupe sans gonfler inutilement la durée de vie. Ichikawa-san semble fier d’un point en particulier : l’ouverture entièrement retravaillée, qu’il voulait enfin engageante et pas interminable.

Visuellement, l’équipe a choisi une direction étrange sur le papier : les poupées. Dans cet épisode, les designs de Toriyama sont plus ronds, plus petits, plus mignons. Ils ont donc cherché un style capable de rendre justice à ces proportions. Le rendu marionnette s’est imposé naturellement. Ils ont même fabriqué de vraies poupées pour les scanner. Résultat : une texture, un grain, un réalisme que la 3D seule n’aurait jamais donné. Ichikawa-san raconte que ces poupées dorment aujourd’hui dans une armoire au bureau marketing. Et qu’il n’a pas le droit d’en toucher une.

La vue isométrique revient elle aussi au premier plan. L’équipe voulait une lecture instantanée des zones, façon diorama. Contrairement à la vue rapprochée de la version 3DS, cette perspective permet de repérer immédiatement où on doit aller.

Dragon Quest VII Reimagined

Le gameplay accueille un ajout majeur : le système de Moonlighting. Dans l’original, changer de vocation était douloureux : repartir niveau 1, perdre ses compétences, devenir inutile pendant plusieurs heures. Le remake casse ce problème. On peut maintenant ajouter une seconde vocation sans tout perdre. Ichikawa-san refuse de donner des combos idéaux, mais il glisse quand même une piste : la vocation de Prêtre a un perk qui soigne tout le monde d’un coup. Parfait pour les joueurs qui aiment la sécurité.

L’annonce du jeu a fait un carton au Japon, où Dragon Quest reste un phénomène national. Sur X, le remake est devenu le sujet numéro un du Nintendo Direct. En Occident, l’impact est plus calme, mais Ichikawa-san s’y attendait. C’est d'ailleurs pour ça qu’ils ont revu l’interface : menus à onglets, navigation moderne, pensée aussi pour les joueurs PC. Une manière de rendre Dragon Quest moins intimidant — et au final, n'est-ce pas là ce qu'on veut vraiment ? 

Pour en savoir plus, vous pouvez visionner notre première chronique vidéo sur Dragon Quest VII Reimagined :

Tu aimes notre site et tu veux nous aider ?
  • Rejoins notre Discord
  • Partage notre contenu ou rejoins-nous sur nos Réseaux Sociaux
  • Tu veux soutenir le projet, rejoins nos généreux donateurs sur Patreon
Kuro
Kuro

✅ Créateur du média

✅ Amateur de culture pop, JRPG et retrogaming

✅ À l'âge de 38 ans, mon JRPG préféré demeure Chrono Trigger !

💔 RIP Akira Toriyama, tu resteras à jamais dans nos coeurs...

Articles: 3062

Laisser un commentaire