Inti Creates ne s’est jamais cantonné à une seule formule. Après avoir joué la carte de l’action pure à la Mega Man ou tenté des expérimentations plus inattendues, le studio revient avec Kingdom’s Return: Time-Eating Fruit and the Ancient Monster. Un titre long, presque encombrant, mais qui en dit long sur l’ambition : mêler plateforme 2D et gestion légère autour d’un royaume à reconstruire. Loin du JRPG traditionnel, le projet prend un virage inédit, prévu pour le 23 avril 2026, à prix contenu, et sur presque toutes les plateformes — Switch 2 comprise, avec une version gratuite pour ceux qui passeront à la nouvelle console.
Le cœur du gameplay ? Une alternance simple mais séduisante. On part en exploration, on récolte, on combat, on apprend les bosses. Puis on revient, on pose des bâtiments, on améliore le royaume d’Almacia, on renforce ses héros. Pas de système lourd ni de menus obscurs : juste un city-builder épuré, pensé comme une pause entre deux niveaux. Rien de plus, mais ça pourrait suffire à créer un rythme naturel, loin des difficultés abruptes qu’on connaît chez Inti Creates.
Pas de saga épique ni de lore interminable. Juste un royaume détruit, un aventurier, et une fée du temps qui vous confie la mission de tout rebâtir. Chronos, cette fée, laisse entendre que le temps lui-même pourrait être partie prenante dans l’intrigue. Le titre évoque un monde rongé de l’intérieur, pas seulement dévasté par la guerre ou la magie, mais peut-être par quelque chose de plus insidieux.
Quatre héros, quatre façons de jouer : l’Impériale tient la ligne, bouclier en avant, calmement, en calculant chaque risque ; l’Alchimiste ne frappe pas fort mais empoisonne, brûle ou ralentit, préparant le terrain avant d’agir ; la Magicienne fait feu de tout bois depuis l’arrière, puissante mais friable, exigeant un placement millimétré ; Zipangu, lui, fonce, esquive, frappe, replace, un flow rapide et fragile qui punit la moindre hésitation. Ensemble, ils offrent quatre rythmes – sécurisé, tactique, technique, nerveux – assez pour qu’un petit jeu se fasse grand sur la durée.
Kingdom’s Return se place dans une niche, assume sa taille, et propose une expérience ciblée : un peu d’action, un peu de construction, sans prise de tête. Inti Creates maîtrise la 2D comme peu de studios. S’ils parviennent à lier les deux facettes du jeu avec brio, on pourrait avoir entre les mains un titre modeste, mais diablement attachant. Et voir ce studio habitué à la vitesse et à la précision ralentir le tempo pour nous proposer un monde à reconstruire pas à pas, c’est peut-être là sa plus surprenante réussite.
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