On connaît la chanson par cœur maintenant. On sait que SEGA et le Ryu Ga Gotoku Studio pourraient nous vendre un simulateur de gestion de parking à Kamurocho et qu’on ferait quand même la file le jour J. Mais avec les dernières infos sur Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties, il y a ce petit goût de déjà-vu mêlé à une excitation qu’on n'arrive pas tout à fait à réprimer. C’est la magie, ou peut-être la malédiction, d’une licence qui recycle ses acquis avec un aplomb phénoménal.
Kiryu reprend donc du service à Okinawa, et pour ceux qui ont poncé l’original sur PS3, le Miyazato Dojo sonne comme un retour à la maison un peu poussiéreux. On va encore suer sous les ordres de Miya-san pour apprendre le kobujutsu entre deux verres de saké dans son bar, le Chura Bar. Le maître, campé par Michitaka Kikuchi, incarne parfaitement cette mélancolie : un expert d'un art martial mourant qui n'a plus d'élèves et qui doit servir des verres pour payer ses factures. On commence par les bases du style Ryukyu, on passe des examens de promotion, et on débloque des techniques secrètes. C’est classique, c’est prévisible, mais ça fonctionne toujours parce que la sensation de progression est là, ancrée dans une routine drôlement réconfortante.
Là où le studio tente de nous réveiller, c’est avec le mode Bad Boy Dragon. On nous parachute leader des Haisai Girls, un gang de motardes mené par Tsubasa, une jeune boss qui, paradoxalement, respecte scrupuleusement les limitations de vitesse. L'objectif est de protéger l'île contre les Tokyo Night Terrors, et c'est ici que le jeu se transforme en un joyeux bordel stratégique. On recrute des alliés en sauvant des passants lors des Baddies Battles ou en bouclant des quêtes annexes. Voir débarquer Gondawara, le patriarche en couche-culotte, comme renfort potentiel, n'est pas qu'une blague, il possède des capacités de de tank indispensables pour attirer l'attention des ennemis pendant que vos unités de choc contournent les bases adverses.

La personnalisation des bécanes sera aussi de la partie. En passant par le Baddie Shop, on achète des pièces qui influent directement sur la vitesse de charge lors des escarmouches et sur la résistance des motos. On peut modifier les carénages, mais c'est surtout la devise brodée sur l'uniforme qui offre des bonus passifs à l'escouade. Chaque squad est composée d'un leader et de quatre membres, et la subtilité réside dans la gestion de la survie du leader : s'il tombe, toute l'unité bat en retraite. Les affrontements virent rapidement à la mêlée générale, avec des Rumbles opposant 20 de nos membres à une centaine d'ennemis.
Le duel des époques se poursuit avec Dark Ties, le segment dédié à Mine. On quitte le soleil d'Okinawa pour l'obscurité de la Hell’s Arena à Kamurocho. C’est sombre, c’est violent, et c’est surtout une excuse pour nous coller un mode Survival Hell aux airs de dungeon-crawler. Mine doit y traverser des zones dangereuses en évitant des chasseurs pour atteindre un boss final, le tout agrémenté de objets de boost, les Gospels, que l'on trouve dans des coffres. Ils permettent de moduler le build de Mine en pleine course, en augmentant par exemple sa régénération de santé au détriment de sa force.
Les Survival Weapons fonctionnent comme des compétences à temps de recharge pour gérer les foules, tandis que les Mercenaires, engagés grâce aux gains de l'arène, servent de boucliers humains. Chaque donjon se termine par un duel contre l'un des sept maîtres masqués, comme celui au masque de singe qui utilise des doppelgängers pour saturer l'espace de combat.
Et puis, il y a ces fameuses Substories qui restent l'ADN de la série. Entre deux bastons, on se retrouve à livrer des sobas ou à faire l'hôte dans un club. Le clou du spectacle reste la rencontre avec Akiko Wada, véritable légende de la chanson japonaise. Elle finit par prendre Kiryu en affection, l'embarque dans des virées nocturnes et se révèle être une combattante redoutable. C’est ce mélange de sérieux papal et de grand n’importe quoi, porté par des personnages comme Dawg Boi — un délinquant de quarante ans bloqué dans les années 80 — qui sauve le titre de la redite pure.
On va encore ramasser des assiettes en argent, on va encore passer quarante heures sur des mini-jeux débiles, et on va adorer ça. SEGA ne réinvente pas la roue, ils se contentent de la repeindre avec des néons. Le pire, c’est qu’on va pédaler avec le sourire.
Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties sortira sur PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series, Switch 2 et PC via Steam le 12 février 2026.
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