Made in Asia 2024

Made in Asia printemps 2024 – Retour sur le supermarché belge de la pop culture asiatique…

3 mars 2024 Kuro 5 MIN
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Mars 2024, le froid mordant nous pousse vers un événement qui promet de présenter le meilleur la culture populaire japonaise à travers son événement connu sous le nom de Made in Asia. Avec une excitation palpable, nous scrutons chaque recoin du lieu, espérant en extraire une satisfaction maximale. Hélas, la convention ne s’est pas révélée à la hauteur de nos attentes. Dans cet article, nous vous dévoilerons les raisons de cette déception.

Des invités phares noyés dans l’hors-sujet

La Made in Asia, événement annuel dédié à la culture asiatique dans toute sa diversité, revient avec sa formule habituelle : mangas, animés, jeux vidéo, artistes indépendants et cosplay en tout genre. Les passionnés ont pu retrouver des invités familiers, dont Brigitte LecordierGussDX, et le Chef Otaku (malheureusement annulé en raison d’un problème d’organisation avec Air France).

Dans le pur jus des invités, nous avons pu retrouver Araki Tetsurō, le réalisateur à qui l’on doit les trois premières saisons de L’Attaque des Titans, entre autres, ainsi que Kameda Yoshimichi, l’animateur de l’animé désormais populaire Mob Psycho 100, tiré du manga de One.

Araki Tetsurō
Araki Tetsurō

Les files d’attente pour rencontrer les artistes étaient longues, avec une organisation par horaire et à la chaîne. Quelques minutes seulement pour échanger quelques mots avec ces personnalités emblématiques, guidés par un staff toujours aussi souriant et accueillant (rire).

Parmi les invités, beaucoup d’entre eux n’étaient pas du tout en adéquation avec le thème de la convention, cela concerne entre autres GussDX, Helydia et Fugu, FrenchHardware, Jeanfils et j’en passe…

Un gros manque d’immersion

Depuis plusieurs années, l’organisation de l’événement persiste dans les mêmes erreurs. En comparant la Made in Asia à la Japan Expo de Paris, on constate rapidement que le nombre d’entreprises invitées est limité et que leur mise en valeur est insuffisante. Par exemple, les éditions Kana se retrouvaient avec un stand bien plus petit que ceux dédiés à la présentation de produits AliExpress, vendus à des prix dix fois supérieurs.

Nous avons cherché d’autres maisons d’édition, comme Delcourt ou Glénat, mais malheureusement, elles n’étaient pas présentes à l’événement. Heureusement, nous avons pu compter sur la présence de Pika pour la promotion du manga Dreamland et d’Ototo, connu pour son édition de la licence Sword Art Online. Une belle surprise a été la rencontre avec la maison d’édition belge, Shiba Edition, avec qui nous préparons actuellement une interview.

En ce qui concerne les boutiques, nous pouvons toujours compter sur Shin Sekai et ses figurines, ainsi que sur l’entreprise belge Super Gaby Games et son catalogue de produits japonais toujours aussi généreux. Malheureusement, deux halls de la convention, qui ressemblent à un supermarché gigantesque, proposent des produits de mauvaise qualité, généralement importés de Chine, à des prix exorbitants.

Ces goodies portent des licences connues et reconnues, mais sont pour la plupart non-officiels et vendus à des prix élevés. De plus, toutes les installations se ressemblent, aucun effort de l’organisation n’a été fait pour rendre ces halls spectaculaires et immersifs.

Perso, un peu la même chose que chaque année, à savoir que c’est de plus en plus cher à payer pour au final un salon qui ne se renouvelle pas beaucoup, mais on continue de venir parce que l’ambiance est bonne, on fait de bonnes rencontres et tout ça… La seule raison pour laquelle je m’y rend encore, c’est pour le cosplay !
Gaspard

C’était plutôt agréable, j’ai retrouvé un peu de l’ambiance d’antan avec les gens qui me reconnaissent par le nom de mon personnage. L’atmosphère est toujours plaisante et chaque année, je fais la connaissance de nouvelles personnes avec qui j’essaie de rester en contact.

Je remarque simplement que le choix des invités, que ce soit pour les cosplays ou autres, laisse un peu à désirer. Et j’ai trouvé que l’organisation du défilé cette année était quelque peu chaotique, dans le sens où la file d’attente bloquait le passage et gênait même les créateurs dans leurs ventes, ce qui m’inquiétait un peu.
Fiona

L’édition était “moyenne” du point de vue de l’organisation de l’espace : Le village cosplay était situé au milieu des créateurs, avec l’espace BGO et autres en lien avec les animés deux halls plus loin, et le coin Little Asia perdu tout au fond avec les Youtubers. C’est vraiment dommage ! Les artistes étaient éparpillés sur trois halls différents (y compris dans le hall des boutiques “classiques”).
D.

En effet, nous avons sondé quelques participants de la convention et les réactions de chacun sont étonnamment similaires. L’événement propose le strict minimum, avec un agencement des halls qui ressemble à un marché aux puces ; rien n’est spectaculaire ni mémorable.

Et pour le jeux vidéo ?

Eh bien, que dire ? Mis à part quelques boutiques proposant des articles intéressants et nos amis de chez IXPÉ (RTBF), un média belge majeur dans le domaine du gaming (qui étaient toutefois hors sujet compte tenu de ce qu’ils proposaient lors de la convention), nous n’avons rencontré aucun grand nom de la scène du jeu vidéo japonais. Nous aurions aimé voir Square Enix ou même Plaion qui ont l’habitude de se rendre présents lors d’événements de ce genre en France.

En espérant un meilleur avenir pour la Made in Asia…

Inutile de dire que cette édition de la Made in Asia 2024 nous a déçue. L’âme de la convention n’est plus. L’organisation est catastrophique et se diriger parmi les allées est digne d’un parcours du combattant. Toujours plus de boutiques, toujours plus d’exposants pour rentabiliser au maximum ces trois jours de réunion ultime pour les fans de culture populaire japonaise et asiatique. Le cosplay reste une des dimensions agréables de cette édition avec beaucoup de partages et de rencontres. En effet, si ce point venait à disparaitre, nous pensons que cela signerait la fin de cette exposition. Heureusement, il resterait toujours les irréductibles prêts à dépenser des sommes faramineuses pour quelques trouvailles très bien cachées dans ce patchwork maladroit qui n’a d’asiatique que le nom.

Kuro

À 40 ans, j’ai probablement passé plus de temps une manette en main que sur les bancs de l’école. Fondateur de ce média, je décortique la pop culture avec un attrait assumé pour les pixels d’autrefois.

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