Développé par OmiyaSoft, Culdcept BEGINS signe le retour d’une série née en 1997 sur Saturn. Encore discrète auprès du grand public, la licence possède pourtant une identité bien à elle, fondée sur un mélange de jeu de cartes, de stratégie et de jeu de plateau. Chaque partie demande de conquérir des territoires, de gérer ses ressources, d’invoquer des créatures et de construire un deck capable de répondre aux différentes situations. Avec ce nouvel épisode, OmiyaSoft reprend les bases historiques de Culdcept tout en modernisant sa présentation et certains aspects de sa formule. Les habitués retrouveront rapidement leurs repères, tandis que les nouveaux venus devront apprivoiser un système extrêmement dense. Plus de vingt ans après ses débuts, cette structure conserve-t-elle encore toute sa force ? C’est ce que nous allons voir dans ce test.
Test réalisé sur Switch 2
Un scénario convenu
Le scénario de Culdcept BEGINS restera sans doute secondaire pour une grande partie des joueurs. La série a toujours fondé son intérêt sur la richesse de ses systèmes, la construction de deck et la gestion du plateau. Ce nouvel épisode assume pleinement cette priorité. Il sert aussi de point d’entrée pour découvrir la licence, avec des bases faciles à identifier et une formule fidèle à ce que les habitués connaissent déjà.
L’histoire prend place sur le continent de Bavrashka, où se trouve l’Académie royale des Cepts. Cet établissement forme les Cepters, des individus capables de manipuler le pouvoir des Culds. Ces mystérieuses tablettes renferment les fragments du Culdcept. Vous incarnez Kamur, un nouvel élève dont le potentiel ne tarde pas à attirer l’attention. Rapidement intégré au Régiment de la Garde royale des Cepters, il se retrouve plongé dans un conflit qui menace l’équilibre du continent. Il devra alors apprendre à maîtriser ses pouvoirs tout au long de son aventure.

Le récit reste très classique dans sa construction. Il reprend les grands codes de la fantasy sans chercher à réellement surprendre. Les rebondissements sont prévisibles et les personnages, sans être inoubliables, remplissent correctement leur rôle. Malgré cela, l’ensemble reste agréable à suivre. La campagne est suffisamment rythmée pour donner envie d’en apprendre davantage sur l’univers.
La trame principale se termine relativement rapidement, surtout si vous vous concentrez uniquement sur l’histoire principale. Les contenus annexes permettront toutefois d’approfondir votre découverte du jeu. Le scénario sert avant tout d’introduction aux nombreuses mécaniques de Culdcept BEGINS. Il accompagne efficacement le joueur dans son apprentissage d’un système aussi dense que passionnant. Les dialogues apportent suffisamment de contexte pour enrichir l’univers, sans jamais prendre le dessus sur ce qui reste le véritable intérêt du titre : les affrontements stratégiques sur les différents plateaux.
Quand l’illustration sublime le jeu
Du côté de la direction artistique, Culdcept BEGINS risque de diviser les habitués de la licence. Certains puristes pourront regretter le changement de style par rapport aux anciens épisodes. C’est notamment le cas du design des cartes, qui peut sembler perdre une partie du charme et de l’identité visuelle d’autrefois. De mon côté, ce choix apporte un peu de fraîcheur et permet à cette nouvelle aventure de trouver sa propre personnalité.
Les illustrations des cartes restent toutefois agréables à découvrir. Un véritable soin a été apporté aux créatures, aux personnages et aux différents artworks qui accompagnent la progression. Les sprites et les animations remplissent également leur rôle, même si le titre ne cherche jamais à impressionner par sa réalisation technique.

C’est d’ailleurs la principale limite du jeu. Sa direction artistique affiche parfois un aspect quelque peu « mobile » dans sa conception. Culdcept BEGINS ne cherche pas à repousser les limites graphiques de la Nintendo Switch et ne mise clairement pas sur une démonstration technique. Le titre privilégie avant tout la lisibilité et l’efficacité, des choix cohérents avec son orientation stratégique. Sobre, classique, mais agréable, il s’adapte parfaitement au format portable de la console, tout en étant également disponible sur Steam.
Du côté de la bande-son, le constat est assez similaire. Les compositions accompagnent efficacement les différentes phases de jeu et renforcent l’ambiance lors des affrontements comme durant les moments plus narratifs. Sans atteindre les sommets des grandes références du genre, les musiques restent plaisantes à écouter et remplissent correctement leur fonction. Elles manquent toutefois d’un petit supplément d’âme pour réellement marquer les joueurs sur le long terme.
Un gameplay simple mais riche
Culdcept BEGINS fait partie de ces jeux que l’on résume parfaitement par l’expression easy to learn, hard to master. Les bases sont simples à comprendre, mais le jeu dévoile progressivement une profondeur stratégique qui demande un véritable investissement. Sur le papier, le principe est accessible. Les joueurs lancent un dé pour se déplacer sur un plateau, capturent des territoires grâce à leurs créatures et cherchent à accumuler une certaine richesse, exprimée en G. Une fois le montant requis atteint, il ne reste plus qu’à rejoindre le château pour remporter la partie.
En pratique, les choses sont bien plus complexes. Chaque déplacement a son importance et peut faire basculer une partie. Pour ma part, il m’a fallu plusieurs heures avant de réellement comprendre toutes les subtilités du gameplay. Mes premières parties se sont d’ailleurs soldées par quelques défaites cuisantes, le temps d’assimiler les nombreuses mécaniques du jeu.
Un système stratégique aux petits oignons
Culdcept BEGINS c’est aussi peser chacune de ses décisions. Faut-il investir dans un territoire pour augmenter sa valeur ? Renforcer une créature ? Ou conserver ses ressources pour le tour suivant ? La composition du Book, autrement dit votre deck, joue également un rôle important. Trouver une bonne synergie entre les créatures, les objets et les sorts devient rapidement indispensable. Je ne vais d’ailleurs pas le cacher : l’une de mes cartes préférées était celle me permettant de me téléporter directement au château une fois le montant de G atteint.
Le jeu ne pousse pas systématiquement à l’affrontement. En tombant sur un territoire adverse, vous pouvez choisir de payer un « péage » plutôt que de combattre. Simple, mais stratégiquement important.

Avant chaque partie, vous devez constituer votre Book. Celui-ci regroupe des créatures, des objets et des sorts. Les créatures servent à conquérir et défendre les territoires. Les objets renforcent vos unités, tandis que les sorts permettent d’influencer le déroulement d’une partie. Avec plus de 400 cartes à débloquer, les possibilités de personnalisation sont nombreuses et encouragent l’expérimentation.
Les combats reposent également sur plusieurs paramètres. Chaque créature possède ses propres statistiques, un élément (feu, eau, terre ou air) ainsi que des capacités spécifiques. Les bonus élémentaires, les objets équipés et les effets de cartes rendent chaque affrontement particulièrement tactique.
Une progression bien pensée
La campagne fait office de long tutoriel et introduit progressivement les différentes mécaniques. Malgré cela, certaines cartes m’ont donné du fil à retordre et j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises avant de les remporter. Des missions annexes permettent également d’en apprendre davantage sur les personnages et le lore, tout en proposant des défis plus relevés.

Le titre propose aussi un mode en ligne que je n’ai malheureusement pas pu tester avant la sortie. J’espère néanmoins que la communauté sera au rendez-vous, car c’est probablement face à d’autres joueurs que le titre révélera toute sa richesse.
Au final, Culdcept BEGINS récompense avant tout les joueurs prêts à s’investir. Les bases sont accessibles, mais maîtriser toutes les subtilités de son gameplay demandera de nombreuses heures. Les amateurs de stratégie, de deck-building et de jeux de société y trouveront une expérience particulièrement riche, portée par une excellente rejouabilité.
Culdcept BEGINS, la réflexion est de mise
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Culdcept BEGINS est un jeu que j’ai autant apprécié qu’il m’a frustré lors de mes premières heures. Son gameplay demande un véritable investissement et il faut accepter de prendre le temps d’en comprendre les nombreuses règles. À l’image d’un gros jeu de société, la courbe d’apprentissage peut sembler abrupte. Mais une fois les mécaniques assimilées, le plaisir de jeu prend rapidement le dessus et chaque victoire devient particulièrement gratifiante.
J’ai également apprécié le fait qu’un titre aussi atypique soit désormais disponible sur Nintendo Switch. Déjà amateur de jeux de société, mais aussi de jeux de cartes à collectionner grâce à ma compagne qui m’a fait découvrir cet univers, j’y ai retrouvé ce plaisir de construire un deck, d’expérimenter différentes stratégies et de voir chacune de mes décisions avoir un véritable impact sur le déroulement d’une partie. Cette proximité avec les jeux de plateau et les TCG est sans doute ce qui m’a le plus séduit tout au long de l’aventure.
J’ai aussi été sensible à la direction artistique du titre. Même si certains puristes regretteront l’évolution du style visuel, j’ai trouvé que les illustrations des cartes apportaient un vrai vent de fraîcheur à la série et renforçaient le plaisir de collectionner les nombreuses cartes disponibles.
Au final, Culdcept BEGINS ne conviendra pas à tout le monde. Son gameplay exigeant, sa courbe d’apprentissage et son absence de traduction française risquent d’en rebuter plus d’un. Il restera sans doute un jeu de niche. En revanche, les joueurs prêts à lui consacrer du temps découvriront une expérience nouvelle, capable de procurer cette satisfaction que seuls les jeux les plus exigeants savent offrir. Pour ma part, c’est une très belle découverte que je ne regrette absolument pas d’avoir faite.
Communauté & Soutien
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Culdcept BEGINS
- Date de sortie (Japon) : 16/07/2026
- Date de sortie (Europe) : 16/07/2026
- Développeur : omiya soft
- Éditeur : neos
- Genres : Tour par tour, Tactique
- Consoles : Switch, PC
- Scénario 60%
- Technique 65%
- Gameplay 80%
- Plaisir 80%
- Le gameplay grisant
- La beauté des cartes
- En anglais
- Histoire un peu courte

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