Près de vingt ans après sa sortie japonaise, Persona 4 conserve une identité immédiatement reconnaissable. Une petite ville perdue dans la campagne, une série de meurtres, des adolescents qui passent leurs soirées devant une télévision et cette couleur jaune devenue indissociable du jeu. Persona 4 Revival doit faire revivre cet univers le 18 février 2027, avec les moyens techniques et les habitudes de conception des remakes récents. Mais qu’en est-il des changements ? J’analyse, dans cet chronique, les quelques informations à ce sujet.
La dernière présentation d’Atlus a permis de mieux comprendre l’ampleur du projet. Le studio parle d’un remake complet et montre une reconstruction qui touche les décors, les combats, l’interface, les doublages et la musique. La structure générale demeure inchangée. Le joueur passe une année à Inaba, partage son temps entre le lycée, les rencontres et les excursions dans le monde de la télévision.
Le protagoniste arrive chez son oncle après le départ de ses parents. Il découvre rapidement la rumeur du Midnight Channel, une émission censée apparaître sur les téléviseurs les soirs de pluie. Sa curiosité le conduit dans un monde parallèle peuplé de Shadows (ombres). Plusieurs disparitions relient cet endroit à une série de meurtres commis dans la région.

Cette intrigue policière fournit un fil conducteur, mais le souvenir de Persona 4 tient surtout à la vie installée autour d’elle. Inaba possède une échelle modeste. Les commerces, l’auberge Amagi, le lycée et les routes bordées de rizières finissent par former votre espace de vie. Le joueur apprend les habitudes de ses camarades et retrouve régulièrement les mêmes habitants.
Kazuhisa Wada, producteur créatif de chez Atlus, insiste justement sur le charme rural d’Inaba et sur les conversations entre les personnages. La réussite du remake dépendra beaucoup de sa capacité à recréer cette proximité. Une modélisation plus détaillée peut enrichir les lieux, à condition que leur taille humaine demeure perceptible. Inaba doit continuer à ressembler à une ville où tout le monde finit par se connaître et se reconnaître.
La présentation introduit le protagoniste, Yosuke, Chie et Yukiko. Atlus réserve encore une grande partie de l’équipe d’enquête pour de prochaines communications. Ces premiers portraits rappellent cependant la dynamique du groupe. Yosuke aime se présenter comme le cerveau de l’équipe. Chie avance avec une énergie constante et un goût prononcé pour les films de kung-fu. Yukiko affiche une attitude sérieuse avant de se laisser emporter par son humour étrange. Leurs échanges donnent souvent l’impression d’assister à une discussion entre amis qui improvisent au fur et à mesure. Marie est aussi toujours présente, mais dans cette présentation, les informations la concernant restent encore très succinctes.
Atlus garde cependant le silence sur l’étendue exacte du contenu conservé, modifié ou ajouté. Cette question comptera beaucoup pour les joueurs qui connaissent déjà les différentes éditions du jeu.
La vie quotidienne reprend le principe du calendrier. Chaque journée offre plusieurs activités : étudier, travailler, voir un ami ou participer à un événement scolaire. Les statistiques sociales du protagoniste déterminent certaines rencontres et l’accès à plusieurs emplois. Le temps impose donc des choix. Une soirée consacrée aux révisions peut ouvrir une possibilité quelques semaines plus tard. Un après-midi passé avec un camarade renforce le Social Link et améliore les Personas associées à son arcane — rien de neuf à signaler sur ce point.
Le remake donnera davantage de voix à ces scènes. Atlus annonce un nouvel enregistrement complet, avec un doublage étendu aux Social Links et aux événements inédits. Cette évolution peut modifier sensiblement le rythme des échanges. Dans les anciennes versions, beaucoup de conversations reposaient sur des portraits et des lignes de texte. La présence des comédiens devrait donner plus de relief aux hésitations, aux silences et aux changements de ton.
Le monde du Midnight Channel accueille les affrontements. Les Shadows circulent directement dans les donjons et peuvent être pris par surprise. Une attaque lancée dans leur dos donne l’avantage au groupe. Un contact subi permet aux ennemis d’agir en premier. Persona 4 Revival ajoute une action de garde utilisable pendant l’exploration. Elle permet de résister à une attaque, de profiter du recul d’un Shadow ou d’éviter le combat.

Les batailles utilisent toujours un système au tour par tour fondé sur les faiblesses élémentaires. Toucher le point faible d’un ennemi le renverse et accorde une action supplémentaire. Une fois tous les adversaires au sol, l’équipe peut lancer une attaque générale. Cette base demeure lisible et rapide, surtout lorsque le joueur connaît les affinités de chaque Shadow.
Plusieurs nouveautés viennent enrichir cette formule. L’action « Send Flying » projette un ennemi affecté par une altération afin de transmettre son état aux cibles voisines. Cette idée encourage à préparer les groupes adverses avant de déclencher une série de renversements.
Le « Baton Pass » fait également son apparition. Cette mécanique, largement développée dans Persona 5, permet de transmettre l’action à un allié après avoir exploité une faiblesse. Son intégration dans Persona 4 Revival devrait accélérer les enchaînements et mettre davantage en valeur la composition de l’équipe. Chaque personnage possède ses propres affinités, ce qui pousse le joueur à répartir les cibles selon les compétences disponibles.
Le « Prime Time » constitue l’ajout le plus spectaculaire montré pendant la présentation. Une jauge se remplit au cours du combat. Une fois activée, elle supprime temporairement le coût des compétences et permet au groupe d’enchaîner les attaques avant un coup final. Son équilibre demandera de l’attention. Les donjons de Persona reposent en partie sur la gestion des points de magie et sur la décision de poursuivre ou de rentrer se reposer. Une période durant laquelle toutes les compétences deviennent gratuites change en partie cette économie. Sa fréquence et ses conditions d’activation détermineront son influence réelle sur la difficulté.
Le protagoniste conserve sa capacité « Wild », qui lui permet de transporter plusieurs Personas et de changer de créature pendant les combats. La Velvet Room accueille toujours les fusions. Le joueur combine les Personas obtenues afin de créer de nouvelles entités, d’hériter de compétences et de préparer les prochains donjons.
Atlus promet également une interface revue, un rythme de combat plus fluide et des donjons plus agréables à parcourir. Le studio reste encore vague sur ce dernier point. Les donjons de Persona 4 utilisaient des étages générés à partir de couloirs et de salles assemblés de manière répétitive. Leur simplicité pouvait rendre certaines explorations monotones, surtout pendant les longues sessions. Espérons qu’une amélioration soit faite sur ce point.
La musique bénéficie elle aussi d’un travail important. Les morceaux d’origine ont été retravaillés, tandis que les thèmes chantés et les musiques de combat disposent de nouveaux arrangements en version longue. Atlus annonce également plusieurs compositions inédites, dont un thème d’ouverture et de nouvelles pistes pour les affrontements.
Le 18 février 2027, les habitués retrouveront une ville qu’ils connaissent bien. Les nouveaux joueurs découvriront un JRPG qui associe une enquête criminelle à une année de lycée réglée par les saisons. Tout l’enjeu de Persona 4 Revival tient dans cette ville. Inaba doit reprendre vie avec ses commerces, ses pluies et cette sensation étrange de passer quelques mois dans un endroit que l’on finit par considérer comme le miroir de nos instincs les plus profonds. Il ne reste plus qu’à attendre la sortie pour découvrir à quel point nos démons les plus enfouis paraissent réels.
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