Test de Granblue Fantasy: Relink – Endless Ragnarok — Au-delà de toutes les limites

27 juillet 2026 Kuro 7 MIN
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Depuis Monster Hunter Wilds, je me suis refusé à me diriger vers les jeux de grind intensif. Premièrement, parce que le temps me manque, mais aussi parce que mon acuité, manette en main, commence tout doucement à faiblir. Pourtant, lorsque Cygames m’a proposé de tester la dernière extension de Granblue Fantasy: Relink, intitulée Endless Ragnarok, j’ai eu envie de reprendre les armes et de donner une nouvelle chance à ce jeu qui avait eu raison de ma patience. Répétitions de boss, farm à outrance et autres joyeusetés vous attendent dans cette nouvelle aventure, mais voyons comment tout cela se goupille.

Une nouvelle menace, mais une histoire plus discrète

L’histoire d’Endless Ragnarok débute immédiatement après la fin du jeu principal, qui oppose l’équipage à Versa Bahamut. De retour à Séminaria, les membres du Grandcypher sont chargés d’enquêter sur un mystérieux portail. Sans grande surprise, cette anomalie devient rapidement le point de départ d’une nouvelle menace capable de provoquer la fin du monde. L’ambiance fonctionne correctement et les enjeux sont immédiatement posés, mais l’extension abandonne une grande partie de l’exploration qui faisait le charme de la campagne initiale. La progression repose surtout sur une succession de quêtes de haut niveau et de combats contre des boss toujours plus imposants.

Ce choix donne un rythme assez soutenu à l’aventure, mais il rend également le scénario plus mécanique. On passe rapidement d’un affrontement à l’autre, sans toujours disposer du temps nécessaire pour s’attacher aux événements ou profiter pleinement des personnages. Beatrix et Eustace rejoignent naturellement l’équipage du Grandcypher et bénéficient de quelques moments agréables, mais leur intégration aurait mérité davantage de développement.

L’histoire reste plus courte que celle du jeu de base — qui n’était déjà pas très longue si on omet le endgame — et sert surtout de prétexte à l’introduction du nouveau contenu de haut niveau. Elle approfondit légèrement la mythologie de Granblue Fantasy, sans toutefois devenir indispensable pour celles et ceux qui espéraient une aventure aussi « développée » que la campagne principale. Le dernier affrontement relève heureusement le niveau grâce à une mise en scène spectaculaire et conclut cette nouvelle épopée céleste sur une note particulièrement énergique.

Des invocations qui changent enfin le rythme des combats

Les invocations constituent sans doute l’une des nouveautés les plus impressionnantes d’Endless Ragnarok. Ces dernières permettent de prendre temporairement le contrôle de puissantes bêtes primales. Il faut toutefois remplir une jauge spécifique avant de pouvoir les appeler sur le champ de bataille. Chacune offre des bonus de statistiques, mais aussi ses propres attaques, que le joueur peut déclencher manuellement. Leur arrivée donne immédiatement une autre ampleur aux affrontements. Voir l’une de ces créatures gigantesques balayer une partie de l’arène est particulièrement grisant, même si l’effet de surprise finit naturellement par s’atténuer après plusieurs heures.

Le système reste cependant réservé aux quêtes de difficulté Chaos ou supérieure, ainsi qu’à certaines sections du Neant Chaotique dont nous parlerons au point suivant. En multijoueur, la jauge est également partagée entre tous les membres de l’équipe. Une utilisation précipitée peut donc priver un autre joueur d’une invocation plus adaptée à la situation. Cela ajoute un peu de coordination aux combats, même si les équipes composées de joueurs inconnus risquent parfois de consommer la ressource sans véritable réflexion.

Les invocations permettent enfin de déclencher les Primal Bursts après un Full Burst réussi. Ces attaques cinématographiques sont spectaculaires et participent pleinement au sentiment de puissance recherché par cette extension. Le résultat manque parfois de lisibilité tant l’écran se remplit d’effets, mais difficile de bouder son plaisir devant un tel déluge visuel.

Le Néant Chaotique, une bonne réponse au grind

Le Néant Chaotique prend la forme d’un mode solo inspiré du rogue-lite, dans lequel le joueur enchaîne des arènes de plus en plus difficiles. Il devient accessible grâce à une quête secondaire disponible à Séminaria durant le chapitre 6. Son contenu est réparti en plusieurs Cycles, progressivement débloqués à travers les difficultés Difficile, Très difficile, Extrême et Démentiel puis au fil de l’histoire d’Endless Ragnarok.

Chaque tentative permet de récupérer des Auras, des bonus temporaires qui renforcent l’équipe jusqu’à la fin de la session. Certaines augmentent directement les dégâts, tandis que d’autres permettent de construire des combinaisons plus spécialisées. Le système apporte pas mal de RNG et pousse à adapter son équipe en fonction des avantages proposés. Toutes les parties ne se valent pas, mais tomber sur une combinaison particulièrement efficace procure un réel sentiment de satisfaction.

La progression passe par quatre types de portails. Les rouges mènent à des combats classiques, les jaunes proposent des objectifs plus légers et pas forcément des combats, les verts servent à améliorer son build grâce aux points obtenus, tandis que les violets annoncent les affrontements contre les boss. Cette variété évite que le mode ne se résume uniquement à traverser une succession interminable de salles identiques, même si certaines activités finissent tout de même par devenir répétitives.

Le principal intérêt du Néant Chaotique demeure sa générosité. Il permet de récupérer rapidement des matériaux d’amélioration, des sceaux rares et des composants nécessaires à l’éveil des armes. Pour les joueurs qui souhaitent optimiser plusieurs personnages, il réduit considérablement le temps passé à répéter les mêmes quêtes. Le grind ne disparaît pas totalement, mais il devient bien plus supportable et, surtout, nettement mieux intégré au plaisir de jeu.

Une progression après le niveau 100 réservée aux plus investis

Une fois le niveau 100 atteint, la progression ne s’arrête pas brutalement. Elle repose désormais sur deux systèmes complémentaires : les Aptitudes Maîtres et l’Amélioration Suprême des armes. Ces mécaniques ouvrent de nouvelles possibilités d’optimisation, mais elles s’adressent avant tout aux joueurs prêts à investir beaucoup de temps dans le contenu de haut niveau.

Les Aptitudes Maitres permettent de dépenser des points de maîtrise afin d’augmenter le niveau de maître d’un personnage. Chaque palier ouvre des emplacements supplémentaires pour des styles capables de modifier sensiblement sa manière de jouer. En accumulant plusieures aptitudes liés au même style, il devient également possible de débloquer des rangs de style. Ces derniers offrent de puissants bonus passifs, comme une réduction importante des temps de recharge ou une augmentation du plafond de dégâts.

Ce système donne enfin l’occasion de spécialiser véritablement ses personnages, réfléchir à une construction cohérente selon son rôle, ses compétences et son équipement. Les amateurs d’optimisation devraient y trouver leur compte, même si les nombreuses couches de progression risquent de sembler excessives pour les joueurs moins passionnés par les chiffres.

L’Amélioration Suprême permet, de son côté, de faire évoluer les armes au-delà du niveau 150. Cette amélioration devient rapidement indispensable pour affronter les défis les plus brutaux de l’extension.

Une fois ces différents systèmes maîtrisés, un personnage autrefois classique peut devenir une véritable machine de guerre. Cette puissance est nécessaire pour survivre aux difficultés supplémentaire d’Endless Ragnarok. La montée en puissance est satisfaisante, mais elle demande un investissement considérable. Le endgame de l’extension est conçu pour celles et ceux qui aiment optimiser, recommencer et repousser constamment leurs limites.

Alors Endless Ragnarok, c’est pour qui ?

Si l’extension devrait sans aucun doute plaire aux fans les plus investis de la franchise, elle m’a surtout donné mal à la tête. L’optimisation façon gacha, les couches de progression et les combats répétés pour grappiller quelques points de puissance supplémentaires, ça va cinq minutes. À force de vouloir constamment repousser les limites, Endless Ragnarok finit surtout par repousser les miennes.

Tout n’est pourtant pas à jeter. Les invocations sont spectaculaires, le Néant Chaotique rend le farm beaucoup moins pénible et les nouveaux défis devraient occuper les joueurs les plus acharnés pendant de nombreuses heures. Mais il faut accepter de recommencer encore et encore les mêmes activités, tout en passant énormément de temps dans les menus pour optimiser chaque détail.

Endless Ragnarok ne s’adresse donc pas à tout le monde. C’est une extension généreuse pour les amateurs de contenu de haut niveau, mais bien trop répétitive et exigeante pour celles et ceux qui espéraient simplement retrouver le plaisir de l’aventure principale. De mon côté, j’ai repris les armes avec bonne volonté, mais je préfère désormais les ranger pour de bon.

7 Granblue Fantasy: Relink - Endless Ragnarok

  • Date de sortie (Japon) : 09/07/2026
  • Date de sortie (Europe) : 09/07/2026
  • Développeur : Cygames
  • Éditeur : Cygames
  • Genres : Action
  • Consoles : PS4, PS5, Switch, PC, Series, One
  • Scénario 60%
  • Technique 80%
  • Gameplay 70%
  • Plaisir 70%
  • Le Néant Chaotique qui permet de farmer rapidement
  • Les invocations spectaculaires
  • De nouveaux Boss (enfin un peu de changement)
  • Répétitif
  • Grind intensif
  • Une belle excuse plutôt qu'une histoire

Kuro

À 40 ans, j’ai probablement passé plus de temps une manette en main que sur les bancs de l’école. Fondateur de ce média, je décortique la pop culture avec un attrait assumé pour les pixels d’autrefois.

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