Blue Reflection Quartet Test

Test de Blue Reflection Quartet — La boucle est bouclée

29 juillet 2026 Kuro 14 MIN
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Si l’on connaît Gust pour sa franchise Atelier, il en existe une autre, moins évidente. Blue Reflection met en scène des collégiennes avec leur lot de soucis du quotidien, agrémentés d’un soupçon de magie dont la noirceur peut, de temps à autre, déstabiliser. La compilation des premier et deuxième épisodes sur consoles, l’adaptation du jeu mobile ainsi qu’un résumé de l’animé constituent l’ensemble de ce nouvel opus appelé Blue Reflection Quartet. C’est une collection de JRPG difficile à aborder dans le cadre d’un test, parce qu’elle demande de connaître chaque épisode, animé compris, pour pouvoir comprendre son univers. Je ferai au mieux, fragment par fragment, pour vous expliquer ce que j’en ai pensé.

Blue Reflection

Pour Hinako Shirai, la musique s’est arrêtée le jour où son genou a cédé. Une blessure nette, définitive, qui a balayé ses rêves de ballerine. Désormais, l’adolescente traîne son spleen dans les couloirs du lycée pour filles d’Hoshinomiya. Elle ne cherche plus à se lier aux autres — à quoi bon ?

C’est là que deux visages bousculent sa routine. Yuzu et Lime Shijou, des jumelles aux caractères diamétralement opposés, surgissent dans sa vie. Yuzu déborde d’une énergie communicative. Lime observe le monde avec une froideur analytique. Ensemble, elles tendent à Hinako une perche inespérée — un bijou, une bague magique et un statut de « Reflecteur ».

En acceptant ce rôle, Hinako bascule dans le Commun. Cette dimension parallèle matérialise les peurs des élèves. Dans cet espace où tourbillonnent les émotions, un miracle se produit — la douleur s’efface et Hinako retrouve la liberté de ses mouvements.

Mais cette liberté a un prix. Pour espérer guérir sa jambe dans la réalité, Hinako accepte un marché. Elle doit s’aventurer dans le Commun pour terrasser les démons nés du mal-être de ses camarades. Surtout, elle doit faire équipe avec les jumelles pour repousser les Sephira, des monstres géants qui menacent d’anéantir la ville.

Entre amitiés et affrontements colossaux pour apaiser des cœurs brisés, Hinako reprend le dessus. Cette fois, ce n’est plus pour une ovation sur scène, mais pour retrouver l’usage de ses jambes et réapprendre à vivre…

Touchant, n’est-ce pas ?

Je n’irai volontairement pas plus loin pour ne pas vous gâcher le reste de l’histoire, mais sachez qu’il existe de bien belles surprises, et surtout ce final qui pose vraiment la question du poids d’une magie si puissante face au sacrifice qu’elle demande.

En pratique, la routine de Hinako alterne entre les couloirs du lycée et les incursions dans le Commun. Les zones à parcourir restent minuscules, ce qui limite rapidement l’exploration. La progression ne pose d’ailleurs pas vraiment de difficulté, même en mode normal.

Entre deux missions confiées par Yuzu et Lime, l’héroïne discute avec les élèves, consulte l’application FreeSpace sur son téléphone ou s’occupe d’un mini-jeu d’élevage. Le soir, elle peut sortir en ville pour faire les magasins, aller au cinéma ou manger avec ses amies. Ces sorties renforcent les liens d’affection, débloquent des scènes supplémentaires mais permettent aussi d’obtenir des Fragments.

Ces derniers matérialisent les émotions des personnages. On les associe aux attaques des magiciennes pour leur appliquer des effets passifs, comme une baisse du coût en magie ou un bonus de dégâts élémentaires.

L’aventure suit un schéma identique à chaque chapitre — Hinako repère les soucis d’une camarade, accomplit quelques requêtes annexes, puis plonge dans le Commun pour régler le problème.

Les affrontements reposent sur un système au tour par tour. Chaque fille remplit un rôle, et le joueur peut manipuler l’ordre de passage pour prendre de vitesse les monstres. En appoint, les camarades du lycée interviennent parfois pendant le combat pour effectuer des actions. À la fin d’un combat, les créatures laissent des matériaux utiles pour fabriquer des consommables ou des améliorations définitives de statistiques.

Pour ce qui est de la progression, le niveau des héroïnes augmente uniquement quand on valide une mission secondaire ou un chapitre. À chaque cap franchi, on attribue un point dans quatre catégories : Attaque, Défense, Soutien ou Technique. Ce choix débloque progressivement de nouvelles compétences.

Si les mécaniques de combat ne manquent pas de bonnes idées, la faible difficulté globale gâche un peu le tableau. L’aventure manque de résistance et se traverse sans jamais bloquer le joueur. Les boss constituent, à eux seuls, l’intéret de la maîtrise du système de combat avec des zones à cibler et une vraie sensation de danger.

Visuellement, le titre séduit par sa direction artistique proche de l’anime, ses effets de lumière et ses animations de combat particulièrement soignées. Si la modélisation des héroïnes impressionne par son niveau de détail, c’est dans la personnalité des personnages que le jeu trouve tout son intérêt.

Certains trouveront le fan service un peu excessif, d’autres s’ennuieront de la lenteur des dialogues. Personnellement, je trouve que c’est ce qui fait le charme de cette production : la beauté du trait et le calme nostalgique nous apaisent, dans un monde où la tristesse peut parfois s’estomper avec un peu de magie accompagnée d’une musique des plus relaxantes.

Blue Reflection Ray

L’histoire de Blue Reflection Ray suit la rencontre entre Hiori, une fille foncièrement altruiste, et Ruka, une lycéenne timide qui peine à tisser des liens. Devenues guerrières magiques, elles s’opposent à un groupe de Reflecteurs dissidentes qui volent les « Fragments » d’émotions d’autres élèves. Ces antagonistes cherchent à supprimer la souffrance psychologique des adolescentes, mais cette méthode efface aussi leurs souvenirs et leurs passions. Entourées de nouvelles alliées, Hiori et Ruka prennent les armes pour prouver que les peines et les traumatismes font partie intégrante de la construction de soi.

— Pour ce qui est du gameplay, il n’y en a, tout simplement pas ou presque…

L’exploration du Commun est facilitée par un indicateur qui montre ponctuellement la direction du prochain objectif. Une aide pratique, même si elle peut être désactivée depuis l’écran de résumé pour celles et ceux qui préfèrent chercher par eux-mêmes — et ce n’est franchement pas difficile à la vue des couloirs qui se dessinent devant nous. Les différentes zones abritent également des fragments de mémoire à récupérer. Une fois un nombre suffisant réunis, de nouveaux souvenirs se débloquent et peuvent être consultés dans la base de données du menu principal. Un système simple, mais qui pousse tout de même à fouiller les environnements pour mieux comprendre certains éléments de l’histoire.

Blue Reflection Ray prend la forme d’un visual novel légèrement interactif reprenant des scènes figée de l’anime éponyme. Le titre, qui se boucle en moins de cinq heures, sert de pont entre le premier opus et le jeu mobile que nous allons aborder maintenant.

Blue Reflection Sun

Dans un monde dévasté par la chute d’une Cendre toxique, l’humanité fait face à une maladie mortelle et aux attaques des Testa, des monstres engendrés par cette substance. Le joueur dirige une escouade de jeunes filles appelées les Érodées. Contaminées par la Cendre, ces adolescentes ont développé des capacités magiques pour défendre les derniers survivants. Au fil des affrontements, le groupe découvre que cette apocalypse est orchestrée par le « Système du Monde », une entité résolue à éradiquer l’humanité afin d’effacer la souffrance et de réinitialiser la réalité. Refusant cette existence apathique, l’équipe choisit de se battre pour protéger la valeur de leurs sentiments et de leurs souvenirs.

Le lien avec le tout premier opus repose sur la continuité thématique de cet univers. Si l’aventure de Hinako ancrait ses enjeux dans le quotidien d’un lycée et la dimension psychologique du Commun, Blue Reflection Sun transpose ce combat à l’échelle d’une catastrophe globale. Les émotions humaines et les traumatismes personnels sont donc, à présent, la source même du pouvoir des héroïnes plutôt qu’un mal à éliminer. C’est cette force relationnelle qui leur permet, une fois encore, de résister à une entité cherchant à neutraliser le cœur humain.

Face à la menace des Testa, l’urgence impose d’agir. Pour souder ce groupe au bord de la rupture, le jeune leader n’a pas le choix — il doit rapidement décrocher un premier succès sur le terrain pour prouver sa valeur.

Pour moi, le plus grand problème de cet opus réside dans le fait que l’exploration frôle l’inexistence. Le passage vers le Commun bascule directement de l’école aux affrontements. Les combats, eux, reposent sur la gestion de l’Éther, une ressource accumulée le long d’une ligne temporelle. Franchir le seuil d’action permet de consommer cette réserve pour lancer une compétence, ce qui accélère ensuite sa régénération globale.

Plus le rythme s’accélère, plus le niveau de Gear augmente. Ce palier élève la limite d’Éther, débloque des compétences plus puissantes et permet de les enchaîner. Cumuler les coups fait aussi grimper le compteur de combos et le multiplicateur de dégâts, jusqu’à rendre accessible la frappe ultime nommée Ether Tide.

Le système laisse d’ailleurs le choix entre la gestion manuelle des coéquipières et leur prise en charge automatique par l’I.A. Encaisser des attaques répétées risque de provoquer un renversement, qui paralyse la cible et vide son Éther. Si exécuter une action à temps protège l’équipe, un ennemi au sol devient une cible idéale. Détruire les barrières des monstres à terre déclenche leur étourdissement, un état qui décuple les dégâts.

Enfin, l’Order Ring déclenche automatiquement des compétences de soutien ou l’usage d’objets après un certain nombre de cycles. L’efficacité en combat demande d’exploiter les faiblesses élémentaires, de contrer les altérations d’état et de maintenir divers bonus. Un scanner d’information permet de mettre l’action en pause à tout moment pour analyser les statistiques et les vulnérabilités.

Pour conclure, même si le système de combat est très intéressant, il reste anecdotique par rapport à l’histoire. On passe bien plus de temps à lire qu’à jouer. C’est dommage qu’aucun système de donjons n’ait été mis en place pour prolonger le plaisir des affrontements, pourtant très réussis. Il n’y a aussi aucune optimisation des personnages. Chaque affrontement donne de l’expérience et fait monter les statistiques automatiquement. Je n’ai jamais joué au jeu mobile original, donc je ne peux pas comparer. Cependant, ce portage console me semble assez pauvre et donne l’impression d’avoir été réalisé avec peu d’efforts. Côté technique, les textures agrandies trahissent les origines mobiles du titre, et ça se voit. Enfin, comptez à peine cinq heures pour en venir à bout, ce qui reste extrêmement court.

Blue Reflection: Second Light

Blue Reflection: Second Light suit Ao Hoshizaki, une jeune fille projetée sans explication dans un établissement scolaire abandonné, aux côtés de trois autres adolescentes. Alors que ces dernières ont perdu la mémoire, Ao se souvient encore de sa vie et ne pense qu’à retourner dans son monde.

Le groupe découvre rapidement que le lycée cache un passage vers un univers façonné par les souvenirs et les émotions, le Paysage du Cœur. Cet endroit instable regorge de dangers, mais permet aussi aux jeunes filles d’éveiller leurs pouvoirs de Réflecteur. Sans véritable piste pour rentrer chez elles, elles n’ont d’autre choix que de parcourir ces donjons dans l’espoir d’y trouver des réponses.

D’un côté, Ao partage le quotidien des élèves de ce lycée perdu. De l’autre, le groupe s’aventure dans les Paysages du Cœur pour explorer et affronter les démons. La vie scolaire prend son temps. Ao discute avec ses camarades, apprend à mieux les connaître et participe à des scènes légères qui développent les relations au sein du groupe.

L’ambiance devient nettement plus lourde dans ces lieux spéciaux. Chaque zone matérialise les souvenirs d’une jeune fille et fait ressurgir des moments difficiles de son passé. Le titre en profite aussi pour approfondir des personnages déjà croisés dans le premier opus. L’histoire conserve un rythme posé et privilégie l’évolution relationnelle plutôt que les révélations spectaculaires.

L’exploration gagne en consistance grâce à des donjons mieux construits, appuyés par une mini-carte qui facilite les déplacements. On y ramasse des matériaux de fabrication ainsi que des fragments de mémoire débloquant de courtes séquences annexes.

Côté combat, Blue Reflection: Second Light conserve un système au tour par tour basé sur une ligne temporelle. Chaque action consomme des points d’Éther, à accumuler avant d’exécuter une compétence. Certaines attaques exploitent les faiblesses élémentaires, tandis que d’autres prolongent les combos ou soutiennent l’équipe. Après un léger temps d’adaptation, les affrontements deviennent très dynamiques. Les ordres se gèrent manuellement ou s’automatisent au choix. Enfin, la formule reste très proche de celle de Blue Reflection Sun, évoqué plus haut.

Les Fragments servent quant à eux à améliorer les personnages en leur accordant différents bonus. Ils s’obtiennent principalement en terminant des requêtes ou en participant aux rendez-vous. Ces derniers prennent la forme de courtes scènes durant lesquelles Ao passe du temps avec une camarade dans différents lieux de l’école. En plus d’en apprendre davantage sur les héroïnes, ces moments permettent de renforcer les liens qui les unissent.

Les requêtes reposent généralement sur la collecte de matériaux ou la fabrication d’un objet. Leur accomplissement rapporte également des points de talent. Ceux-ci peuvent être investis dans la progression d’un personnage afin d’améliorer leurs caractéristiques, de débloquer une nouvelle capacité ou d’apporter des avantages au reste de l’équipe.

En dehors des donjons, le jeu demande d’aménager l’académie en y construisant de nouvelles installations. Ces bâtiments apportent des bonus pour l’exploration des Paysages du Cœur. Si certaines constructions restent obligatoires pour avancer dans le scénario, d’autres débloquent surtout des rendez-vous avec les jeunes filles. Les camarades proposent également des quêtes annexes. Elles demandent de battre des démons, de récolter des ressources, de fabriquer un objet en duo ou d’aménager un endroit précis dans l’école.

L’artisanat et la cuisine sont tout aussi importants. La fabrication fournit le matériel nécessaire aux futures structures. De leur côté, les plats soignent l’équipe ou renforcent ses statistiques durant les batailles. Jusqu’à quatre filles peuvent concevoir un objet ou cuisiner ensemble. Chacune apporte ses propres talents pour améliorer le résultat, en augmentant par exemple la quantité finale obtenue. Les composants se ramassent dans les donjons, sur les démons, dans l’enceinte du lycée ou en récompense de requêtes. Le scénario impose d’ailleurs régulièrement de passer par cet artisanat pour débloquer la suite.

Visuellement, Blue Reflection: Second Light séduit surtout par sa direction artistique de par ses Paysages du Cœur construits autour des souvenirs de chaque héroïne. Les modèles des personnages viennent parfaire l’univers, malgré quelques animations maladroites et des soucis d’éclairage. Les doublages japonais sont convaincants, tandis que les musiques et les effets sonores sont tout bonnement reposants.

Clap de fin

Cette collection permet de mesurer tout le chemin parcouru par Blue Reflection, depuis les premières hésitations d’Hinako jusqu’à la formule bien plus maîtrisée de Second Light. Pourtant, l’ensemble manque parfois d’équilibre. Ray se limite presque entièrement à la narration, Sun trahit ses origines mobiles ainsi que la fainéantise de son adaptation et le premier épisode accuse le poids des années. Pourtant, chaque œuvre apporte une pièce essentielle à cet univers construit autour des émotions, des traumatismes et des liens qui nous empêchent de sombrer.

Second Light s’impose clairement comme le titre le plus abouti de la compilation, grâce à un gameplay plus travaillé ainsi qu’à des personnages mieux développés. Cette collection s’adresse donc avant tout aux joueurs prêts à accepter un rythme lent et de longues séquences de dialogue pour découvrir la licence dans son ensemble. Tout n’y est pas irréprochable, mais Blue Reflection possède une sensibilité qui se fait rare aujoud’hui. Derrière ses Magical Girls atypiques et ses couleurs éclatantes se cache une série profondément mélancolique, qui rappelle que certaines blessures ne disparaissent jamais vraiment, mais qu’il est toujours possible d’apprendre à vivre avec elles.

Une page se tourne sur cette série de RPG qui aura tenté de faire parler la lycéenne qui sommeille en nous. Plus sérieusement, la licence mérite vraiment le détour pour son ambiance si particulière, entre nostalgie, mélancolie et fêlures intimes. Un univers finalement proche du nôtre, où la magie, aussi belle soit-elle, ne suffit pas à tout effacer…

8.5 Blue Reflection Quartet

  • Date de sortie (Japon) : 30/07/2026
  • Date de sortie (Europe) : 30/07/2026
  • Développeur : Gust
  • Éditeur : Koei Tecmo
  • Genres : Tour par tour
  • Consoles : PS5, Switch, PC
  • Scénario 90%
  • Technique 80%
  • Gameplay 80%
  • Plaisir 90%
  • Une histoire touchante
  • Un univers vraiment différent pour un JRPG
  • Des personnages dont on se souvient
  • Un tour par tour de bonne facture, surtout pour Second Light
  • Une expérience complète
  • Une nostalgie mélodieuse, une aventure à vivre pleinement
  • Pas une prouesse technique
  • Les épisodes Ray et Sun trop expéditifs
  • Vraiment pour ceux qui n'ont pas fait le premier et le dernier opus en date

Kuro

À 40 ans, j’ai probablement passé plus de temps une manette en main que sur les bancs de l’école. Fondateur de ce média, je décortique la pop culture avec un attrait assumé pour les pixels d’autrefois.

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