Card-en-Ciel

[Test] Card-en-Ciel au firmament des deckbuilder !

21 octobre 2024 Naturel 13 MIN
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Inti Creates s’est démené pour nous fournir Card-en-Ciel, que ce soit aux joueurs ou pour notre test. Nous les remercions grandement pour cette offre que nous avons acceptée aussi vite que Flash court rapidement. Des flashes justement, vous allez en prendre plein les yeux ! Des illustrations magnifiques à des femmes généreuses, dans les grandes largeurs de sa signification, le jeu est accessible à tout le monde. Inti Creates s’auto-promeut, mais quel bonheur pour nos yeux !

Une histoire qui laisse place au gameplay

Card-en-Ciel propose une histoire qui passe très vite au second plan. Vous incarnez cependant Neon, le Détective à la chaise gamer. Ce dernier, héros sans le savoir, est un développeur de talent jusqu’au moment où il reçoit un mail bien étrange. N’écoutant que sa vaillance, il enfile alors son casque virtuel et s’en va à la rencontre d’Alcie, une jeune développeuse de jeux vidéo également. Là, elle va lui signifier qu’il y a des fuites de MOD (des bogues) dans le jeu Rust Tactics. Ensemble, ils vont découvrir que toute une variété d’erreurs s’infiltre dans les jeux vidéo et, donjon après donjon, vous allez débarrasser les monstres, sauver les protagonistes récurrents et laisser planer un semblant d’émerveillement dans ces mondes virtuels.

Card-en-Ciel

Sans casser trois pattes à un canard, le scénario tient hyper bien la route, car il s’imbrique directement dans le gameplay. La narration nous emmène dans des titres d’Inti Creates déjà existants, mais également dans des itérations créées spécialement pour Card-en-Ciel. Les fans retrouveront donc les résumés desdits jeux, mais également leurs héros en affrontement final et fatal. J’ai la sensation que derrière cette auto-promotion, Neon et Alcie évoquent souvent Inti Creates et c’en est risible, la société nippone prépare quelque chose de plus énorme encore. L’avenir nous le dira.

Card-en-Ciel – Un gameplay accessible avec des tonnes de choses à réaliser !

Le gameplay de Card-en-Ciel est très simpliste, pourtant, il est exceptionnellement fonctionnel ! En moins de cinq minutes, le premier donjon et les premiers affrontements sont devant vous. Les donjons sont tous similaires, avec des routes différentes à emprunter pour aller vers le boss de chaque zone, avant de descendre dans les étages suivants. Il y a trois étages à chaque fois. Cependant, vous pouvez suivre la route que vous souhaitez étant donné qu’on est libre de ses mouvements. Il y aura toutefois des erreurs sur votre passage, viendront alors les combats.

Les combats se déroulent de manière très classique : vous avez des cartes, vous possédez trois actions par tour, à vous de vérifier les effets de chacune d’entre elles avant de les jeter dans le grand bain. Mais voilà, si c’était si simple… Card-en-Ciel déploie les personnages sur une grille tactique. Vous pouvez voir les cases sur lesquelles les attaques vont avoir lieu. Sur une grille de 9X9, vous devrez jouer les cartes avec des effets notoires, mais également des déplacements possibles. La partie tactique se lance alors dans la compréhension de ces deux effets : l’attaque et le déplacement. Les cartes se dotent d’un chiffre allant de 0 à 3, dévoilant ainsi combien de points vont être dépensés en la jouant. Le déplacement, quant à lui, renvoie la carte dans la pioche, mais ne vous coûtera aucun point dans votre tour. Le tout est de vraiment bien vérifier où vous déplacer tout en attaquant suffisamment fort. Et puis, si vous jouez façon tank, la suite va vous intéresser.

Avant de passer votre temps à fuir les attaques ennemies sans trop attaquer – les coups adverses sont indiqués par un compteur temps – observez bien l’équilibre des erreurs. Sous forme de bouclier avec un certain nombre de points, vous devrez briser cette défense pour les étourdir ! Mais ça ne s’arrête pas là ! Imaginons que le bouclier est très élevé, alors, en attaquant avec des Charges (cartes spécifiques pour détruire l’équilibre), vous baisserez également l’attaque des bogues ! C’est bien pensé tant ça devient facile d’en comprendre les aspects. Mais pour les plus bourrins, les cartes Action seront essentielles. Elles vous autorisent, quand il reste un tour avant l’attaque ennemie, à les activer au moment de l’attaque. En appuyant au bon moment, vous esquivez alors le coup et contre-attaquez avec la puissance de ladite carte. Rusé ! Si vous échouez, vous subirez des dégâts, et vous perdrez les effets de la carte Action.

Bien entendu, Neon, seul acteur sur le terrain, possède avec lui le pouvoir des cartes. Son deck est créé automatiquement et réinitialisé à chaque nouveau donjon. Mais les récompenses de ses victoires forgeront des spécificités abominables pour combattre ses prochains adversaires. Développeur génial, il va prendre le jeu à son propre jeu et créer des codes de triche. Une carte peut s’équiper de trois codes au maximum. D’une attaque simple avec un point de coût, on peut se retrouver avec une carte tapant fort, dupliquant cette propre carte à moindre coût tout en imaginant d’autres effets.

Tout le système est rudement bien pensé. Mais là où ça devient vraiment amusant, c’est quand les Muses apparaissent. Les Muses dispensent des effets nocifs dans les donjons. Sur chaque grande case du donjon se situent des Gardiens et un Boss. Entre-temps, chaque case propose une ou deux erreurs que vous pouvez affronter ou non. D’ailleurs, ils surveillent souvent un coffre. Les Gardiens sont un peu plus forts que les bugs, mais selon la création de votre deck et des améliorations obtenues, tout se passera bien. Les Muses, donc, chantent dans ces zones, et tant que vous ne les aurez pas affrontées et recrutées, elles enverront des effets négatifs pendant les combats. Toutefois, chaque libération de zone n’est pas synonyme de recrutement ! Par contre, quand elles vous rejoignent, la puissance que vous obtenez est formidable. En effet, en combat, vous pouvez les activer et elles proposent des améliorations sur vos cartes (des améliorations destructrices, vraiment !), mais une autre utilisation existe.

Quand vous débarrassez une petite zone d’erreurs, en les réparant, jusqu’à trois choix sont possibles : vous soigner, placer une Muse, et plus tard, renforcer vos cartes. Votre héros dispose de 85 points de vie et le soigner sera important, alors que placer des Muses à tels endroits crée l’application de son chant sur une zone assez étendue. Une fois que sa voix résonne, alors les combats vous proposeront une gamme d’effets variables, selon les Muses installées, à prendre en compte. En conclusion de cet aspect, venir et revenir a du bon, car les ennemis réapparaissent, impliquant des possibles recrutements, et chaque étage devient alors lui-même une grille tactique. Selon comment le boss ou les Gardiens sont placés, il sera utile de réfléchir comment placer nos chanteuses.

Et les récompenses dans tout ça ?

Card-en-Ciel abonde en termes de récompenses. Chaque victoire vous octroie une carte. Elles élaborent un classement par couleurs et rareté avec des effets différents. Mais vous serez tenu d’en obtenir une par victoire. Fréquemment, des personnages provenant des licences d’Inti Creates surgissent et essaient de marchander avec vous. Là encore, les effets sont divers : renforcements, échanges, bonus, malus et bien d’autres choses.

Une fois que le donjon et ses trois étages sont conclus, que se passe-t-il ? Hé bien, Neon, Alcie et les protagonistes du jeu réparé discutent quelques secondes sur l’écran avant de vous proposer leur aide, toujours sous forme de cartes, pour la suite de vos aventures. D’ailleurs, les combats de boss sont un peu différents du reste. Les deux héros affrontés fusionnent en combat et deviennent alors bien plus forts et destructeurs. Ce combat deviendra létal pour l’un ou l’autre, selon comment vous avez amélioré votre deck. Toutefois, j’attire votre attention sur le fait de se déplacer en donjon. Les erreurs peuvent vous attaquer dans leur zone, sans pouvoir vous poursuivre, alors que les Gardiens et les boss sont immobiles. Vous pouvez donc passer à côté d’eux sans rien déclencher… Sauf un niveau d’Érosion et une jauge de mémoire qui vont grimper. Augmentant légèrement en passant de zone en zone, cela vous garantit des combats bien plus difficiles, des événements de pièges, mais des récompenses bien plus alléchantes ! Veuillez faire attention où vous mettez les pieds ! Pour les réduire, regagner de la santé fera baisser les niveaux de dangerosité.

Une fois cette entrevue terminée, retour à la base. La base est un simple menu, avec, à ses côtés, Alcie et ses poumons démesurés ! Ici, vous pourrez préparer votre prochaine plongée, d’ailleurs le nom du jeu est déjà écrit, ne constituant donc pas une découverte. Mais avant le retour au bercail, il y a un écran distinguant vos réussites dans le dernier donjon. Grâce à vos prouesses, de nouvelles récompenses seront acquises sous forme de jetons. Ceux-ci se dépenseront pour obtenir des avantages certains (plus de coffres, plus de cartes rares, le tout sous forme de pourcentages) dans les prochains jeux. Il existe plusieurs niveaux de récompenses, impliquant une dépense plus importante des jetons.

Au fur et à mesure de vos progressions, vous vous apercevrez que vous pourrez revisiter les jeux réparés dans des difficultés allant de facile à Difficile +9 ! Certains monstres n’étant pas encore de votre niveau, avant d’y parvenir, de nombreux allers-retours vous attendent. C’est aussi ça Card-En-Ciel !

Un gameplay évolutif

Pour conclure les paramètres de la jouabilité, voici quelle a été ma boucle. Observer comment sont placés les Gardiens et le boss afin de connaître l’endroit le plus propice pour placer mes Muses. Vérifier où sont les coffres pour étoffer mon deck. Et ensuite me déplacer selon ces aspirations. J’effectue tous les combats contre les erreurs, histoire d’améliorer mes cartes et/ou me soigner et provoquer la rencontre de personnages bénéfiques.

Ensuite, je me dirige vers les Gardiens, j’affronte celui qui est sur la case la plus probable à l’efficacité de ma Muse et c’est parti. En combat, c’est un peu différent. J’ai pour tendance à vouloir étourdir mes ennemis/baisser leurs attaques. Et ensuite attaquer avec ce qui me reste de points. J’attire également l’attention sur le fait qu’on peut mettre fin à un tour prématurément si les cartes ne nous conviennent pas. En mettant fin à votre tour, les attaques ennemies frapperont toujours. Ce sera donc à vous de bien étudier comment attaquer, se déplacer et créer de nouvelles opportunités. Un tour peut durer bien plus de trois points d’action en réfléchissant bien à comment agir.

Une fois victorieux, je sélectionne l’une des trois cartes proposées en récompense, et je continue. Je place alors ma Muse et son effet retentira tout autour de la case, se propageant aux autres alentours et résonnera avec d’autres effets, nocifs ou bénéfiques.

Tout le système de cartes, d’améliorations, d’effets négatifs sont très bien pensés. Tout s’imbrique parfaitement dans la machinerie de Card-en-Ciel. C’est addictif et un donjon peut prendre 10 minutes, comme il peut vous durer une heure si vous cherchez à faire du complétionnisme. Chaque donjon a ses propres cartes et vous les débloquerez en y passant et en y repassant. Le gameplay fera appel à votre imagination et offre des multiples façons d’aborder le jeu. Aucun game over ne s’est présenté, du fait que le système est très rémunérateur sur les récompenses. C’est accessible, car la traduction française fait aussi le travail, bien qu’on sente que c’est une traduction littérale.

Badoum, badoum – Un tour de force !

Card-en-Ciel explore les licences d’Inti Creates. Ouvert aux curieux, comme aux connaisseurs, chaque nouveau donjon est en fait un jeu. Neon vous en expliquera les tenants et aboutissants de l’histoire avant de réparer ledit jeu. C’est une belle aventure, parmi une dizaine de titres différents, sans pour autant que nous ressentions la véritable émotion qui se cache derrière. Ceux qui ont joué à Azure Striker Gunvolt reconnaîtront les personnages et les images de l’opus en question. Il en va de même pour les autres itérations.

Card-en-Ciel a pour lui une qualité sonore inédite. En effet, les cartes sont doublées ! Quand vous jouerez telle ou telle carte, vous entendrez, en anglais ou japonais, l’action parlée. Ça colle tellement bien avec l’univers. Je distingue également un travail important sur les Muses. Si les cartes sont des illustrations de belle facture, la voix enchanteresse des Muses est d’une qualité abasourdissante. Parce qu’en plus d’être de la J-Pop à n’en plus finir, c’est entraînant, on se surprend à fredonner et à faire grincer sa chaise de bureau tant ça nous fait bouger. Pour enfoncer le clou, certaines cartes impliqueront une animation en combat pour le bonheur des yeux et des oreilles.

Pour trouver un petit point faible à Card-en-Ciel, les donjons qui sont tous modélisés de la même manière. C’est assez fade par rapport à tout le reste. Mais dans l’ensemble, que ce soit visuellement ou auditivement, Card-en-Ciel est une véritable réussite !

Le Japon ne serait pas le Japon si les jeunes femmes dans le jeu n’étaient pas hypers sexualisées avec des proportions qui font pâlir la gravité. N’en déplaise aux pudiques.

Card-en-Ciel est le deckbuilder de l’année !

Pour avoir testé quelques deckbuilder ces dernières années, ils possèdent tous des similitudes, notamment au niveau du gameplay. Mahokenshi avait su proposer une qualité narrative de très haute volée, quand Card-en-Ciel propose une qualité de gameplay redoutable. On peut le considérer comme facile, mais en faisant et refaisant les donjons en Difficulté +1 et plus, Card-en-Ciel prend une tournure plus diabolique encore.

L’avantage de ce jeu est qu’il peut se jouer très rapidement d’un donjon à l’autre, sans se soucier de l’histoire et ou du gameplay. Pour les fans de jeux de cartes, de belles illustrations et de voix magnifiques, le jeu se veut très rythmé. Et on peut prendre un temps infini à tout vouloir faire ! Il se situe donc dans une sorte de passe-temps diablement addictif… Et quand vous saurez qu’il y a un mode multijoueur, pensez à dire à vos proches que vous les aimiez…

Inti Creates se fend là d’une œuvre pure et dure. Pas par son histoire, mais par l’entrain qu’elle provoque. Chansons, rythme de combats, réflexions, c’est un jeu d’échec musical qui porte ses fruits à l’heure où Metaphor: ReFantazio vous plonge dans les sombres abysses de l’Humain… Un tel jeu est bienvenu !

Card-en-Ciel sortira le 24 octobre 2024 sur PS4 et PS5, Nintendo Switch, Xbox One, Series et PC, via Steam. La démo est d’ailleurs disponible sur ces mêmes plateformes. Le test a été, lui, effectué sur PC.

9 Card-en-Ciel

  • Date de sortie (Japon) : 04/09/2024
  • Date de sortie (Europe) : 24/10/2024
  • Développeur : Inti Creates
  • Éditeur : Inti Creates
  • Genres : Tour par tour, Tactique, Visual Novel
  • Consoles : PS4, PS5, PC, Series, One
  • Scénario 70%
  • Technique 90%
  • Gameplay 100%
  • Plaisir 100%
  • L'humour
  • La qualité des illustrations et des musiques
  • Le système de récompenses
  • La dose de bonne humeur dans laquelle nous implique le jeu
  • La traduction française qui aide à la compréhension
  • La modélisation des donjons

Naturel

Bonjour, Laurent dit "Naturel" ou encore "Renault". Créateur de jeux de mots et à l'humour douteux, mais toujours drôle ! J'aime faire des rapprochement entre jeux vidéos et société. Fan de la licence Final Fantasy par laquelle j'ai commencé à jouer aux RPG japonais, sans savoir que c'en étaient. Mes jeux préférés sont FFVIII et Tales of Vesperia, mais amateur de tous jeux vidéos, exceptées les simulations sportives.

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