JRPG

Il y a trop de JRPG aux Game Awards 2024… C’est quoi ce délire !

19 novembre 2024 Kuro 5 MIN
Ajouter à ma liste

Les Game Awards 2024 approchent à grands pas, et cette année, l’industrie vidéoludique semble avoir réservé une place de choix au JRPG. Ce genre, autrefois réservé à une poignée de passionnés, rayonne aujourd’hui comme jamais auparavant. Les nominations le prouvent : Final Fantasy VII Rebirth et Metaphor: ReFantazio ne se contentent pas d’être présents, ils dominent les discussions. Alors, le JRPG est-il enfin au sommet ? Une question légitime quand on regarde l’évolution récente du genre et son impact croissant sur le marché mondial.

Pour comprendre cette montée en puissance, il faut remonter un peu le temps. En 2022, un jeu comme Xenoblade Chronicles 3 parvenait à se hisser parmi les nominés au titre de Jeu de l’Année. C’était un moment marquant, un peu comme si un invité surprise s’infiltrait dans une soirée mondaine. Certes, Elden Ring avait finalement raflé la récompense, mais la présence de ce JRPG témoignait déjà d’un retour en grâce. Puis vint 2023, avec des titres comme Sea of Stars, une véritable lettre d’amour aux JRPG des années 90, qui remportait un franc succès critique. Pourtant, malgré cette effervescence, les projecteurs restaient principalement braqués sur des géants occidentaux comme Baldur’s Gate III, un RPG qui incarnait parfaitement la renaissance du style occidental.

Et voilà 2024, une année qui semble vouloir inverser les rôles. Les deux mastodontes que sont Final Fantasy VII Rebirth et Metaphor: ReFantazio affichent leurs ambitions sans complexes, cumulant à eux deux une dizaine de nominations majeures. Square Enix frappe un grand coup avec Rebirth, la suite du remake audacieux du légendaire Final Fantasy VII. Ici, on ne parle pas d’un simple lifting graphique, mais d’une réinvention complète. L’histoire explore de nouvelles pistes, les combats gagnent en dynamisme, et l’univers éblouit par sa richesse visuelle. C’est un peu comme revoir un vieil ami, mais avec un costume flambant neuf et des récits que l’on n’avait encore jamais entendus.

De son côté, Atlus, déjà maître incontesté du JRPG moderne grâce à sa saga Persona, élève encore le niveau avec Metaphor: ReFantazio. Si Rebirth joue la carte de la nostalgie, Metaphor se distingue par son envie de renouveau. Le jeu transporte les joueurs dans un univers où chaque recoin semble avoir été conçu pour émerveiller, avec une profondeur narrative et une direction artistique qui laissent sans voix. Il n’est donc pas surprenant de voir ces deux jeux figurer en tête de liste dans les discussions autour des Game Awards. Ils ne se contentent pas de participer ; ils redéfinissent les attentes.

Alors pourquoi ce regain d’intérêt pour le JRPG, un genre qui, il y a encore une décennie, était souvent perçu comme trop figé ou vieillot ? Plusieurs raisons expliquent cette renaissance. D’abord, l’adoption de technologies modernes a permis au genre de rivaliser techniquement avec ses concurrents occidentaux. Square Enix, notamment, s’est pris d’amour pour le genre HD-2D. Ces avancées techniques empreintes de nostalgie permettent aux JRPG d’attirer un public plus large sans sacrifier leur essence narrative.

https://www.youtube.com/watch?v=Me1j4YVQWgM

Ensuite, les JRPG restent des maîtres incontestés en matière de récit. À l’heure où de nombreux jeux misent sur l’instantanéité et l’action frénétique, les JRPG prennent le temps de raconter des histoires. On s’attache aux héros, on comprend les motivations des méchants (même si, soyons honnêtes, certains monologues restent interminables, coucou Metaphor), et on se laisse emporter par des aventures qui osent aborder des thèmes complexes. Cette capacité à mêler le grandiose et l’intime est une force indéniable.

Enfin, le public international n’a jamais été aussi réceptif. Grâce à des localisations de qualité et à une meilleure accessibilité via des plateformes comme Steam, des séries autrefois méconnues hors du Japon trouvent aujourd’hui un écho mondial. Les fans qui ont grandi avec les classiques comme Final Fantasy ou Dragon Quest sont rejoints par une nouvelle génération de joueurs curieux, prêts à découvrir ce que le genre a à offrir.

Cependant, tout n’est pas encore gagné. Si le JRPG connaît une renaissance spectaculaire, il reste quelques défis de taille. Les RPG occidentaux, avec leurs mondes ouverts gigantesques et leur liberté d’action totale, captivent toujours une large partie des joueurs. Des titres comme Baldur’s Gate III ou le très attendu The Elder Scrolls VI continuent de dominer les ventes et les attentes des joueurs. De plus, le JRPG devra faire attention à ne pas s’endormir sur ses lauriers. La répétition des mêmes mécaniques, notamment les combats au tour par tour, pourrait finir par lasser, même les fans les curieux. Pour maintenir son élan, le genre devra innover tout en restant fidèle à son identité.

JRPG
Baldur’s Gate 3 – © Larian Studios

Alors, le JRPG est-il vraiment au sommet du marché ? Tout dépend de l’angle sous lequel on regarde. Sur le plan culturel, le genre connaît une reconnaissance sans précédent grâce au retour des années 90 dans la mode. Les multiples nominations aux Game Awards 2024 et l’engouement des fans en témoignent. Mais si l’on parle de domination pure et dure, les chiffres de ventes montrent que le chemin reste long. Les FPS et autres jeux multijoueurs, comme Call of Duty ou Fortnite, continuent d’écraser la concurrence en termes de popularité.

Quoi qu’il en soit, cette année marque une étape importante dans l’histoire du JRPG. Après des années passées dans l’ombre, le genre revient sur le devant de la scène avec panache. Que ce soit grâce à la nostalgie d’un classique réinventé ou à l’audace d’une nouvelle IP, il rappelle à l’industrie que parfois, tout ce dont un joueur a besoin, c’est d’une bonne histoire, de personnages auxquels on s’identifie, et d’une musique qui reste gravée dans la tête. Si ce n’est pas encore le sommet absolu, le JRPG n’en est pas loin. Et avec un tel élan, qui sait ? Peut-être que l’année prochaine, il sera véritablement le roi incontesté de l’industrie vidéoludique. En attendant, sortez vos manettes et préparez-vous à monter de niveau. LEVEL UP !

Kuro

À 40 ans, j’ai probablement passé plus de temps une manette en main que sur les bancs de l’école. Fondateur de ce média, je décortique la pop culture avec un attrait assumé pour les pixels d’autrefois.

Chat en direct

Live
Initialisation...

Connexion obligatoire pour chatter

Se connecter