L'année 2022-2023 a vu l'apparition de plusieurs jeux de rôle tactiques qui ont comblé les amateurs du genre, tels que Triangle Strategy, The DioField Chronicles et Fire Emblem Engage. Cependant, un titre est peut-être passé inaperçu dans les médias spécialisés : Redemption Reapers, un RPG développé par Adglobe. Bien qu'il ne figure peut-être pas en tête de liste en termes de réalisation, il possède une petite particularité intéressante que nous définirons dans ce test.

Adglobe est une entreprise de développement de jeux vidéo dont le siège social se trouve à Tokyo, au Japon. Fondée en 2014, elle a travaillé sur plusieurs jeux vidéo pour différentes plates-formes depuis sa création. L'un de leurs jeux les plus récents, Redemption Reapers, est sorti en 2022. Ils ont également travaillé sur Ender Lilies, un action-RPG 2D à défilement horizontal qui se déroule dans un monde de dark fantasy. Le succès modeste de celui-ci permet de comprendre que le studio possède indéniablement du talent. En effet, Redemption Reapers se distingue par des éléments simples mais novateurs, tout en restant concentré sur l'essentiel, offrant une expérience exigeante sans être punitive.

À mort les Mors

Surgissant soudainement dans le monde, la sinistres armée des Mors sème la désolation et la destruction dans leur sillage, ne laissant que des nations ravagées et des vestiges de l'humanité. Cependant, au milieu de cette guerre, un petit groupe isolé se dresse courageusement contre ces monstres sans cœurs : la Brigade du Faucon Cendré. Jadis connue sous le nom de Faucheurs sans foi ni loi et méprisée par la population, cette bande ingénieuse, spécialisée dans la furtivité, se révèle être le dernier espoir de résistance. Sarah, une utilisatrice de dagues, et Glenn, chef d'infanterie, prennent part à cette guerre d'un nouveau genre pour reprendre les terres colonisées par les Mors.

Redemption Reapers

Nous sommes dans une histoire relativement classique. Les événements s'enchaînent à travers des cinématiques de bonne qualité entre chaque bataille. Pour avancer dans l'intrigue, il vous suffira, dans le menu intermédiaire, de sélectionner l'option "histoire". Il n'y a aucune exploration ni scénario annexe entre les affrontements. Pour ce qui est de la qualité de l'intrigue, elle est à mon sens superficielle. Les événements s'enchaînent, certes, avec une certaine fluidité tout en restant compréhensibles. En revanche, les choix que vous faites à travers les dialogues n'offrent pas une issue différente, c'est dommage. Les personnages subissent le même traitement. La profondeur de ceux-ci laisse à désirer et pourtant ils sont loin d'être aussi nombreux que dans un Fire Emblem. Globalement, le récit s'apprécie sans pour autant vous proposer des twists intéressants et mémorables avec des personnages on en peut plus classiques.

Le gameplay de Redemption Reapers aurait pu relever la barre

En effet, si vous aimez le genre, le gameplay peut vous paraître extrêmement gratifiant durant les cinq premiers chapitres. Les combats se déroulent au tour par tour sur des cases. Les déplacements de chacun de vos personnages sont plus ou moins longs en fonction de leur rôle (classe). Une zone apparaît à chaque tour dans laquelle vous pouvez aller et venir en veillant bien à votre coût de déplacement. Attention, certaines actions vous empêcheront de bouger, alors veillez bien à exécuter en premier lieu la récupération de reliques, de trésors ou de veines de régénération avant d'effectuer votre mouvement décisif.

La particularité de Redemption Reapers réside dans le placement de vos personnages, en l'occurrence lors d'une attaque. Si certains autres RPG tactiques permettent de frapper plus fort en fonction de votre position face à l'ennemi, celui-ci offre une possibilité d'actions consécutives si les personnages inactifs entourent l'unité ennemie. Un QTE apparaîtra et vous laissera le choix du personnage à utiliser pour réaliser un combo. La limite n'existe qu'à travers le nombre d'alliés adjacents à la case de l'adversaire. Vous allez devoir abuser de cette fonctionnalité tant la difficulté du soft vous y incite. Le jeu fera appel à vos talents de stratège et c'est peu dire...

Redemption Reapers

Fort heureusement, la progression dans Redemption Reapers vous accordera une montée en puissance bienvenue. Vos héros gagnent de l'expérience individuellement durant les joutes. L'affrontement se conclut par un écran récapitulatif dans lequel votre score déterminera l'expérience globale octroyée à votre équipe. Le surplus pourra être distribué à vos personnages durant les entractes.

La préparation au combat reste relativement simpliste. Vous avez accès à un menu à travers lequel vous gérez votre troupe. Un marchand pour les équipements et leurs améliorations, une interface d'amélioration de compétences, l'option de distribution de points d'expérience, le menu d'amélioration de statistiques, et c'est tout. Aucune interaction entre les personnages comme nous pourrions le voir dans l'illustre Fire Emblem. Le classicisme du soft pourrait bien en rebuter certains. En effet, l'optimisation de vos héros est tellement succincte qu'elle nous laisse sur notre faim. Nous voyons clairement que le jeu ne bénéficie pas d'un budget colossal, ce qui se ressent à travers un maigre nombre de fonctionnalités.

De plus, le gameplay est extrêmement répétitif et sans fioritures. La seule particularité du soft n'est en effet pas suffisante pour un amoureux de l'optimisation. Pourtant, le jeu n'est pas sans challenge. Le rendre plus permissif à travers plus d'options durant les entractes aurait sans doute ajouté de la profondeur à la progression. Au contraire, nous exécutons toujours la même procédure : distribution de l'expérience, amélioration d'armes, amélioration de compétences... Monotone ! De plus, l'équilibre tend à faillir lors du cinquième chapitre alors que les nouveaux personnages ajoutés à votre équipe sont bien trop faibles par rapport à l'expérience acquise par vos héros jusqu'alors. Il sera donc nécessaire de passer par la case escarmouche une bonne dizaine de fois si vous voulez rééquilibrer votre équipe un tant soit peu. En d'autres termes, il sera essentiel, face à l'avarice du soft, de répéter une centaine de fois d'anciens affrontements pour récolter de l'argent, de l'expérience et des armes, qui, soit dit en passant, ont une durabilité.

Et pourtant, le jeu n'est pas sans charme. Une fois les mécaniques maîtrisées, il vous sera beaucoup plus simple d'agencer vos personnages en étudiant vos adversaires et surtout en observant leurs déplacements. Jouer avec les limites des ennemis sera primordial pour vous sortir de situations difficiles. Un exemple tout bête, certains ennemis sont extrêmement fragiles sur le plan des points de vie. En revanche, s'ils arrivent à vous toucher en premier, ils exploseront et vous causeront d'énormes dégâts qui tueront certains de vos personnages les plus faibles. Il faudra donc prendre en considération plusieurs facteurs de ce genre pour avancer le plus méthodiquement possible.

Un certain manque d'ergonomie est à soulever. Durant les combats, vous ne pourrez pas faire de zoom sur la carte. Il vous sera aussi impossible de tourner la caméra à 360 degrés. Compte tenu de l'atmosphère terne et sombre du titre, vous serez obligé de sélectionner votre héros pour comprendre de qui il s'agit. Personnellement, j'ai hésité plusieurs fois entre certains personnages, ce qui m'a valu de déplacer le mauvais et de perdre mon tour. Pour un jeu aussi difficile, ce genre d'erreurs d'ergonomie peut être aussi catastrophique qu'un problème de caméra dans un soulslike.

Visuellement classique

Le jeu n'est pas visuellement abject. Il parvient à plaire à l'œil et dépeint l'atmosphère attendue par la trame scénaristique. C'est sombre, gore, tout ce qu'on attend d'une œuvre de dark fantasy. Lors des attaques, de courtes animations mettent en scène votre personnage dans une chorégraphie assez réussie. J'aimerais aussi souligner que si vous exécutez une compétence offensive près d'un mur, il se peut que la caméra entre dans celui-ci, faisant disparaître certains éléments du décor. Pour ce qui est des cinématiques qui entrecoupent les phases de batailles, elles sont d'une grande qualité. C'est de loin ce que je préfère dans le soft. Au final, la réalisation est bonne sans être transcendante.

Redemption Reapers, le challenge, parfois, ne suffit pas !

Pour conclure sur ces 24 chapitres qui composent le soft, je dirais que nous sommes sur un essai qui présente de bonnes idées. Un défi omniprésent, une bonne mécanique de combo, une bonne réalisation. Nous sentons tout de même le manque d'expérience de l'équipe de développement dans les jeux du genre, à travers un équilibrage approximatif et une difficulté en dents de scie. Quoi qu'il en soit, si vous désirez un RPG tactique difficile et que vous êtes prêt à pallier ses problèmes avec quelques heures de grind, ce RPG va sans doute vous plaire, mais ne vous attendez pas à vivre une expérience mémorable, car ce n'est tout simplement pas le cas.

Redemption Reapers est disponible sur PS4, Switch et PC via Steam.

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Redemption Reapers
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Résumé

  • Le challenge omniprésent
  • Une bonne réalisation visuelle
  • Une durée de vie correcte (+-30h)
  • Des cinématiques de qualité
  • Le système de combo
  • Manque d'ergonomie durant les affrontements
  • Une difficulté en dents de scie
  • Des personnages oubliables
  • Nécessite des heures de grind
  • Un récit linéaire sans trop de rebondissements
  • Une traduction française approximative
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Kuro Azeus

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Bonjour à tous ! Je suis le créateur de JRPGFR. Fan de J-RPG et de POP culture japonaise, j'ai dans l'espoir de partager ma passion avec un maximum de monde. Mon J-RPG favori est Chrono Trigger ! Venez nous lire, on vous attend !